Campagne de sensibilisation « Pour un Aid Adha propre »

23 Juil 2019 à 10:38 Société
Campagne de sensibilisation « Pour un Aid Adha propre »

Aid Al Adha c’est pour bientôt. Et qui dit fête du sacrifice, dit déchets liés aux traditions des Marocains lors de cette fête, plaisantes certes, mais fort polluantes. Nos rues et nos quartiers en portent les séquelles des jours durant, et l’Etat dépense annuellement la bagatelle de 7 milliards de centimes pour faire le ménage.

Dans ce sens, le département de Nezha El Ouafi, Secrétaire d’État chargé du Développement durable, a pensé à lancer une campagne de sensibilisation bien avant la fête du sacrifice, prévue le 13 août, sous le thème « Pour un Aid propre« .

Cette campagne, initiée par le Secrétariat d’Etat aura pour objectif de sensibiliser à la population et contribuer à la propreté des quartiers et des places, notamment en cette période d’Al Aid, synonyme d’une hausse de production des déchets, et d’émergence de pratiques pouvant affecter l’environnement de façon générale et la santé des populations en particulier.

« Cette campagne porte sur l’un des enjeux de l’économie verte. Le 11 mars 2019, on a présenté le plan de valorisation et réduction des déchets, au vu de l’ampleur des déchets produits à l’échelle nationale. On a entamé un travail très important qui est l’organisation des filières », a indiqué la secrétaire d’Etat à Hespress FR.

« Des projets pilotes seront lancés dans les quatre des plus grandes villes du Royaume: Rabat, Fès, Marrakech, Tanger, et seront ensuite généralisé à travers le pays, pour l’organisation de la filière de tri et valorisation des coûts, sachant qu’au Maroc 7 milliards de centimes sont dépensés dans ce sens« , a-t-elle ajouté.

Instaurer une filière du tri

Autre détail d’importance souligné par Nezha El Ouafi: « Aid Al-Adha coïncide ces dernières années avec la période d’été et de grande chaleur, ce qui engendre des dégâts, en termes de maladies, mais également de dégradation de l’environnement dans l’espace public».

Donc mis à part le coût financier, poursuit notre interlocutrice, il y a le facteur environnemental « qu’on doit traiter dans nos quartiers, pour justement avoir des espaces publics propres et sains pour les citoyens ».

Dans un premier temps, explique El Ouafi à Hespress Fr, son département a commencé par réaliser une étude sur la valorisation des taux.

« C’est un travail qui a été entamé par nos équipes il y a 4 ou 5 mois, au sein d’un comité. Ils ont travaillé sur le sujet avec le ministère l’intérieur, le ministère de l’Industrie, les collectivités territoriales, les sociétés délégataires de collecte des déchets et toutes les parties prenantes pour proposer deux ou trois scénarios commençant avec des études et passant par la mobilisation de tous les partenaires. Chacun a son rôle à jouer pour  l’avenir et pour la mise en place effective d’une filière valorisation de tri au Maroc« , a fait savoir la secrétaire d’Etat.

D’autre part, les Directions régionales de l’Environnement et du Développement durable se sont aussi mobilisées au niveau des différentes régions du Royaume pour diffuser les supports de sensibilisation réalisés à cet effet et pour mobiliser les différents acteurs au niveau local, notamment les Collectivités territoriales et les sociétés délégataires de collecte des déchets pour contribuer à cette campagne.

Partenaire clé du Secrétariat d’État chargé du Développement durable, la société civile active en matière d’environnement et de développement durable a été également associée à cette campagne en animant des activités de sensibilisation sur cette thématique.

Dans le même cadre, une capsule de sensibilisation animée par le Grand Acteur Marocain Abderahim Tounsi (Abderraouf) a été rediffusée, notamment sur les sites électroniques et les réseaux sociaux pour toucher un grand public.

Récupérer les bonnes vielles traditions

Chaque Aid Al Adha, on remarque dans nos quartiers des individus avec des chariots collectant non seulement les déchets, mais aussi les « peaux de mouton » (Btana). Il y en a même qui n ont fait leur métier.

Interrogée sur le rôle que jouent ces « trieurs » dans la collecte des déchets de la fête du sacrifice, El Ouafi nous explique que la Fédération des industries du cuir (FEDIC) travaille en amont avec eux.

« Il y a aussi le département chargé de l’environnement qui a été le déclencheur de cette opération, mais chacun a son rôle. Il y a un écosystème au niveau national qui va mobiliser tous ces points-là pour la collecte des déchets afin d’organiser ces gens qui font partie des associations et coopératives professionnelles dans les villes et quartiers du Royaume« , nous a-t-elle dit.

« Donc, a poursuivi notre interlocutrice, c’est tout un travail qui va être fait par la FEDIC. Et il y a la collectivité territoriale qui normalement doit coordonner et qui travaille étroitement avec les délégataires sur le tri. C’est-à-dire au lieu de tout ramasser d’un seul coup, il faut faire le tri en amont».

Dans ce sens, la secrétaire d’État fait savoir que son département « a déclenché une campagne de sensibilisation pour les citoyens en lançant une capsule qui va passer à la radio et à la télé et aussi des spots publicitaires. Une opération qui servira à sensibiliser les citoyens et contribuer à la réussite de l’opération de conservation des peaux de mouton et aussi pour récupérer notre tradition marocaine ».

Justement, rappelle Nezha El Ouafi, il s’agit de « convaincre les citoyens marocains de récupérer une tradition de nos ancêtres, en plus du fait que c’est une tradition écologique. C’est la valorisation à la marocaine de l’environnement, une sorte de recyclage. C’est vrai qu’on est à 5 millions de peaux de mouton au Maroc, maintenant pour les 4 villes on va être à un tiers des 5 millions pour monter la filière« .

Et de souligner que Aïd Adha constitue une occasion pour s’engager en faveur de l’environnement en adoptant des comportements respectueux de la nature et en évitant certaines pratiques qui portent atteinte à la santé publique et endommagent certaines infrastructures de base.

Par ailleurs, il convient de signaler que cette campagne s’inscrit dans le cadre de l’opérationnalisation de la Stratégie nationale de Développement durable (SNDD) et après la publication de la loi-cadre portant Charte nationale de l’Environnement et du Développement durable (CNEDD).

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