Le Maroc et l’UE relancent leur partenariat stratégique

27 Juin 2019 à 08:11 Economie
Le Maroc et l’UE relancent leur partenariat stratégique

Federica Mogherini et Nasser Bourita se retrouvent ce jeudi 27 juin pour sceller la relance effective du partenariat stratégique qui lie le Maroc et l’Union européenne (UE). Pour Bruxelles, le Royaume reste un grand partenaire économique et politique dans la région Mena (Moyen Orient et Afrique du Nord) bien avant la Turquie ou Israël.

Federica Mogherini, Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Vice-présidente de la Commission européenne et Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, coprésident aujourd’hui à Bruxelles la 14ème session du Conseil d’association Maroc-UE.

Cette nouvelle réunion entre dans le cadre de l’appui au partenariat établi entre le Maroc et l’Union européenne en faveur du développement des relations de voisinage, à travers la mise en œuvre d’un ensemble de programmes cohérents avec les objectifs du programme « Réussir le Statut avancé » et du nouveau Plan Stratégique 2019-2023.

En effet, le Maroc et l’UE sont liés par un partenariat stratégique qui ne cesse de se renforcer depuis cinquante ans par de nombreux accords politiques et économiques.
Il s’agit de l’accord commercial de 1969, l’accord d’association de 1996, la politique européenne de voisinage de 2003, l’accord de l’Open Sky de 2006, le Statut avancé de 2008, l’accord de libre-échange en 2012 et l’accord sur les produits agricoles et de la pêche.

Dans ce dernier domaine, le Maroc coopère avec l’UE depuis les années 1960, alors que le premier protocole remonte à 1988. Dans le cadre de ce partenariat, des accords d’une durée déterminée fixent, entre autres, la contrepartie financière et les quotas par espèces de poisson.

Le nouvel accord de pêche a été conclu en janvier 2019 en incluant les provinces du Sud du Royaume. Déjà validé par les deux parties le 24 juillet 2018 à Rabat, cet accord renforce le partenariat stratégique multidimensionnel entre les deux partenaires. Il prévoit une hausse de la contribution financière de 40,0 millions d’euros en moyenne annuelle à 52,2 millions d’euros (+ 30%).

Le nouvel accord de pêche durable et son protocole d’application permet à 128 navires de 10 États membres de l’UE de pêcher pendant 4 ans dans les eaux atlantiques adjacentes au Maroc, du Cap Spartel au Cap Blanc.

Le statut avancé 

Sur le plan politique, le Maroc bénéficie d’un statut avancé permettant une coopération politique de haut niveau. Dans ce sens, le partenariat bilatéral, initié dans le cadre de l’accord d’association et de la politique européenne de voisinage, a permis un renforcement des relations politiques, économiques et commerciales ainsi qu’un développement soutenu des échanges culturels et humains.

Ce partenariat traite désormais également des domaines stratégiques liés à la sécurité collective, à la coopération régionale, à la résolution des conflits, à la bonne gouvernance, à la lutte contre le terrorisme, à la régulation des flux migratoires, à la promotion des droits de l’Homme et à la coopération en matière d’emploi et affaires sociales.

Il s’étend à de nouveaux domaines tels que la coopération énergétique, la recherche et l’innovation, l’environnement et le développement durable.

Signature de Conventions concernant la croissance verte et la protection sociale

En juin 2018, la Commission européenne a officiellement lancé à Rabat un ambitieux Plan d’investissement extérieur (PIE), destiné à stimuler les investissements dans les pays d’Afrique et du voisinage de l’UE.

«Le PIE va au-delà de l’aide au développement classique pour soutenir les investissements durables de manière intégrée, autour d’une approche novatrice globale qui complète la panoplie d’instruments de notre coopération au développement et renforce ses effets sur le terrain», avait expliqué Michael Kohler, directeur du voisinage Sud, de la Direction générale de la Politique européenne de voisinage et des négociations d’élargissement.

Le FEDD pour fiancer le Plan d’investissement extérieur

Pour remplir ses missions, le plan a eu recours à une nouvelle génération d’instruments financiers tels que des garanties, des instruments de partage des risques, ainsi qu’une combinaison de subventions et de prêts pour les projets de développement durable.

Le nouveau Fonds européen pour le développement durable (FEDD) viendra en outre appuyer financièrement le PIE en mobilisant des financements supplémentaires provenant notamment du secteur privé.

Le but est d’encourager les investisseurs à s’engager dans les pays d’Afrique et du voisinage de l’UE, vers lesquels ils n’ont pas l’habitude de se tourner, notamment lorsque certaines situations sont plus risquées que d’autres.

Notons que les investissements visent principalement à soutenir les PME, la micro finance et les projets de création d’emploi. Les financements tendent également à améliorer les infrastructures sociales et économiques, ainsi que les services de proximité.

La politique européenne de voisinage

Les relations entre le royaume et l’UE reposent principalement sur la politique européenne de voisinage, le partenariat euro-méditerranéen et l’Union pour la Méditerranée.

Dans ce cadre, le Royaume a confirmé sa place de partenaire clé de l’UE et des Etats-Unis en Méditerranée. C’est un membre actif de l’Union pour la Méditerranée, dont le secrétaire général est de nationalité marocaine et du dialogue 5+5, dont il a assuré la co-présidence avec la France pour un an (2015/2016).

Dans ce sens, un partenariat pour la mobilité (PPM) a été signé entre l’UE, le Maroc et neuf Etats membres (France, Italie, Allemagne, Belgique, Espagne, Pays-Bas, Portugal, Suède et Royaume-Uni) le 7 juin 2013. Ce partenariat définit les objectifs à atteindre dans la gestion des flux migratoires entre le Maroc et l’Union européenne et les différentes actions à mettre en œuvre.

Aujourd’hui, les deux partenaires sont en négociation pour la conclusion de l’accord de libre-échange approfondi et complet (ALECA). Cet accord permettra au Maroc de bénéficier de plusieurs avantages prévus dans la zone de libre échange, surtout que l’UE est aujourd’hui le premier partenaire commercial du Royaume, qui échange plus de 60% de ses marchandises avec l’Europe.

En 2017, les exportations de l’Union européenne vers le Maroc se sont élevées à 22,43 milliards d’euros, tandis que les importations se sont chiffrées à 15,11 milliards d’euros. Le volume total de ces échanges a presque doublé en dix ans, passant de 20,49 milliards d’euros en 2007 à 37,55 milliards d’euros en 2017, selon les chiffres de l’Eurostat.

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