Drame d’Imlil: La défense des accusés demande une expertise psychologique judiciaire

11 Juil 2019 à 19:09 Justice
Drame d’Imlil: La défense des accusés demande une expertise psychologique judiciaire

La défense des principaux accusés du crime terroriste commis à Imlil, a insisté sur le fait qu’Abdessamad El Joud (25 ans), la chef de la cellule et son prétendu « émir », Younes Affati (27 ans) et Rachid Affati (33 ans) et Abderrahmane Khayali (26 ans), devraient subir une expertise psychologique judiciaire, vu la gravité de l’acte qu’ils ont perpétré.

Dans son plaidoyer, l’avocate des quatre principaux accusés, Me Hafida Meksaoui a commencé par dire que ses clients sont « des personnes anormales qu’il convient de mettre sous consultation d’un psychologue », liant l’acte terroriste qu’ils ont commis « des troubles psychologiques dus aux conditions sociales difficiles qu’ils ont connu depuis leur enfance ».

« Les principaux accusés n’ont reçu aucune formation académique ou universitaire. La plupart d’entre eux ont quitté l’école très tôt et ont mené une vie difficile. Ils ont été dépassés par la société. Ils étaient à l’écart, ce qui les a rendu plus susceptibles d’adopter une idéologie extrémiste » a-t-elle expliqué.

Evoquant des discussions qu’elle a eues avec les accusés, l’avocate ajoute qu’elle était parvenue à un certain nombre de conclusions concernant les relations entre les auteurs du crime d’Imlil et la pensée extrémiste: « Ils lisaient les livres jaunes ainsi que certains livres de sédition et de grandes épopées qui sont édités par les extrémistes religieux ».

Me Meksaoui ajoute sur ce même registre que ses quatre clients appartiennent à la catégorie la plus vulnérable de la société, ce qui les a rendus enclins à l’extrémisme.

La membre de la défense s’est arrêtée sur certains symptômes psychologiques chez les principaux coupables de l’assassinat des deux touristes scandinaves. « Ils se considèrent comme les plus proches de Dieu et croient possèder un pouvoir divin qui leur permet de faire n’importe quoi », a-t-elle expliqué au juge.

Son constat est que les quatre principaux accusés « ont également été victimes du déclin du rôle réformateur des références religieuses, ce qui les a conduits à des maisons illégales d’apprentissage du coran, en plus de tomber victimes de ce qui se relaie sur les réseaux sociaux par les groupes extrémistes ».

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