Le streaming plus fortement incriminée que l’Espagne dans les émissions de gaz à effets de serre

17 Août 2019 à 08:00 Science
Le streaming plus fortement incriminée que l’Espagne dans les émissions de gaz à effets de serre

Selon un rapport de l’ONG française à but non lucratif « The shift project » (TSP) sur l’impact environnemental du numérique, baptisé « Climat : l’insoutenable usage de la vidéo en ligne », 60 % des flux de données mondiaux sont dus aux usages de la vidéo en ligne.

Partant du principe où l’Accord de Paris engage les États de la planète à diminuer rigoureusement leurs émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030, l’ONG française TSP qui vise à limiter le changement et la dépendance de l’économie mondiale vis-à-vis des combustibles fossiles, recommande, de prendre en considération l’impact du numérique qui est en croissance exponentielle. Aussi et en conséquence, TSP suggère de réorienter nos usages afin qu’ils soient compatibles avec les contraintes climatiques.

La consommation énergétique du numérique augmente de 9 % par an et représente actuellement 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Son usage est responsable de 55 % de sa consommation énergétique, contre 45 % pour la production des équipements. La vidéo en ligne génère à elle seule 60 % des flux de données mondiaux et plus de 300 millions de tonnes de CO2 par an.

TPS qui s’engage de tout son soul contre l’accroissement de la consommation d’énergétique dominée à 80 % par les énergies fossiles estime que pour relever ce défi, il est du devoir de chacun de revoir nos habitudes et surtout de faire des choix et principalement ceux de l’usage que l’on fait du numérique et de la vidéo en ligne en général.

Ces technologies que d’aucuns considèrent sans effets et nulles quant à de quelconques impacts climatiques, sont bien au contraire responsables directement et indirectement (effets rebonds) sur notre environnement et qui plus est, sont en forte croissance. Les émissions de gaz à effet de serre du numérique sont de 4 % bien plus que le transport aérien et l’on estime cette valeur en double (8 %) d’ici à 2025 ce qui équivaudra à la part du moment des émissions de voitures.

Le rapport décortique également les tenants et aboutissants de la vidéo en ligne et tire le signal d’alarme. Il pointe l’usage intensif que l’on en fait. Stockée dans des centres de données, énergivores, elle parvient à nos terminaux (ordinateurs, smartphones, TV connectées, etc.) via les réseaux (câbles, fibre optique, modems, antennes de réseaux mobiles, etc.), des processus nécessitant énormément d’électricité et donc émetteurs de CO2. Et de dénoncer un support d’informations dense d’un simple exemple, une comparaison, 10 heures de film HD ce sont autant de données en format texte que la totalité des articles en anglais de Wikipédia. Le visionnage de vidéos en ligne a généré́ en 2018 autant de gaz à effet de serre que l’Espagne, ou près de 1 % des émissions mondiales.

Quant à celles des VOD (vidéo à la demande), elles équivalent aux émissions du Chili dans ce sens.

Pour cela, STP préconise ce qu’il qualifie de sobriété́ numérique et prône individuellement ou collectivement la nécessité de réguler et d’en prioriser les usages. Le STP recommande vivement de faire des choix et surtout de ne pas s’en abstenir.

« Pornographie, VOD, Tubes et autres : aucune de ces catégories n’est négligeable dans les usages de la vidéo en ligne. Chacune représente à elle seule 10 à 20 % des flux de données mondiaux. Aussi choisir de donner la priorité́ à certaines d’entre elles pour les préserver davantage est primordial. Ne pas choisir, c’est potentiellement laisser la surconsommation de pornographie restreindre mécaniquement le débit disponible pour la télémédecine, ou laisser l’usage de Netflix contraindre l’accès à̀ Wikipédia. Il s’agit d’éviter qu’un usage jugé précieux ne pâtisse de la surconsommation d’un autre jugé moins essentiel », conclut le rapport.

M.J.K

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