L’OEMDH appelle le gouvernement à respecter le mouvement des étudiants en médecine

18 Août 2019 à 15:45 Société
L’OEMDH appelle le gouvernement à respecter le mouvement des étudiants en médecine

Le mouvement des étudiants en médecine du Royaume fait écho à l’international. L’Observatoire Euro-méditerranéen pour les droits de l’Homme (OEMDH), a appelé, dans un communiqué, les autorités marocaines « à respecter les manifestations des étudiants en médecine ».

Suivant avec grand intérêt le dossier des futurs médecins depuis son siège à Genève, l’Observatoire a sévèrement critiqué « la décision du ministère de l’éducation nationale de suspendre trois enseignants en médecine, à savoir Said Amal, Ismail Ramouz et Ahmed Belhous, le gel de leurs salaires ainsi que leur déferrement devant le conseil disciplinaire ».

Pour l’organisme, qui lutte pour les droits de l’Homme à travers le monde, cette décision du département de Said Amzazi, n’est autre qu’une mesure « punitive » et une sorte de « vengeance » vis-à-vis de ses enseignants, qui « ont soutenu étudiants en médecine qui ont décidé de boycotter les examens, pour protester contre l’incapacité des ministères de l’éducation nationale et de la Santé à répondre à leurs demandes », peut-on lire dans le communiqué de l’Observatoire.

Mohamed Imad, Chercheurs en droit au sein de l’Observatoire Euro-méditeranéen des droits de l’Homme, a déclaré que « les manifestations organisées par les étudiants au Maroc ainsi que l’accompagnent des universitaires et militants, constituent un droit naturel qui n’exige pas le recours à la violence ou la publication de décisions arbitraires qui violent le droit des étudiants de poursuivre leurs études sans privatisation ni prévention ».

Selon l’Observatoire, « la suspension des trois professeurs était illégale ainsi qu’une violation de la liberté d’expression » déplorant ainsi « les menaces du gouvernement d’expulser et de faire redoubler les 18 000 étudiants en raison de leur mouvement de protestation ».

Toutefois, l’Observatoire a souligné que le gouvernement marocain devrait « s’engager en faveur de la liberté d’opinion et d’expression et s’efforcer de trouver des solutions sérieuses et raisonnables visant à renforcer l’université publique contre l’incursion du secteur privé ».

Dans ce sens, l’Observatoire a appelé « les autorités marocaines à renvoyer les trois universitaires à leur poste en tant qu’enseignants rapidement et sans conditions, d’autant plus que la décision de les suspendre viole les droits les plus élémentaires garantis par la Constitution marocaine et les conventions internationales, qui affirment le droit de réunion pacifique, le droit d’exprimer des opinions et organisaient des manifestations pacifiques visant à modifier ou à empêcher toute décision qui touche l’un des droits garantis par la loi ».

Il a également appelé les ministères compétents, à savoir le département de Said Amzazi et Anass Doukkali, à « annuler leurs récentes décisions concernant les étudiants des Facultés de médecine publiques, d’autant plus que ces décisions empêchent des milliers d’étudiants d’achever leurs études dans ce collège » peut-on lire dans leur communiqué.

Le chercheur en droit de l’Observatoire Euro-méditerranéen  Mohamed Imad a déclaré que « la deuxième partie de la Constitution marocaine, en particulier les chapitres 19 à 41, garantissait le droit de manifestation et d’expression pacifiques sans restrictions ni poursuites », soulignant que « ces articles garantissaient la protection des libertés académiques, scientifique, pédagogique, artistique et littéraire, ce que le ministère de l’Éducation a interdit en décidant de suspendre les trois universitaires et de les renvoyer devant le conseil disciplinaire ».

Selon Mohamed Imad, les manifestations organisées par les futurs médecins accompagnés du soutien des universitaires « est un droit naturel qui n’exige pas le recours à la violence, ni la publication de décisions arbitraires violent le droit des étudiants de poursuivre leurs études sans privatisation ni prévention », soulignant la « nécessité de donner aux étudiants suffisamment d’espace pour exprimer leurs points de vue et envisager et se pencher sur leurs revendications légitimes ».

A la fin de son communiqué, l’Observatoire Euro-méditeranéen des droits de l’Homme, demande aux autorités marocaines « de charger le ministère de l’Intérieur, de l’Education et de la Santé de respecter les droits garantis aux étudiants et aux travailleurs du secteur éducatif et de leur permettre d’exercer leurs droits sans que cela nuise à leur formation universitaire et perturber les universitaires qui ne font que profité de leur droits légales dans l’expression de leurs opinions dans des affaires sociétales ».

Rappelons que les étudiants en médecine mènent un boycott des cours magistraux, TP-TD, stages hospitaliers et examens depuis le mois de mars 2019. Face au blocage de leur dossier depuis plus de 5 mois, les étudiants en médecine prévoient d’envahir les rues de la capitale administrative, Rabat, pour une marche nationale le 1er septembre.

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