« Propos» mal à propos de Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne

11 Sep 2019 à 17:42 Monde
« Propos» mal à propos de Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne

Elue de justesse à la mi-juillet, la nouvelle présidente de la Commission européenne, l’Allemande Ursula von der Leyen, en intitulant les portefeuilles mardi, des 26 membres de l’exécutif qui l’accompagnera tout au long de son mandat dont neuf vice-présidents, pour la plupart imposés par les capitales, a créé un début de polémique en conférence de presse de présentation de sa nouvelle Commission. 

En effet, la présidente sous haute surveillance (mal élue par le Parlement européen elle est passée in extrémis de huit voix) à l’énoncé du Grec Margaritis Schinas, en tant que commissaire chargé de l’immigration, et en définissant sa mission comme celle de la « protection du mode de vie européen », a créé un vif émoi dans la salle de presse qui en est restée dubitative. 

« Notre mode de vie européen, c’est, s’accrocher à nos valeurs. La beauté de la dignité de chaque être humain est l’une des plus précieuses valeurs », a-t-elle dit, afin de justifier le lien entre l’intitulé du poste et le dossier migratoire. Et de dicter ses priorités : « protéger notre mode de vie européen », en plusieurs catégories, dont l’Etat de droit et la sécurité intérieure, ainsi qu’un point sur « des frontières solides et une nouvelle approche en matière de migration ».

Celle qui remplacera le 1er novembre, le Luxembourgeois, Claude Juncker, lors de la cérémonie de présentation en dévoilant sa façon de voir les choses, laisse à penser que l’ancien style de son prédécesseur, entre relative indépendance et décisions surprises, fait désormais parti du passé. Elle n’aura gardé de l’ère Junker que l’architecture qu’il avait imaginée en 2014, avec des pôles thématiques de vice-présidents et de commissaires sous les ordres des premiers. 

Tout cela a soulevé une certaine gêne pour ne pas dire un tollé, en particulier chez les opposants politiques.

« Cela fait peur de voir proposer un portefeuille sur la « protection du mode de vie européen » qui inclut la migration et la protection des frontières, a déclaré la co-présidente du groupe des Verts au Parlement européen Ska Keller. Claude Moraes, un Britannique du groupe des sociaux-démocrates a estimé qu’un portefeuille ainsi nommé ne pouvait pas exister. Et les commentaires nombreux sont allés bon train.

Le Parlement européen doit encore accorder sa confiance à la nouvelle Commission. Toute l’équipe présentée par Ursula von der Leyen se devra d’être auditée devant les eurodéputés avant que de porter, blouse de travail. Et justement à ce titre, la Française Sylvie Goulard, nommée mardi commissaire européenne pour le marché intérieur, par Ursula Von der Leyen mais également par Emmanuel Macron, est soupçonnée d’être impliquée dans l’affaire des emplois fictifs des assistants des eurodéputés MoDem dont elle ne fait plus partie.

A la question « qu’en est-il sur les soupçons visant des candidats à la Commission européenne ? » La première femme à diriger la Commission européenne a esquivé en défendant son équipe et la parité une « liste excellente d’hommes et de femmes » et bien sûr la « présomption d’innocence  . 

M.J.K

Trump prêt à une rencontre « sans conditions préalables » avec Rohani