Crise des étudiants en médecine : Fin du boycott

28 Août 2019 à 16:15 Société
Crise des étudiants en médecine : Fin du boycott

La crise des étudiants en médecine a beaucoup duré. Les futurs médecins, ainsi que leurs familles, avaient exprimé, récemment, une fatigue vis-à-vis de ce blocage. Mais le feuilleton « Ministère de l’Enseignement VS étudiants en médecine public » a annoncé son dernier épisode « inattendu », ce mercredi 28 août.

Après un boycott des cours, des stages hospitaliers et des examens mené par quelque 18.000 étudiants en médecine (générale, pharmacie, dentaire) du Maroc, pendant plus de 6 mois, les futurs médecins ont finalement lâché prise face à la pression et comptent regagner leurs amphithéâtres.

Alors qu’ils avaient annoncé l’organisation d’une marche nationale le 1er septembre prochain, une source estudiantine a confié à Hespress que les représentants des étudiants en médecine ont pu parvenir à un accord avec le ministère de l’Enseignement supérieur. A travers ce « deal », les étudiants grévistes devront reprendre leurs cours et mettre fin au boycott ouvert annoncé en mars dernier. Il a donc été décidé, ce mercredi 28 août, la signature officielle d’un accord de principe entre les deux parties qui consistent à la reprise des cours et la suspension du boycott.

Cette décision intervient suite à une assemblée générale des étudiants en médecine, tenue le lundi 26 août, durant laquelle la coordination nationale des étudiants en médecine du Maroc (CNEM) a exposé les propositions apportées par le ministère de l’Enseignement supérieur pour répondre à leurs doléances.

Durant la séance de vote, le taux d’étudiants ayant accepté les propositions du ministère de l’Enseignement, notamment la suspension du boycott et la reprise des cours et des services hospitaliers, a atteint 48 % de votes « pour » tandis que le taux des étudiants ayant rejeté les avances du département de Said Amzazi a franchi les 52 %.

Des chiffres très significatifs, qui ont divisé au sein de la CNEM, surtout que jamais les taux de vote, depuis le début du mouvement de boycott, n’ont été aussi proches, puisque la majorité des étudiants étaient toujours pour le maintien du mouvement jusqu’à ce que les deux ministères concernés répondent à l’ensemble de leurs revendications sans exception.

D’une part, la source de Hespress a indiqué qu’un grand nombre d’étudiants ont boycotté le vote. À Rabat, et sur la base de 1.700 étudiants de la faculté des sciences de la capitale, seulement 1.000 ont participé au vote.

D’autre part, la source estudiantine poursuit que les taux, presque égaux, qui ont été observés, entre adhérents et opposants à la suspension du boycott, ont en quelque sorte « poussé » les représentants à interagir rapidement avec les propositions apportées par le département de Said Amzazi, surtout que les examens de rattrapage sont prévu dans moins de 10 jours (du 4 au 30 septembre).

Pour ce qui est des propositions apportées par le ministère de l’Enseignement supérieur, la source affirme que ce dernier a répondu « favorablement » à 25 revendications des futurs médecins, notamment le concours d’internat, pour lequel ils refusent à ce que les étudiants en médecine du privé le passent à leur côté au sein des facultés publiques, faute de manque de terrains de stages, d’équipements et d’encadrants.

En effet, le ministère de l’Enseignement supérieur à approuver la demande des étudiants en médecine du public, et de ce fait, les étudiants des facultés privées ne passeront pas le concours d’internat au sein des facultés publiques.

Toutefois, les étudiants en médecine des facultés privés pourront passer le concours de spécialité, à savoir le concours de résidanat. Pour ce faire et vu le nombre limité de postes, qui ne suffit même pas pour les étudiants du public, le ministère de l’Enseignement a décidé d’augmenter les postes à hauteur de 150 places pour l’année en cours. A termes, 450 postes verront le jour durant les prochaines années, pour revenir à la « norme » en 2023.

Il a pareillement été décidé que les étudiants du privé ne passeront pas leurs stages hospitaliers au sein des centres hospitaliers universitaires (CHU). La tutelle devra donc leur trouver d’autres établissements, pour qu’ils puissent effectuer leurs stages.

Depuis le début du mouvement de colère des étudiants en médecine du public, il y a 6 mois, les représentants des futurs médecins déploraient le manque de communication avec le gouvernement et la tutelle, mais aussi la non-intégration des étudiants dans les discussions officielles qui concernaient leur dossier revendicatif.

Dorénavant, la CNEM sera intégrée dans le processus de la mise en place du prochain système d’enseignement supérieur, rapporte la source Hespress, et de ce fait elle sera également partie prenante dans les discussions qui, on l’espère, aboutiront à développer hausser le niveau de nos facultés et nos CHU publics.

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