Boycott des examens de médecine : L’exécutif accuse Al Adl Wal Ihsane de faire de la «récupération»

13 Juin 2019 à 19:21 Education
Boycott des examens de médecine : L’exécutif accuse Al Adl Wal Ihsane de faire de la «récupération»

Depuis plus de 10 semaines, les étudiants en médecine publique ont engagé un véritable bras de fer avec leurs ministères de tutelle (enseignement supérieur et santé) pour la défense d’un dossier revendicatif qu’ils jugent « légitime » et que les ministères affirment avoir satisfait « en grande partie ».

Commençant par boycotter les cours et TD, les étudiants ont fini par boycotter également les examens de S2, faisant planer le spectre d’une année blanche.

L’affaire a pris davantage d’ampleur quand des professeurs se sont solidarisés avec leurs étudiants et annoncé leur refus de surveiller les examens. Trois d’entre eux ont été suspendus et ont vu leurs salaires bloqués, pour « incitation au boycott ». Cette mesure à l’égard des professeurs a suscité un large mouvement de solidarité au sein des étudiants grévistes et même leurs parents qui ont dénoncé une décision «autocratique »

Ce jeudi 13 juin en fin d’après-midi, la présidence du gouvernement a rendu public un communiqué où est pointée du doigt Jamaât Al Adl Wal Ihsane que l’exécutif accuse « de récupérer ce mouvement et d’inciter les étudiants à l’escalade pour servir ses propres intérêts ».

Le texte souligne également que le gouvernement, qui veille au principe d’égalité des chances pour l’ensemble des étudiants en médecine et des médecins, « suit de très près ce dossier et fait siennes toutes les mesures décidées et prises par les deux ministères de tutelle, pour désamorcer la crise que connaissent les facultés de médecine, pharmacie et dentaire à travers le territoire national, et ce en accédant aux revendications +réalistes+ exprimées par les protestataires».

De même, poursuit le communiqué, l’exécutif a suivi toutes les initiatives de médiation dont il se félicite, et a tout mis en œuvre pour respecter le calendrier des examens arrêté en concertation avec les parties concernées, et assurer les meilleures conditions pour le déroulement de ces épreuves qui devaient débuter le 10 juin.

A ce propos, le gouvernement assure que ces examens « demeureront ouverts devant tout étudiant désirant les passer, et ce jusqu’au 25 juin 2019, conformément au calendrier précédemment arrêté ».

Toutefois, relève encore le texte, le gouvernement veillera à l‘application stricto sensu des dispositions juridiques et procédurales en vigueur, dont le redoublement ou encore l’exclusion des étudiants ayant dépassé le nombre autorisé d’années redoublées.

Tout en accusant la Jamaâ de faire de la récupération pour servir son propre agenda, le gouvernement réitère sa détermination à appliquer les lois en vigueur à l’encontre de tout un chacun tentant d’entraver le bon déroulement des examens.

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