Affaire Tariq Ramadan : Une plaignante contredit la défense de l’islamologue

09 Sep 2019 à 14:14 Monde
Affaire Tariq Ramadan : Une plaignante contredit la défense de l’islamologue

La récente apparition médiatique de Tariq Ramadan continue de faire beaucoup de bruit. Invité il y’a quelques jours sur le plateau de BFM TV, pour faire la promotion de son nouveau livre, le Suisse s’est défendu sur les accusations de viols dont il fait l’objet, traitant ainsi ses plaignantes de « menteuses ». L’une d’entre elles s’est confiée au journal Libération, racontant les détails sordides de sa rencontre avec Ramadan.

C’est un témoignage qui fait froid dans le dos. Ramadan, déjà mis en examen depuis le 2 février 2018 pour deux viols, et passé par la case prison, fait également l’objet de nombreuses plaintes, notamment en France et en Suisse.

Surnommée « Brigitte » par le quotidien français, la jeune femme, qui a déposé plainte contre l’islamologue susse le 13 avril 2018, raconte sa nuit passée, en octobre 2018 avec l’essayiste, dans un hôtel genevois. Cette dernière affirme avoir été « brutalisée » et « violée ».

« Il ne faut pas perdre de vue que nous, victimes, nous avons été séduites par Tariq Ramadan et l’avons soutenu, notamment sur le plan des idées. Nous avons brutalement découvert l’imposture », confie-t-elle avant de raconter comment l’islamologue l’a persuadée de passer la nuit avec lui.

« Il me disait qu’il n’y avait que deux catégories de femmes qui refusaient d’embrasser : les prostituées et les espionnes. (…) Il s’est mis à m’insulter. J’ai eu peur de mourir. J’étais terrifiée et paralysée », raconte la plaignante à Libération, ajoutant qu’elle avait reçu des « coups » et des « claques » toute la nuit. Elle aurait réussi à s’enfuir le lendemain.

Des femmes jalouses

Un témoignage qui met à mal les récents propos de l’islamologue. Invité dans de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV, Ramadan avait dénoncé « un traquenard » de la part des plaignantes.

« Tout ce que j’ai fait l’a été dans le consentement », assure l’intellectuel musulman, à quelques jours de la parution de son livre « Devoir de vérité », dans lequel il s’attaque notamment aux plaignantes, à la justice et aux médias.

Selon lui, celles qui l’accusent sont des menteuses. « Un certain nombre de femmes qui se connaissent et qui changent leur version quatre fois…des femmes jalouses ou qui se sentaient flouées [qui] ont cherché, a posteriori, à régler des comptes« , a-t-il déclaré.

Visé par cinq plaintes pour viol en France et en Suisse, l’islamologue a été mis en examen en février 2018 pour deux affaires, puis en septembre 2018 dans le dossier de « Brigitte ». Il est également visé par une enquête en Suisse. Il sera bientôt convoqué pour des confrontations.

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