Soudan: Un léger apaisement de la crise depuis la médiation éthiopienne

12 Juin 2019 à 13:46 Monde
Soudan: Un léger apaisement de la crise depuis la médiation éthiopienne

Le calme reprend petit à petit au Soudan, mercredi 12 juin, après l’annonce de la reprise du dialogue entre le Conseil militaire et les leaders du mouvement de contestation. Mais une enquête onusienne sur les violences commises contre les civils pourrait être ouverte contre les militaires.

Dans les rues de la capitale soudanaise, Khartoum, le vent de la répression avait l’air de s’être calmé mercredi après la réussite de la médiation éthiopienne venue vendredi pour tenter de remettre à la même table de négociations, les chefs militaires et les chefs de la contestation civile.

Les militaires ont consenti à libérer tous les prisonniers détenus dans cette crise. « Dans un geste de bonne volonté, accepté de libérer tous les détenus politiques », a indiqué Mahmoud Drir, le représentant du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed.

Néanmoins, les rues n’étaient pas si animées que d’habitude à Khartoum, malgré la réouverture de certains commerces et la reprise des transports publics, nombreux sont ceux qui ont préféré rester cloîtrés chez eux de peur de la répression. Car, depuis l’évacuation forcée des manifestants observant un sit-in devant le QG de l’armée, les forces de l’ordre lourdement armées ont investi les villes effrayant les citoyens.

Alors que la trêve a été observée après la médiation éthiopienne mettant fin également à la désobéissance civile à laquelle le mouvement de contestation a appelé au lendemain de la répression sanglante des paramilitaires, le climat reste tendu dans le pays où les citoyens observent avec méfiance les prochaines réactions des chefs de l’armée.

Mercredi, un groupe d’experts des Nations Unies, a demandé une enquête sur les violences ayant eu lieu devant le QG de l’armée le 3 juin notamment. Dans un communiqué conjoint, cinq experts onusiens ont déclaré que « compte tenu de l’ampleur et de la gravité des violations des droits humains signalées et de la nécessité d’agir rapidement pour empêcher une nouvelle escalade, nous demandons au Conseil des droits de l’Homme d’ouvrir une enquête indépendante sur les violations (…) au Soudan ». Cette enquête doit toujours être validée par la majorité des 47 Etats membres du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, dont la prochaine session ouvre le 24 juin à Genève.

Pour rappel, après la tuerie qui endeuillé le Soudan lundi dernier, les chefs de la contestation, les membres de l’ALC, ont appelé à une désobéissance civile nationale. Depuis trois jours, la plupart des villes soudanaises sont « villes mortes » pour faire pression sur les militaires avec qui le dialogue a été rompu le 20 mai à cause de leur refus de céder le pouvoir au civils.

Hong Kong: La police lance des gaz lacrymogènes vers les foules