Avec un seul centre hospitalier… La zone rurale de « Shoul » passe aux oubliettes ! (Focus)

17 Août 2018 à 19:00 Société
Avec un seul centre hospitalier… La zone rurale de « Shoul » passe aux oubliettes ! (Focus)

Dans la périphérie de la capitale administrative du Royaume, Rabat « ville lumière », se trouve « Shoul », commune rurale de la préfecture de Salé. Hespress FR retrouve une localité complètement enclavée, marginalisée et très peu propice à une vie décente. Désert en plein métropole, la zone montre un sous-équipement flagrant en infrastructures. Rangée depuis longtemps dans les oubliettes, la commune de Shoul est démunie et lésée malgré toutes les doléances …Focus!

Personne ne peut nier que les établissements hospitaliers dans la majorité des zones  périphériques  et des régions au Maroc souffrent de la vétusté des locaux, du manque d’infrastructures et d’équipements sanitaires, ainsi que de la rareté des ressources humaines dites « responsables ».

Comme la plupart des centres hospitaliers des régions rurales, le constat est le même pour « Shoul »: Problème notamment en matière de  santé, d’infrastructure et de ressources humaines.
L’équipe Hespress s’est déplacée  au « Souk Larbaa » qui ouvre ses portes  chaque Jeudi, pour se rendre compte de la situation sanitaire, désastreuse et critique, chez la population de cette région. Le centre hospitalier de « Larbaa de Shoul » situé au plein milieu des locaux du Souk hebdomadaire, manque de nombreux équipements nécessaires à ses activités quotidiennes.

Selon des témoins sur place, la situation dans cette région est juste catastrophique, ainsi qu’infernal à pour la vie quotidienne des gens. Les habitants de cette région ont fait preuve d’honnêteté et de vérité absolue.

« Je suis gravement malade, j’aimerai bien avoir un traitement pour le diabète et l’ostéoporose. A vrai dire, on ne nous donne rien… On ne fait que traîner d’un hôpital à l’autre et gaspiller notre argent pour le transport. Il nous faut un hôpital bien structuré ici à Shoul, c’est notre droit en plus … », déplore « Mi Aicha » tristement, en évoquant son calvaire avec ses problèmes de santé et son incapacité d’en faire face. Cette vieille dame explique que son seul soucis dans ce qui lui reste dans cette vie, est de suivre un traitement médical gratuit, mais surtout pas loin de chez elle.

« On vient ici pour avoir des médicaments mais on ne nous donne rien ! Si tu veux juste un calment de douleurs tu ne peux pas toujours le trouver. En plus le centre n’est pas tous les jours ouvert, et si jamais il l’est, les horaires ne sont pas fixes. Par exemple, le médecin peut venir une seule fois par semaine et jusqu’à midi, sans que les responsables ne lui reprochent quelque chose», s’indigne Said, une personne âgée  habitant de « Shoul » face à la faible qualité des services médicaux fournis par ce centre hospitalier.

« On ne retrouve plus où se soigner, pas d’hôpital, le seul centre hospitalier qu’on retrouve ici, n’ouvre qu’une fois par semaine, et ne possède même pas les moyens médicaux nécessaires pour effectuer des simples soins d’urgences. Cette région est très défavorisée et marginalisée de tous les côtés, et une prise en charge du gouvernement doit être dédiée à cette dernière. », rajoute-t-il.

Tandis qu’un accouchement sain pour une femme enceinte, semble si évident et accessible sous d’autres cieux, les femmes enceintes de « Shoul » ne peuvent même pas se payer le luxe d’accoucher dans un simple établissement hospitalier rural, car ici, au centre « Larbaa de Shoul » aucun service de gynécologie n’est disponible. Pour pouvoir mettre au monde leurs enfants, les habitantes de cette bourgade rurale, doivent se déplacer vers le plus proche village de « Laarjat »,

« Il nous faut au moins un médecin gynécologue pour les femmes enceintes. Si jamais une femme veut accoucher, elle doit se déplacer à l’Hôpital de «Laarjat». Ce centre de «Larbaa de Shoul» ne dispose que d’un seul médecin et un infirmier pour toute la population de cette région de Shoul », nous explique Saâdia en soulignant le manque remarquable au niveau des ressources humaines qualifiées.

Décidément, la zone rurale de « Shoul » avec son seul centre hospitalier « Larbaa de Shoul » qui offre des services médicaux dérisoires, laisse la maladie, un ennemi juré, se saisir de la population de la région.
Le droit à la santé est indispensable à la pleine jouissance du droit à la vie. Décrété comme droit humain fondamental par l’ONU, ce droit est étroitement lié à d’autres droits humains fondamentaux. Dans cette région, les habitants n’en bénéficient malheureusement pas.
La population vulnérable de « Shoul » a besoin de solutions pérennes pour remédier efficacement face à ce calvaire quotidien. Ces solutions ne peuvent cependant être trouvées qu’en renforçant le rôle de tutelle du ministère de la santé, en s’appuyant sur les enseignements tirés des interventions sanitaires « réussies » dans quelques zones rurales.

Jours fériés du 20 au 23 août dans les administrations publiques (Ministère)