Biennale de Rabat : Des artistes féminines qui transcendent les significations du genre

06 Oct 2019 à 08:30 Culture
Biennale de Rabat : Des artistes féminines qui transcendent les significations du genre

Entre contemplateur et l’œuvre, les femmes ont trouvé leur place dans la capitale marocaine. Depuis quelques jours, la Biennale de Rabat orne les différents hauts lieux de Rabat, première artiste invitée de cet événement. Sous le thème « un instant avant le monde », cette biennale donne libre cours à de nombreuses artistes féminines venues des quatre coins du monde de laisser libre cours à leur imagination. 

Depuis le 24 septembre et jusqu’au 18 décembre, le musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain (MMVI), le parc Hassan II ou encore le jardin des Oudayas, accueillant des œuvres d’art qui se veulent porteurs de nombreux message, aussi bien féministes que représentatifs de la société actuelle.

Cet espace qui se veut un « espace de liberté et d’interaction entre le contemplateur et l’œuvre » est dédié entièrement aux femmes. Ainsi, 63 artistes et collectifs d’artistes, issus de 27 nationalités différentes et de nombreuses disciplines, en l’occurrence l’art plastique, la peinture, la sculpture et le cinéma sont présentés au public R’ bati.

« C’est un message porteur d’une forte signification sur l’ouverture et le statut de la femme au Maroc. C’est un événement donne énormément de visibilité à l’art féminin », nous a déclaré le président de la Fondation des Musées, Mehdi Qotbi.

Des femmes qui transcendent les significations du genre

Les visiteurs ont par ailleurs, l’occasion de connaître de près un produit culturel diversifié et sont témoins de la célébration de la créativité des femmes qui transcende les significations du genre et opte pour la consolidation des valeurs de modernité, d’égalité et de dignité.

La biennale demeure également une occasion de redécouvrir la ville de Rabat, à travers différents regards et multiples points de vue, notamment celui qui s’intéresse à l’art féminin moderne, comme étant une manière parmi d’autres de réécrire l’histoire et dépasser cette dichotomie du genre

Au-delà de la visibilité, de la captivité. Des représentations fascinantes, qui sont bien visibles dans le Musée d’Art Moderne et Contemporain.

Artistes féminines d’ici et d’ailleurs

Parmi les artistes qui ont pris part à ce projet, la Franco-Tunisienne qui s’inscrit dans l’art contemporain et moderne, Mouna Jemal Siala qui décrit son art comme « une question de l’identité de son pays, dans le contexte historique et politique de son pays ».

Du côté national, la Marocaine Amina Rezki, qui ne se dit pas dans un mouvement artistique précis, peint la société « torturée et dystopique », soulignant ainsi les failles et les faiblesses de toute l’humanité.

Plus encore, le public est invité à découvrir la nouvelle fresque de l’artiste marocaine Khadija Tnana, connue pour ses peintures féministes et controversées. Artiste engagée et courageuse, Tnana aime peindre la femme dans tout son naturel, montrant la femme dans son plus simple naturel, en train de donner la vie.

Cette biennale n’est pas seulement tournée vers l’Afrique, mais également vers le monde, à travers les oeuvres de l’Autrichienne Katharina Cibulka qui a choisi d’afficher le mot « Sublime » en arabe et en lettre de tulle rose, à l’image de son combat pour l’égalité des genres.

Dans un autre genre, un inventaire du monde de demain est établi, à travers trois cartes blanches d’artistes engagés: l’artiste plasticien Mohammed El Baz, la cinéaste Narjiss Nejjar, les écrivaines Faouzia Zouari et Sanae Ghouati.

Redéfinir l’art

Cette biennale a été marquée par l’hommage vibrant, rendu à la diva de la chanson égyptienne, Oum Kalthoum, à travers la projection de son concert mythique à Rabat en 1968 comme préambule à toute l’exposition, dans le mythique musée de la capitale.

Un autre hommage au rendez-vous, celui de la cantatrice égyptienne Oum Kelthoum et à l’architecte d’origine irakienne Zaha Hadid.

Pour sa première édition, la biennale de Rabat entend contribuer à redéfinir l’art dans ses paradigmes et ouvrir une réflexion sur l’urgence de la création, en examinant les raisons, les révoltes, les moments décisifs qui poussent les artistes à passer à l’action et à marquer l’histoire.

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