Décès de Robert Frank ou quand la photographie se fait orpheline

11 Sep 2019 à 20:19 Culture
Décès de Robert Frank ou quand la photographie se fait orpheline

Le père de la photographie, Robert Frank s’en est allé à l’âge de 94 ans lundi. Le photographe américain d’origine Suisse s’est éteint chez lui, auprès de sa seconde épouse, au Canada à Mabou, en Nouvelle-Ecosse où il s’était retiré.

Il avait marqué la photographie de son empreinte notamment avec son chef-d’œuvre « Les Américains » préfacé par l’écrivain et poète Jack Kerouac (1922/1969) le King of the Beats dont s’est beaucoup inspiré Bob Dylan et précurseur de « Beat Generation ». « Vous regardez ces images et à la fin vous ne savez plus du tout quel est le plus triste des deux, un juke-box ou un cercueil » avait écrit l’écrivain.

Robert Frank pure et ultime monument donc, de la « Beat Generation » un mouvement qui a ouvert la voie à la condition humaine, la libération sexuelle et le mode de vie de la jeunesse des années 1960. « Beat Generation » a également inspiré les mouvements de mai 1968, l’opposition à la guerre du Vietnam, les hippies de Berkeley et Woodstock.

Avec son livre « Les Américains », Robert Frank a décrit, d’images sans qualité, l’envers de l’Amérique d’après-guerre des années 1950 que son œil et son « Leica 35 mm » ont bien voulu dérober à la réalité d’un instant et des évènements en 83 photographies. A sa sortie, en 1959 « Les Américains » est jugé trop amateur, trop triste, méchant, et illustrant une Amérique piteuse. Mais petit-à-petit il a pris ses lettres de noblesses pour devenir de nos jours un monument.

M.J.K 

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