Samadi sur la Loi-cadre : Dépasser les divergences et privilégier l’intérêt national

17 Juil 2019 à 12:37 Education
Samadi sur la Loi-cadre : Dépasser les divergences et privilégier l’intérêt national

Après moult discussions et prises de parti, la loi-cadre n°51.17 sur l’enseignement a été votée et adoptée mardi en commission à la chambre des représentants. L’enjeu de cette loi est grand puisque le Maroc va avoir « pour la première fois de son Histoire », une loi consacrée à l’enseignement qui ne subira par de changements selon le bon vouloir des partis au pouvoir. Contacté par Hespress FR, Khalid Samadi, secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, explique l’importance que revêt l’adoption de cette loi-cadre.

Les membres de la commission de l’enseignement, de la culture et de la communication ont fait fi de leurs divergences pour faire primer l’intérêt des génération futures et ont donc réussi, trois ans après, a enfin se mettre d’accord en adoptant la loi lors de cette réunion programmée par le calendrier et qui devait soumettre le texte au vote à la mi-juillet.

Cette loi qui a mobilisé l’opinion publique du Royaume, a fait couler beaucoup d’encre depuis le temps. Sujette à débat, la langue utilisée pour l’enseignement des matières scientifiques, a été la pomme de discorde entre les partis politiques qui y sont allés de leur propre référent idéologique pour défendre leur point de vue.

La question de l’identité nationale, la question des langues officielles, les enjeux de la mondialisation et les objectifs de développement du pays, ont été au centre du débat autour de cette loi cadre qui, a su rassembler la majorité sur la plupart des points sauf pour deux articles pour lesquels deux blocs politiques, à savoir le Parti Justice et Développement (PJD) et l’Istiqlal ont usé de tout leur poids pour en bloquer l’adoption.

Alors que les dés semblaient déjà jetés, les partis politiques campant sur leurs positions, l’issue du vote de mardi était incertaine, mais un retournement de situation inattendu s’est opéré, et la loi-cadre a été adoptée à la majorité.

« En ce qui me concerne, c’est un moment historique, très important, parce que c’est un changement dans le système éducatif (l’éducation, la formation professionnelle et l’enseignement supérieur et de la recherche) depuis l’Indépendance à aujourd’hui, puisque depuis l’indépendance nous n’avions pas de loi dans le cadre du système éducatif« , a estimé Khalid Samadi.

« Aujourd’hui, après le travail de trois ans consacrés à ce projet, nous avons réussi à obtenir le vote à la majorité de la commission de culture, de l’enseignement et de la communication, de la chambre des représentants ce projet de loi« , a-t-il déclaré à Hespress FR.

Revenant sur ces trois ans passés à négocier et re-négocier les dispositions de la loi-cadre, le membre de la commission permanente des curricula, programmes, formations et outils didactiques, a affirmé que « pendant toute cette période il y a eu de longues négociations, concernant un certain nombre de dispositions qui se trouvent dans ce projet de loi et surtout en ce qui concerne les valeurs, l’identité, l’appartenance, la langue etc. Donc ce qui s’est passé aujourd’hui, c’est qu’il y a eu une sorte de consensus sur les articles 2 et 32, ces deux articles qui étaient sujets de dissensions, et puis il y a eu le vote de la loi dans son ensemble« , pas seulement sur les articles, « ça c’est un événement« , se réjouit le secrétaire d’Etat.

Concernant les divergences d’opinions entre partis politiques, notamment le PJD la formation dont est issu le secrétaire d’Etat, ce dernier préfère voir le bon côté des choses, en déclarant que les négociations les partis politiques, l’intérêt de l’opinion publique et des médias pour cette loi, « montre son importance ».

« Cela montre qu’au Maroc, lorsqu’il y a un projet de loi comme celui-ci, il y a de l’interactivité, un débat, des discussions, des rejets, mais au final ce qui importe c’est qu’on arrive à un accord, un résultat qui soit satisfaisant pour l’intérêt national« , a-t-il dit.

Et d’ajouter: « Je pense, comme l’a dit le Roi Mohammed VI, à savoir qu’on doit rester loin des divergences et des calculs politiciens et privilégier cette approche patriotique qu’il y a eu lors de cette réunion et qui est apparue de façon claire dans le travail de la commission« , parlementaire.

Adoptée en commission à la chambre des représentants, la loi-cadre doit encore passer l’épreuve du vote à à la chambre des conseillers, mais pour le secrétaire d’Etat, il s’agit là, quand-même, d' »un pas très important qui a été franchi pour notre pays, car cette loi-cadre régira, si adoptée à la deuxième chambre, le secteur de l’éducation jusqu’en 2030″.

Mais le vrai travail ne se fera qu’après la parution de cette loi, et pour cela, Khalid Samadi estime qu’il faudra mobiliser et préparer « les ressources financières et humaines, ainsi que la formation des cadres et les espaces pédagogiques », admettant que la mise en oeuvre de cette loi sera « un travail éreintant qui nous attend, qui attend notre pays« .

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