Crise des étudiants en médecine : On en reparle après les congés !

01 Août 2019 à 17:27 Société
Crise des étudiants en médecine : On en reparle après les congés !

Le dossier des étudiants en médecine qui mènent un mouvement de boycott général depuis près de 5 mois devient de plus en plus compliqué. Après la création de la commission interministérielle, présidée par le département du chef du gouvernement, Saad Dine El Otmani, et la tenue de pas plus de 4 réunions avec les membres de la coordination nationale des étudiants en médecine du Maroc (CNEM), aucun avancement n’a été signalé. Le blocus total.

Photo : Mounir Mehimdate

Pour mieux expliquer cette « non-évolution », la CNEM a tenu, ce jeudi au siège de l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH) à Rabat, une conférence de presse lors de laquelle elle a rappelé les différents aspects du mouvement de boycott, mené par les quelque 20.000 étudiants en médecine du Maroc (médecine générale, pharmacie et dentaire) sous son égide et les dernières nouveautés de son dossier, dont la commission interministérielle, la marche nationale prévue le 1er septembre et son programme de ce mois d’août.

La commission interministérielle composée de représentants de différents départements ministériels, de la CNEM et des syndicats des étudiants et des enseignants, avait pour mission de trouver une issue à la crise des étudiants d’ici le mois de décembre 2019. Toutefois, ont souligné les représentants de la CNEM lors de la conférence, « il était plus question de réformer le système de formation en médecine et le système de santé, qui nécessite des années de travaux, que de répondre à nos revendications et trouver un accord de principe qui satisfait les deux parties et qui met fin à cette crise ».

Le congé ministériel passe avant tout

Interrogés sur les propositions avancées par la commission concernant leur dossier revendicatif, les membres de la CNEM étaient plutôt réticents à répondre, se contentant de dire que ladite commission« a apporté plusieurs propositions vagues, mais rien de concret, puisqu’aucun accord de principe n’a été signé ».

Photo : Mounir Mehimdate

Après insistance des journalistes présents, ils ont concédé que concernant le point du concours de résidanat, et face au refus des étudiants de voir ceux du privés y prendre part au niveau des CHU, « la commission a proposé une augmentation des postes. Rien de plus ».

Les membres de la CNEM ont ajouté dans ce sens que les propositions « timides » présentées par la commission interministérielle ont été soumises aux étudiants et seront discutées lors des assemblées générales nationales, prévues pour le 3 août.

En dépit de l’impasse, les membres de la coordination n’ont pas pour autant quitté la commission interministérielle « même si les réunions ne mènent pas à grand-chose », mais ils ont été informés que la commission « suspend ses travaux pendant le mois d’août …  période des congés ministériels« . En d’autres termes, les étudiants, dans le flou total depuis plus de 5 mois, et qui doivent trouver une issue avant la prochaine rentrée en septembre, devront attendre le retour des congés (en septembre!) « pour reprendre les discussions ».

Pour les étudiants, leurs familles, c’est le spectre de l’année blanche qui revient pointer du nez!

Photo : Mounir Mehimdate

Flou artistique

C’est la question que se sont posée les membres de la CNEM au siège de l’AMDH, mais aussi les parents d’étudiants qui ont pris part à la conférence de presse, ne trouvant aucune réponse logique à cela.

« C’est plutôt clair. Apparemment, il n’y a pas de volonté politique pour résoudre notre dossier, alors que nous avons toujours été ouverts au dialogue, et à la médiation, d’ailleurs on remercie toutes les parties qui se sont proposées comme médiateur dans notre dossier », a déclaré l’un des membres de la coordination.

« Je m’inquiète au sujet de l’avenir de mon fils. S’il avait été en première année de médecine à la rigueur il peut changer de parcours. Mais en 5e année, c’est un grand sacrifice de la part d’un étudiant de médecine, et vous connaissez tous le degré de difficulté de ce cursus, c’est des nuits blanches, des sacrifices, des gardes de 12h et 24h et vous pouvez imaginer ce que ça fait. Pour les parents, c’est la grande inquiétude. Le plus grand point d’interrogation. On ignore ce qui va se passer dans 4 semaines. Le 1er  septembre pour nous c’était d’habitude la rentrée universitaire, mais exceptionnellement cette année on ignore ce qui va se passer », a déclaré à Hespress Fr une maman d’étudiant à la faculté de médecine à Rabat.

Photo : Mounir Mehimdate

Maintien du boycott jusqu’à nouvel ordre

En gros, les étudiants en médecine maintiennent leur boycott jusqu’au retour des vacances des ministres concernés.

Mais en dépit d’un « attachement inaliénable à la justesse et la légitimé de leur cause », une certaine lassitude semble gagner les étudiants, une sorte d’«épuisement » face à l’insouciance du gouvernement qui ne semble pas pressé de trouver une solution à leur crise.

Entre commission, et sous-commission, ils se sentent « ballottés » entre les départements ministériels sans pour autant qu’on leur propose des solutions concrètes, à même de mettre un terme à une problématique qui dure depuis plus de 5 mois et hypothèque l’avenir de toute une génération.

Pour rappel, la CNEM prévoit durant ce mois d’août le lancement d’une campagne médiatique nationale et internationale pour faire connaître sa cause, appelant ainsi toutes les associations, bureaux et conseils d’étudiants à reprendre leurs activités culturelles, scientifiques et humanitaires.

Elle prévoit pareillement d’adresser une lettre à la Fédération mondiale pour l’éducation médicale ( World Federation For Medical Education WFME), l’organisation d’une marche nationale dimanche 1erseptembre à Rabat, la tenue de plusieurs assemblées générales nationales à la date du 3 août pour décider des prochaines étapes de sa lutte et afin de procéder à un nouveau vote des organes constitutifs de la coordination dans le but d’accueillir de nouveaux éléments, à savoir les nouveaux étudiants, et injecter du sang neuf dans le mouvement.

Photo : Mounir Mehimdate

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