Revenant de Syrie: une italo-marocaine condamnée en France à 8 ans d’emprisonnement

09 Août 2019 à 06:19 Marocains du monde
Revenant de Syrie: une italo-marocaine condamnée en France à 8 ans d’emprisonnement

Une italo-marocaine de 37 ans a été condamnée à huit ans de prison ce mercredi pour son voyage en Syrie, où elle est restée neuf mois avec ses trois enfants en 2017. La presse française rapporte que la peine de huit ans d’emprisonnement dont les deux tiers en réclusion ferme est supérieure à la demande du procureur qui en a réclamé six à l’encontre de l’italo-marocaine Rajae Moujahid, jugée pour « formation d’un groupe terroriste » et « extorsion d’enfants ».

Le tribunal correctionnel de Paris a estimé qu’il s’agissait de la « seule sanction appropriée » pour le comportement de la femme qui s’est déclarée non coupable devant le juge, « jusqu’à nier les évidences de ce dossier », explique l’instance juridique.

Rajae Moujahid s’est rendue en Syrie en mars 2017 après les attentats meurtriers en France, notamment à Nice, près de son domicile à Antibes, avec sa fille de neuf ans et ses deux fils de sept et cinq ans.

Le tribunal correctionnel a estimé que « c’était un départ préparé, dissimulé et pensé comme définitif ».

Déjà mariée, la femme rejoignait en Syrie « un combattant » avec lequel elle entretenait une relation en ligne et qu’elle a épousé à son arrivée dans la région d’Idlib, au nord-ouest syrien.

Bien que le Mouvement islamique Ahrar Al Sham, dont Rajae Moujahid était membre, ne figure pas sur la liste des organisations terroristes établie par des organismes internationaux, le tribunal compétent a jugé que cette faction islamique est « liée de manière opérationnelle à Al Qaïda » et peut donc être considérée comme un groupe terroriste au regard du droit français.

Ce mouvement, aux côtés du front connu sous le nom d’Al Nosra et d’autres factions, ont formé ce que l’on appelait « l’armée de la conquête » qui a pris le contrôle de toute la province d’Idlib à l’été 2015. Les deux factions se sont ensuite livrées à des batailles internes qui se sont soldées par la domination par Al Nosra de la majeure partie de la province, la plus importante échappant au contrôle de Damas.

Rajae Moujahid est retournée en Turquie en décembre 2017 alors qu’elle était enceinte de sept mois, avant d’être arrêtée et transféré en Italie, pays dont elle détient la double nationalité, puis emprisonnée en France en vertu d’un mandat d’arrêt international. La femme était en possession de document du mouvement Ahrar Al Sham et son téléphone portable contenait des images de propagande djihadiste montrant des armes et des atrocités de guerre.

Fille d’un ingénieur ayant étudié la philosophie et la sociologie, puis fréquentant une école hôtelière au Maroc, Rajae Moujahid a eu du mal à justifier lors de l’audience son départ pour la Syrie. Elle a expliqué qu’elle souhaitait « échapper à la colère » de son mari, un italien converti à l’islam qu’elle a qualifié de « violent » et « jaloux ».

Représentant le ministère public français, le procureur a dénoncé « une accumulation de contradictions et de contrefaits », notant que la prévenue avait « vidé les comptes bancaires de ses enfants un mois avant son départ », « détruit son téléphone portable » et « rejoint une connaissance antérieure d’un pays en guerre ».

L’avocate de la défense Margaux Durand-Poincloux a déclaré : « elle a rejoint un homme, pas une idéologie ni un groupe », en appelant le tribunal à juger sa cliente « uniquement pour ce qu’elle a réellement fait: mettre ses enfants en danger ».

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