GB : Boris Johnson dos au mur après une série de déconvenues

10 Sep 2019 à 14:43
GB : Boris Johnson dos au mur après une série de déconvenues

Le Parlement du Royaume-Uni avait du pain sur la planche en ce lundi 9 septembre. Et pour cause, ses députés devaient voter la tenue ou non, d’élections anticipées, véhémentement quémandées par le Premier ministre Boris Johnson.

Ce dernier a finalement été désavoué, tard dans la nuit, en ne récoltant que 293 voix, largement insuffisantes (deux tiers des sièges requis) pour déclencher des élections générales. C’est le second échec en cinq jours qu’essuie Boris Johnson.

Aussitôt après le vote et comme l’a intimé le Premier ministre, le Parlement britannique a mis la clé sous le paillasson et ce jusqu’au 14 octobre. Comme pour ajouter au malheur de BoJo, le président de la Chambre des communes britannique, John Bercow, a annoncé qu’il quitterait ses fonctions au parlement le 31 octobre au plus tard.

C’est que le très controversé BoJo avait, mordicus, fait de ce vote son cheval de bataille pour pouvoir enfin, mettre en place la conduite générale de sa politique sur le Brexit. D’aucuns la critiquent car elle se veut sans accord aucun avec l’UE pour le rendez-vous du 31 octobre prochain à quinze jours seulement de la réouverture du parlement. Cela aurait été, pour celui qui a succédé à Theresa May suite à son désistement en tant que Chef de gouvernement et à la tête des Conservateurs, dans le cas d’un vote positif, une bouée de sauvetage inespérée.

Pour espérer organiser des élections, il aurait fallu à Boris Johnson, une majorité des deux tiers au Parlement ce qui n’a pas été le cas. L’opposition n’y est pas favorable, le « no deal » prêché par BoJo étant de facto exclu par le Labour et autres députés de l’opposition majoritaires à la Chambre des communes. Si l’on tient compte également de la résistance de plus en plus évidente dans son propre camp, l’histoire des 21 rebelles bannis et « out » du Parti conservateur ce n’est pas demain la veille que l’homme politique britannique risque de voir le bout du tunnel.

Le fougueux Premier ministre, en son lundi noir et avant l’épreuve de force, devant des députés britanniques réticents à ses velléités, pour une bonne majorité d’entre eux, avait vu son déplacement à Dublin se transformer en cauchemar. En effet, une éventuelle entente avec son homologue irlandais Leo Varadkar à propos du « filet de sécurité » ou « backstop » (disposition de l’accord du Brexit censé éviter le retour d’une frontière physique entre les deux Irlande, Nord et Sud), n’a pas été effective comme il le souhaitait.

C’est donc bredouille à son retour à Londres, qu’il a tenté de convaincre en seconde lecture son projet devant la Chambre des communes. En vain, le Premier ministre n’a pas eu gain de cause et désormais, il paraît de plus en plus esseulé au fur et fur qu’il s’enferme dans son obstination à vouloir un Brexit sans accord.

Assentiment royal

Et comme un malheur ne venant jamais seul, le texte de loi l’obligeant à demander un report au 31 janvier 2020 si pas d’accord avec l’Union Européenne voté vendredi à « l’insu de son plein gré » à la Chambre des lords, s’est vu être « royalement » confirmé. Il est passé, comme une lettre à la poste, la Reine Elisabeth de son approbation s’est, comme attendu, rangée du côté des élus.

« La proposition de loi sur le retrait de l’UE a reçu l’assentiment royal », avait annoncé lundi en début d’après-midi la chambre haute britannique sur Twitter.

Quand on sait également que la majorité lui a fait douloureusement défaut à la Chambre des Communes, on peut se dire que la série de camouflets qu’est en train de subir BoJo n’est pas prête de se terminer. Elle tendrait même vers une continuité dans le temps et l’espace.

Jugeons-en ! Défections de ses députés, démissions en série de son gouvernement dont celle de son propre frère Jo Johnson et de la ministre du Travail, Amber Rudd, figure de proue au sein du Parti conservateur dont elle a claqué la porte et le refus fort cuisant cette nuit de la Chambre des communes de lui accorder un sursis à travers des élections le 15 octobre.

Boris Johnson, qui malgré toutes ses déconvenues, continue d’assurer qu’il ne demandera « jamais » un délai supplémentaire à l’UE, est, comme qui dirait, poussé doucement mais sûrement, à la démission.

M.J.K

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