Cinq favoris à la présidentielle tunisienne dimanche se distinguent des autres

14 Sep 2019 à 08:18 Monde
Cinq favoris à la présidentielle tunisienne dimanche se distinguent des autres

C’est ce dimanche 15 septembre, que sept millions de Tunisiens se rendront aux urnes pour, à défaut d’élire au suffrage universel leur président au premier tour à la majorité absolue, au moins décanter la liste présidentielle de ses vingt-six candidats en vue d’un second tour que d’aucuns, annoncent, passionné et passionnant.

C’est la seconde fois que tout ce beau monde se rend aux urnes depuis la révolution qui avait fait tomber Zine El-Abidine Ben Ali en 2011. L’élection à l’étranger pour les expatriés aura lieu quant à elle, du 13 au 15 septembre. Ces échéances font suite au décès en juillet dernier, de Beji Caïd Essebsi. L’événement avait avancé la date de l’élection de deux mois.

Ils seront donc, vingt-six à briguer ce mandat dont un est en prison. Paradoxalement il porte l’habit de favori et il aura une majorité d’hommes et de femmes au pouvoir en plus de quelques-uns qui, s’essayent à ce jeu politique pour se situer, pour le contredire. Ce second rendez-vous démocratique est indécis comme jamais auparavant, cependant, cinq têtes d’affiche ont de fortes chances de se dégager des autres, dimanche.

Il s’agit du magnat de la presse (Nessma TV) emprisonné pour blanchiment d’argent, Nabil Karoui, ou le «Berlusconi tunisien» comme on se plait à le nommer, Abdelfattah Mourou, candidat d’Ennahdha, le parti islamiste qu’il a contribué à fonder et qui à 71 ans se veut modéré, Abdelkrim Zbidi, un médecin de formation, ministre actuel de la Défense indépendant soutenu par Nidaa Tounès, l’avocate Abir Moussi, une nostalgique de l’ère Ben Ali et le Chef du gouvernement actuel qui a vu sa popularité exploser après une politique économique en deçà des attentes des Tunisiens.

Nabil Karoui, le populiste homme d’affaire tunisien, qui malgré le fait qu’il soit derrière les barreaux depuis le 23 août, n’a pas été privé de ses droits civiques, fait figure de grand favori. La prison n’a fait que le confirmer dans le cœur de nombre de Tunisiens et lui, profite de cette icône d’homme antisystème entretenue du reste par son association « Khalil Tounès » qui se veut auprès des plus pauvres.

Le doyen des candidats, un rompu à la politique, l’islamiste conservateur mais non moins modéré Abdelfattah Mourou n’est pas à sous-estimer car il a d’énormes chances de figurer parmi les gagnants. Il est premier candidat présenté à une élection présidentielle par le parti islamiste Ennahda, première force parlementaire en Tunisie et qui compte le rester quel qu’en soient les résultats.

On ne saurait occulter à cette bataille démocratique, le Chef du gouvernement depuis août 2016, Youssef Chahed, 43 ans, qui bien qu’il présente un bilan mitigé surtout économiquement qui le fragilise quelque peu, garde tout de même, une aura. Le plus jeune Chef de gouvernement de l’histoire avait été plébiscité lors de son arrivée à la tête du gouvernement. Ironie du sort il avait été élu en 2016, grâce au soutien du parti Ennahdha qui aujourd’hui a son propre candidat.

La seule dame à pouvoir bousculer ces dinosaures, Abir Moussi, est une avocate de 43 ans, nostalgique de l’autoritarisme qui avait perdu Ben Ali. Elle représentera d’ailleurs à ces élections le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) de l’ancien dictateur déchu.

Enfin ce discret médecin et non moins progressiste, Abdelkrim Zbidi, plusieurs fois ministre est un indépendant pur. Cependant pour une fois qu’il se présentera à un vote, il aura à ses côtés en plus de l’armée tunisienne dont d’ailleurs il détient le portefeuille, Nida Tounès. Un statut qui l’inclut fortement dans la lutte finale.

Jaouad Kanabi

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