Affaire Raissouni: La défense de la journaliste demande l’annulation du PV de la PJ

16 Sep 2019 à 16:52 Société
Affaire Raissouni: La défense de la journaliste demande l’annulation du PV de la PJ

Au cours de la deuxième comparution de la journaliste Hajar Raissouni poursuivie en état d’arrestation pour « avortement illégal » devant le tribunal de première instance de Rabat ce lundi, le bâtonnier Abderrahmane Benamrou a appelé à l’annulation du procès-verbal rédigé par la police judiciaire, ainsi que l’abandon des charges retenues contre la prévenue et contre les personnes également inculpées dans cette affaire.

Selon le bâtonnier, les documents indiquent que le parquet a été informé par la police judiciaire du processus de surveillance de la clinique médicale, « mais rien ne permet de l’informer avant de procéder à l’inspection de la clinique« . Abderrahmane Benamrou a ajouté que « l’inspection est nulle pour non information du ministère public, les enregistrements en résultant sont invalides« .

Photo Mounir Mehimdate

Le procès a été interrompu pendant un certain temps en raison d’un problème technique de son. L’audience a ensuite repris dans une autre salle du tribunal, en présence du directeur de la communication de Human Right Watch pour la région MENA Ahmed Reda Benchemsi et de plusieurs militants des droits de l’Homme et de membres du Conseil national des droits de l’Homme.

En marge du procès, des ONG et des associations représentant la société civile ont réitéré leur demande la libération de la journaliste, soulignant la nécessité de réviser le Code pénal afin de promouvoir les libertés collectives et individuelles.

En tête, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) a décidé d’engager une action en justice contre l’État, l’accusant d’avoir « torturé Hajar Rissouni après l’avoir soumise à une expertise médicale sans son consentement ».

Photo Mounir Mehimdate

Rappelons que l’affaire de la journaliste d’Akhbar Al Yaoum remonte au 31 août, lorsqu’elle a été arrêtée par des policiers en civil et renvoyée devant le procureur général en étant accusée d' »avortement » et de « relations sexuelles hors mariage », en compagnie de son fiancé présenté comme un ressortissant soudanais, son gynécologue et sa secrétaire, ainsi qu’un anesthésiste.

Le cas de Hajar Raissouni continue de susciter une grande solidarité parmi les professionnels des médias, les hommes politiques, les juristes ainsi que les acteurs de la société civile qui, dans leurs publications sur les réseaux sociaux, ont exprimé leur soutien à la journaliste.

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