Hirak: Deux activistes rifains demandent l’asile politique en Espagne

12 Juin 2019 à 18:25 Société
Hirak: Deux activistes rifains demandent l’asile politique en Espagne

Bien avant le début des vacances d’été, la « saison de migration vers le nord » a commencé dans le Rif. Selon des sources de Hespress à Al Hoceima, deux activistes du Hirak local ont décidé de rejoindre illégalement l’Espagne par voie maritime, sachant le pays accorde l’asile politique aux personnes étrangères justifiant des « arrestations et poursuites » d’ordre sécuritaire en raison de leur activisme politique.  

Les immigrés marocains déclarant être porteurs d’une orientation politique engagent une procédure d’asile sur le territoire ibérique en remplissant un formulaire présenté par la police espagnole, ce qui les protège légalement et ne permet pas leur expulsion. Pour ce faire, ils doivent fournir des preuves justifiant leur démarche chez n’importe quel poste de police en Espagne.

Selon les mêmes sources, ces deux jeunes activistes du Hirak, originaires d’Al Hoceima qui animaient des manifestations pacifiques dans le Rif, sont arrivés illégalement en Espagne avant de lancer dans des procédures d’asile politique. Un moyen pour eux de se soustraire de l’accord de coopération judiciaire entre les deux royaumes, et qui prévoit le rapatriement des Marocains arrivant illégalement en Espagne.

« Les pays européens ont répondu à beaucoup de ces demandes, mais ce qui a été enregistré à cet égard, c’est qu’ils continuent de traiter cette question avec une grande sensibilité », témoigne le militant des droits de l’Homme à Al Hoceima Ilyas Moussaoui, pour qui « cela est dû aux relations enchevêtrés qui lient Madrid à Rabat, à savoir que le Maroc tente d’alléger la lourdeur de ce dossier ».

Ilyas Moussaoui explique que depuis 2017, la saison estivale dans le Rif est marquée par le départ de nombreux jeunes candidats à l’immigration clandestine vers l’Europe. « Les connaisseurs des phases de transition marine savent très bien que la période présentant le moins de dangers pour atteindre l’autre bord de la Méditerranée se situe entre début août et fin septembre ».

Le militant des droits de l’Homme attribue le nombre élevé de demandes d’asile dans les pays européens à la vague de migrants clandestins qui continue de s’abattre sur les côtes espagnoles. « Certains d’entre eux, en particulier ceux qui militaient dans le cadre du Hirak du Rif, y compris les détenus libérés, procèdent à la demande d’obtention du statut de réfugié, ce qui leur permet de bénéficier des avantages liés à ce statut ».

Ilyas Moussaoui souligne en fin que « les demandes d’obtention des nationalités des pays européens d’accueil connait une augmentation constante ».

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