2019: Vers une hausse générale des salaires?

18 Août 2018 à 22:53 Economie
2019: Vers une hausse générale des salaires?

Depuis plus d’un an le pays est en plein chamboulement, des têtes sautent, comme l’ex ministre des finances et le roi prend les choses en main devant un gouvernement qui n’a pas su répondre aux attentes des citoyens. Le nouveau projet de loi des finances va dans ce sens, et ce qu’il prône correspond aux directives royales contenues  dans le  discours du trône. Ainsi c’est un projet on ne peut plus social auquel on a droit, avec l’accent mis sur le débat social.

Faits :
D’après les statistiques du Haut Commissariat au Plan, HCP, la croissance prévisionnelle cette année sera de 2,9%, avec un déficit budgétaire de 3,5%, ce a quoi s’attaquera le plf 2019 en envisageant un déficit de 3% seulement et une croissance de 3,2%.
Un autre point sera la dette publique qui atteint actuellement les 80,2%, elle devra impérativement baisser selon l’économiste Mohamed Harakat que nous avons contacté par téléphone, et il précise : « Quand on a un déficit ça veut dire qu’on a recours à des emprunts étrangers, pour simplifier , c’est comme un employé qui a un certain revenu mais qui paie l’eau et l’électricité par le crédit. Ça veut dire que le Maroc est dépendant de l’étranger dans le financement de certaines choses de base.
3% de déficit ce n’est pas beaucoup, c’est dû au fait que le Maroc a des relations avec l’Afrique et beaucoup de pays lui imposent de ne pas dépasser ce taux, comme la CEDEAO qui exige ce genre de mesures pour qu’un pays l’intègre.
Autre chose, ces 3% ne doivent pas dépasser en valeur les deux tiers du PIB, et la dette extérieure ne doit pas dépasser 70% pour intégrer la CEDEAO, l’inflation elle aussi ne doit pas dépasser 1 ou 2%. »
« Cette orthodoxie est appliquée par l’union européenne, mais certains pays commencent à la refuser car elle crée des problèmes d’austérité comme en Grèce, même le Maroc vivait cette situation car quand on fait des coupes dans les salaires c’est-à-dire que nous sommes en austérité. »
Concernant l’inflation, nous remarquons qu’elle reste plutôt stable depuis des années d’après les statistiques du HCP, atteignant les 2,1% en 2017. Mais il n’empêche que le pouvoir d’achat des ménages est de plus en plus faible, car la croissance des revenus est faible dans le secteur public notamment ou aucune augmentation significative n’a été faite depuis plus de 10 ans .

Prévisions :
D’après M Harakat, cette année le gouvernement sera obligé de faire une hausse générale des salaires et « le montant demandé sera important car le roi leur a dit lors du dernier discours de négocier avec les syndicats. »
« La hausse concernera tout le monde… la hausse sera conséquente, elle pourra avoisiner les 600 dhs pour les échelles 5 à 9, et par exemple 700 dhs pour l’échelle 10 … ces hausses de salaire permettent une amélioration du pouvoir d’achat. Quand il y’a une hausse de salaire de 1%, dans les pays en développement plus de la moitié de l’augmentation va à la consommation.
Beaucoup de secteurs ne se portent pas bien comme l’immobilier, parce que son prix est élevé et le pouvoir d’achat stagne. »

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