Matériel Biomédical : La mise en garde de l’APMB 

27 Juin 2019 à 10:39 Société
Matériel Biomédical : La mise en garde de l’APMB 

C’est une information qui très largement circulé, et alarmé. Des matériels et équipements biomédicaux ont été introduits illégalement au Maroc en provenance de Sebta et Melilla. Comment? Pourquoi? Mais surtout quel risque pour le citoyen? Hespress FR a interrogé Abderrahman Baziz, président de l’association des professionnels du matériel biomédical (APMB), qui a mis en garde contre ces équipements et la manière dont ils ont été introduits dans le Royaume.

Pour notre interlocuteur, le risque est double: Ces matériels pourraient nuire à la santé du citoyen marocain, tout autant qu’ils perturbent l’activité des professionnels du secteur au Maroc, en ce sens que leur provenance est tout d’abord inconnue et ne respecte pas l’acheminement conforme d’importation.

La commercialisation du dispositif médical (DM) au Maroc est régie par la loi 84.12, élaborée en 2013 et entrée en vigueur en février 2017, nous explique Dr Baziz. Depuis cette date, ajoute-t-il, toute commercialisation du dispositif médical est régie par ladite loi, c’est-à-dire que les sociétés sont obligées d’enregistrer leurs produits médicaux au sein du ministère de la Santé avec la direction des médicaments et de la pharmacie (DMP), ce qui fait qu’aucun DM n’est censé entrer dans le Royaume sans enregistrement préalable.

Dans les détails, notre interlocuteur explique que les importateurs marocains des matériels et dispositifs médicaux travaillent dans le cadre d’un partenariat avec des marques et fabricants internationaux et le plus souvent en exclusivité. Donc ils fournissent des efforts d’enregistrement au préalable, de formation de moyens humains pour commercialiser cette marque dont ils connaissent la qualité et la provenance, et tout se passe dans les normes. Au niveau de la douane, souligne-t-il, les douaniers exigent un certificat d’enregistrement pour dédouaner la marchandise et c’est dans ce climat que la commercialisation des dispositifs médicaux se fait au Royaume.

Toutefois, un mouvement illégal se passe au niveau de la frontière de Sebta et Melilla. En effet, « il y a malheureusement un marché parallèle informel d’entrée de dispositifs médicaux et de réactifs de laboratoire de manière illégale au Maroc et qui échappe à la douane au niveau des enclaves de Sebta et Melilla et ça, c’est une problématique majeure pour l’ensemble des professionnels du secteur« , s’indigne le président de l’APMB.

Ce spécialiste en réanimation explique à Hespress Fr qu’il s’agit d’abord d’une concurrence déloyale, parce qu’en général c’est des prix très bas, au rabais, parce que les distributeurs ne payent ni taxe ni charges supplémentaires. « Et on ne peut même pas parler de concurrence puisque c’est un marché illégal, un marché noir », relève-t-il.

Un mouvement qui échappe à tout contrôle

Interrogé par Hespress Fr sur la technique que pratiquent ces individus pour échapper à la douane et introduire ce matériel illégalement, Dr Baziz indique qu’en général « c’est dans des camions où le matériel médical est camouflé sous d’autres marchandises. Il n’y a aucun respect de la chaîne d’approvisionnement des DM comme il se doit. Ce n’est pas dans la filiale réglementaire de l’approvisionnement et de l’importation des DM ».

« C’est  une importation qui échappe à la douane puisqu’il n’y a pas un contrôle rigoureux par les autorités de chaque camion qui doit être fouillé de fond en comble pour voir ce qu’il y a à l’intérieur. Donc forcément ces produits et matériels parviennent à passer d’une manière ou d’une autre. Et c’est des individus qui n’ont rien à voir avec la profession », déplore Dr Baziz.

Appliquer la loi

Face à cette situation, les autorités concernées ont été averties, nous déclare le président de l’association des professionnels du matériel biomédical (APMB). « C’est la responsabilité de la direction des médicaments et de la pharmacie (DMP) conjointement avec la douane. Donc la DMP est au courant de ce problème. Elle est censée faire des contrôles et des inspections à ce sujet. C’est en cours. Mais ce marché noir est toujours actif en ce moment, il y a un grand volume de produits qui arrivent au Maroc de manière illégale. Il faut un travail beaucoup plus acharné de la DMP et par les services des douanes pour lutter contre ce fléau« , souligne-t-il.

Que propose alors l’APMB? Pour Dr Baziz,  » il faut appliquer la loi ! « . « C’est les professionnels qui subissent la contrainte de cette loi« , ajoute-t-il.

« La loi quant elle a été élaboré et appliquée, nous, dans l’association, on n’était pas contre parce qu’elle vient pour justement réglementer un marché, pour l’ordonner, le structurer. Et c’est une bonne chose pour les professionnels du secteur. Seulement il faut que cette loi s’applique réellement pour lutter contre ce fléau, pour qu’au final le malade soit soigné dans des conditions optimales et avec des produits de qualité qui ont été introduit par l’acheminement habituel, dans le respect de la chaîne de fabrication jusqu’à l’approvisionnement et jusqu’à la structure de soin, et donc jusqu’au malade« , conclut notre interlocuteur.

Le Maroc et l’UE relancent leur partenariat stratégique