Crise au centre d’oncologie d’Oujda, des parlementaires réagissent

17 Juin 2019 à 08:12 Santé
Crise au centre d’oncologie d’Oujda, des parlementaires réagissent

Il y a du nouveau dans l’affaire du centre d’oncologie Hassan II d’Oujda, qui souffre depuis le début de l’année universitaire 2018 de l’absentéisme abusif et flagrant de son chef de service, et dont pâtissent aussi bien les activités du centre, son personnel, ses étudiants-stagiaires, mais surtout les patients qui se retrouvent otages de cet état de fait. Hespress Fr était allé à la rencontre du personnel du centre qui avait confié toute sa détresse. Ce ne fut pas vain, puisque le ministère de la Santé ainsi que des parlementaires ont réagi en demandant des explications. Les détails.

La rédaction de Hespress Fr avait mis en lumière, le 15 avril 2019, la crise que connait le centre d’oncologie Hassan II d’Oujda, affilié au centre hospitalier universitaire (CHU) Mohammed VI d’Oujda, et engendrée par «l’anarchie» instaurée par son chef de service, à savoir que l’établissement est l’un des rares centres d’oncologie de la région de l’Oriental, qui compte un nombre croissant de patients atteints de cancer.

Le centre en question souffrait énormément de l’absence de son chef de service qui n’était quasiment jamais présent, en raison de son business à Rabat, à savoir une clinique où il est associé avec d’autres médecins ainsi que sa famille installée dans la capitale, avait expliqué à Hespress Fr une source proche du dossier. Et de poursuivre qu’une rumeur avait circulé au début de l’année 2018 quant au dépôt de sa démission, qui était en « stand-by » suite à l’état de blocus au niveau du ministère de la Santé.

Cette absence mettait à mal le personnel de l’établissement, qui comprend des médecins, médecins internes et résidents, les étudiants-stagiaires en 6e et 7e années ainsi que les patients qui viennent se soigner au sein de l’établissement, ajoute notre source. A cet effet, un rapport a été envoyé par le directeur du centre d’oncologie au directeur du centre hospitalier universitaire (CHU) Mohammed VI d’Oujda, mais en vain, souligne notre interlocuteur, la situation n’a pas changé.

Ce qui a nourri la colère du personnel du centre d’oncologie Hassan II d’Oujda, le poussant à dénoncer leur chef de service, est le fait que ce dernier « venait une semaine sur deux. Pendant la semaine où il s’absentait, le personnel était confronté à différentes problématiques qu’il ne pouvait pas gérer puisqu’elles nécessitent la présence du chef de service. Pour s’y faire, ils ont instauré un système d’astreinte et plusieurs méthodes de travail lors de la semaine où il était absent, mais une fois sur place, il ne faisait que bousculer les mécanismes instaurés pour masquer ses absences et laisser des traces de son passage», explique notre source.

L’article publié par la rédaction de Hespress Fr a permis de faire bouger les choses. D’après notre source, le ministère de la Santé a adressé, peu de temps après, une correspondance au directeur du CHU Mohamed VI d’Oujda, demandant des explications.

Mais pas que ! Le groupe parlementaire du Parti de la justice et du développement (PJD) a adressé une question écrite au département de Said Amzazi et une autre à celui de Anass Doukkali, demandant des éclaircissements quant aux « dommages engendrés par l’absence d’un professeur à la faculté de médecine d’Oujda de son poste de chef de service au centre d’oncologie Hassan II, affilié au centre hospitalier universitaire Mohamed VI » peut-on lire dans la note signée par Abdellah Hamal et Mimouna Aftati.

L’article de Hespress Fr, qui a été largement partagé sur les réseaux sociaux, a également poussé quelques malades atteints de cancer à réagir. Il s’agit de Smail Hammiche, un jeune homme de 19 ans qui souffre d’un cancer rare et qui est suivi sur sa page Facebook par 15.000 personnes, qui a dénoncé dans un commentaire la crise que connait le centre. « Toujours de la souffrance dans ce centre qui se trouve dans la région Oriental. Que Dieu nous vienne en aide», peut-on lire dans son commentaire.

Face à cette situation, le personnel et les patients du centre d’oncologie Hassan II d’Oujda, demandent aux autorités compétentes de réagir dans l’urgence pour remédier à cette situation, souligne notre source, puisque ce centre d’oncologie est le seul qui se trouve dans la région de l’Oriental qui compte un grand nombre de malades atteints de cancer.

Pour conclure, notre source est revenue sur un point « très important » car estime-t-elle,«si les autorités ne règlent pas cette situation dans les meilleurs délais, cela incitera d’autres chefs de service, que ce soit au sein du centre d’oncologie d’Oujda ou ailleurs, à faire de même en toute impunité ».

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