Funérailles d’Essebsi : Le dernier hommage des chefs d’État

27 Juil 2019 à 14:39 Monde
Funérailles d’Essebsi : Le dernier hommage des chefs d’État

La Tunisie a rendu hommage ce samedi à son président Béji Caid Essebssi, décédé jeudi à l’hôpital militaire de Tunis à l’âge de 92 ans. Des funérailles nationales auxquelles plusieurs chefs d’État et dirigeants du monde ont assisté, l’occasion de revenir sur le brillant parcours politique de ce patriote et lui adresser leurs derniers adieux.  

Comme l’avaient annoncé les autorités tunisiennes, les funérailles ont accueilli une pléiade de personnalités mondiales, des pays amis de la Tunisie venus honorer l’engagement de l’un des plus grands hommes du pays du Jasmin.

Premier président élu démocratiquement au suffrage universel après le printemps arabe qui a chamboulé la vie politique et sociale du pays, Béji Caïd Essebsi est décédé en l’exercice de ses fonctions, un rare événement mondial.

La cérémonie officielle des funérailles a été organisée en présence du prince Moulay Rachid, du roi Felipe VI d’Espagne, l’émir du Qatar cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani,

sont également présents, le président français Emmanuel Macron, le chef d’État algérien par intérim Abdelkader Bensalah, le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ainsi que le secrétaire général de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit, de Fayez Al Sarraj, le premier ministre libyen du Gouvernement d’union nationale.

Le président par intérim ému aux larmes 

Le président tunisien par intérim Mohamed Ennaceur a donné un discours en hommage du défunt. Dans son mot qu’il a commencé par Allah Akbar à trois reprises, le chef d’État a repris brièvement tout le parcours de Béji Caid Essebsi qui a occupé les plus hautes fonctions à la tête de l’État tunisien depuis le début de son parcours politique.

Mohammed Ennaceur a rendu hommage à celui qui a pu instaurer « un équilibre démocratique » en Tunisie, celui qui a été le parrain des premières élections libres et démocratiques du pays et qui a instauré le dialogue depuis 2014. « Nous avons été ministres plusieurs fois avant la révolution. Nous avons travaillé ensemble pour créer Nidaa Tounes (le parti au pouvoir actuellement, NDLR) », a déclaré le président par intérim qui est revenu sur les années passées aux côtés de l’ancien président Habib Bourguiba.

« C’était mon ami », a-t-il ajouté non sans émotion, reconnaissant l’excitation de Béji Caïd Essebssi pour les grandes affaires du pays. En pleurs, alors que son discours touchait à sa fin, Mohamed Ennaceur a regretté la disparition de son « grand ami », décédé en plein exercice de ses hautes fonctions pour préserver la Tunisie.

« Mon cher ami, nous allons continuer d’œuvrer pour un État patriotique démocratique et des institutions efficaces afin de resserrer les aspirations de nos citoyens », a-t-il continué. « Je suis incapable de te dire au revoir. Ton absence est une douleur », a conclu le nouveau chef d’État par intérim qui voyait en Béji Caïd Essebsi, un « symbole, un modèle, et un exemple ».

Les hommages des dirigeants arabes

D’autres chefs d’État ont pris la parole pour rendre hommage au président tunisien. Le premier à prendre parole, le président algérien par intérim Abdelkader Bensalah qui a déclaré être venu pour « partager et présenter au nom du peuple algérien » ses condoléances.

Le décès du « président Béji Caïd Essebssi est une perte pour l’Algérie, pour les Arabes, les musulmans et les amoureux de la paix », a-t-il dit.

« Le défunt, nous l’avons connu pendant les périodes sombres de notre pays, nous l’avons connu après l’indépendance il a été l’un de ceux qui ont voulu consacrer les relations entre nos deux pays », a ajouté Abdelkader Bensalah. « Nous avons eu des relations très proches», a reconnu le président par intérim affirmant lui avoir parlé la dernière fois alors qu’il était à l’hôpital. Bensalah a ensuite dit savoir que la Tunisie continuera à produire des hommes comme lui, ce président curieux de tous les développements en Algérie, « des plus futiles aux plus importants ».

De son côté, Mahmoud Abbas, a déclaré être venu de la Palestine rendre hommage au « chef, ami et commandant » qui a « protégé la Tunisie et a préservé sa stabilité et son équilibre dans les moments les plus difficiles ».

Un hommage similaire a été fait par le Libyen Fayez Al Serraj, le chef du Gouvernement d’union nationale, qui a par ailleurs repris des mots du défunt qui lui avait déclaré que le peuple libyen et tunisien était un seul et même peuple vivant dans deux pays différents. Touché, le premier ministre tunisien Youssef Chahed est apparu en pleurs.

Les dirigeants méditerranéens présentent leurs condoléances 

Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa a rendu hommage « à un grand homme, un homme qui a fait de l’histoire, un homme qui a changé le cours de l’histoire » en lui souhaitant de recevoir le repos éternel.

Le président George Vella de Malte a quant à lui évoqué les liens entre les deux pays. « La Tunisie et Malte ont une longue histoire de coopération », a-t-il affirmé, décrivant Caïd Essebsi comme un « politicien qui a joué un grand rôle dans la vie politique de la Tunisie » notamment avec la préparation aux élections démocratiques. « Il a fait tout ce qu’il pouvait pour la Tunisie », a reconnu le chef d’État affirmant que « nous devons le remercier pour tout ça ». « La région de la méditerranée a perdu un grand nom de la politique », a-t-il conclu.

Le roi d’Espagne Felipe VI a fait part de son côté des sincères et attristées condoléances » à la famille et au peuple tunisien. Felipe VI a salué ce « grand homme qui a donné sa vie au service de son pays » louant son dévouement et son engagement à la démocratie et la prospérité du pays. Disant l’engagement de l’Espagne « plus que jamais » aux côtés de la Tunisie « en ce moment de douleur », le roi d’Espagne a indiqué que le défunt a laissé un « chemin tout tracé pour continuer de travailler ensemble pour faire de cet espace commun, qui est la méditerranée, un espace de paix et prospérité ».

Intervenant en dernier, le président français Emmanuel Macron a rendu un long hommage au président Essebsi « dont le destin était lié à la Tunisie ». Faisant part de toute l’amitié, l’affection et le respect du peuple français au peuple tunisien, son accompagnement dans ce moment de deuil, le chef d’État français a insisté sur « l’admiration pour la force durant ces moments » et « toute la dignité d’un peuple ».

En parlant de Béji Caid Essebsi, le président français a déclaré, « il m’a beaucoup appris », ajoutant qu’il y avait chez le président tunisien « toute une série de paradoxes la sagesse de celui qui était le doyen d’entre nous et une forme d’insolence juvénile » lors de leurs rencontres notamment pendant les sommets internationaux. « Il fut un grand président, un très grand président » qui avait « une volonté d’embrasser le monde tel qu’il était ».

Dernier adieu 

La dépouille du défunt, portée par des militaires a, par la suite quitté le palais de Carthage pour être transférée vers le cimetière du Djellaz dans le sud de Tunis où des milliers de Tunisiens devraient attendre pour l’enterrement de ce président, fervent défenseur de la Tunisie. Un homme qui aura plaidé pour l’instauration de la démocratie et la consécration des droits de la femme.

Les Tunisiens, invités à assister à l’inhumation de leur président décédé un jour symbolique, celui de la proclamation de la République en 1957, devraient faire leur dernier adieu à ce chef d’État salué pour son courage et sa dévotion par plusieurs dirigeants du monde.

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