Maroc/A.Latine: Quand la tension cède la place à la coopération

25 Juin 2019 à 12:39 Politique
Maroc/A.Latine: Quand la tension cède la place à la coopération

C’est à un véritable ballet diplomatique qu’on a assisté ces dernières semaines sur l’axe Rabat-Amérique Latine. Entre les visites effectuées par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, dans plusieurs pays de la région, ou encore celles entreprises par différents responsables latino-américains dans le Royaume, il paraît clair que «les choses bougent», et dans le bon sens de surcroît.

De la République dominicaine, à la Colombie, en passant par le Suriname, le Brésil, le Chili, le Salvador ou encore la Barbade, la cause nationale récolte du soutien, autant que la thèse séparatiste en perd.

Pour Mohcine Mounjid, Chercheur spécialisé en Amérique Latine, il s’agit là d’une réelle prise de conscience du «coût» de la reconnaissance d’une entité fantoche, et du manque à gagner en termes de partenariat porteur avec le Maroc.

Les pays de l’Amérique Latine considèrent désormais que la période lors de laquelle ils reconnaissaient l’entité fantomatique RASD, était «une phase négative dans leur histoire avec le Maroc, car elle n’a pas contribué, au contraire, à bâtir des liens de coopération réelle et fructueuse avec le Royaume, un Etat influent au plan régional et qui joue un rôle agissant au niveau de l’Afrique et du monde arabe», explique-t-il.

Et d’analyser: «Partant du fait que la conjoncture actuelle favorise l’établissement de relations pragmatiques, les responsables de ces pays latino-américains ont commencé à effectuer des visites régulières dans le Royaume, en vue d’examiner les perspectives d’une coopération durable et mutuellement bénéfique».

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Coopération sud-sud

Notre interlocuteur revient spécialement sur le cas de la Colombie, pour préciser que ce pays «entretient des liens d’amitié solide avec le Maroc depuis le retrait de sa reconnaissance de la RASD en 2000».

«La récente visite du ministre colombien des Affaires étrangères au Maroc est intervenue dans un contexte particulier, en ce sens que les deux pays amis commémoraient le 40è anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques », a-t-il ajouté, notant que cet anniversaire, à la haute symbolique, a fourni l’opportunité de «réfléchir au renforcement de l’arsenal juridique régissant les liens bilatéraux et l’exploration de nouvelles perspectives permettant de consolider la coopération sud-sud».

Il est à ce propos opportun de souligner que l’appui de Bogota à la cause nationale a dépassé le niveau des responsables pour toucher également les élites politiques, a rappelé le chercheur, précisant que les députés des deux chambres du parlement colombien ont exprimé, à différentes occasions, leur soutien aux efforts du Maroc pour parvenir à une solution politique et définitive à ce différend régional.

Et Mohcine Mounjid de conclure que « ces positions clairement exprimées représentent une réelle victoire pour la diplomatie marocaine, aussi bien politique que parlementaire ».

Si hier, la reconnaissance de la RASD et le soutien de la thèse séparatiste se faisait au gré des idéologies et des convictions des régimes en place, généralement des nostalgiques de la période de la guerre froide et des doctrines sécessionnistes, le retrait de cette reconnaissance se fait aujourd’hui sur la base de la raison et du pragmatisme.

Réunion de haut niveau Maroc-OCDE à Paris