Épreuves du BAC: Une première journée calme, les parents plus stressés que leurs enfants

11 Juin 2019 à 17:15 Education
Épreuves du BAC: Une première journée calme, les parents plus stressés que leurs enfants

C’est ce mardi 11 juin qu’ont démarré les épreuves du baccalauréat dans les différents lycées du Royaume et qui prendront fin le vendredi 14 juin. Quelque 441.000 candidats ont passé les examens au titre de cette première session de Juin 2019, soit une hausse de 0.3% par rapport à l’année précédente (440.000 candidats). À Rabat, l’ambiance était plutôt calme. Mais les parents avaient l’air plus stressés que leurs enfants.

Devant un lycée de la capitale, un climat pesant régnait. Plusieurs parents étaient sur leurs nerfs, attendant impatiemment la sortie de leurs enfants pour savoir comment s’est déroulée cette première journée d’examen du bac tant attendu.

« Depuis le début de cette année scolaire, je stresse quotidiennement au côté de ma fille. Elle avait des problèmes de digestion, elle piquait des crises de stress, elle pleurait des fois seule dans son coin. Je ne savais plus quoi faire. J’espère seulement qu’elle passera cette première journée dans de bonnes conditions et que les surveillants seront gentils. Ils restent des enfants. Cela l’apaisera pour poursuivre ses épreuves sereinement », a déclaré au Micro de Hespress Fr, une maman qui attendait sa fille à la porte du lycée.

Pour une autre maman, c’est les « élèves paresseux et tricheurs qui mettent mal à l’aise les bons élèves ». Au micro de Hespress Fr, cette maman « stressée » a affirmé que son fils qui passe l’épreuve de la comptabilité « a bien préparé ses cours. Mais les tricheurs perturbent les élèves qui ont bossé dur pendant toute l’année, puisque les fraudeurs se retrouvent avec une bonne note, meilleure que celle de celui qui a bien révisé ses cours, et cela joue sur le moral des étudiants », a-t-elle souligné.

Quant aux papas, ils retiennent leur souffle et estiment que « les jeunes d’aujourd’hui doivent s’estimer heureux ». Selon le père d’une élève en science économie, « cette nouvelle génération possède tous les outils nécessaires pour réussir les épreuves. La documentation, les smartphones, Google … ». Des outils dont il ne disposait pas à son époque, ajoute-t-il.

« Jadis, quand on passait les épreuves de baccalauréat, on devait attendre les journaux jusqu’à minuit pour avoir le programme des examens. Mes parents ne connaissaient même pas la date de mes épreuves. Ce qui montre à quel point les temps ont changé et les jeunes d’aujourd’hui doivent s’estimer heureux d’avoir, tous d’abord des parents qui les soutiennent et aussi tous les moyens nécessaires pour apprendre correctement leurs cours et obtenir de bons résultats sans avoir recours à la triche », a-t-il expliqué.

Pour les étudiants scientifiques qui ont passé lors de cette matinée de mardi 11 juin l’épreuve de physique, les avis étaient divers quant aux conditions de surveillance et le degré de difficulté de l’examen.

En effet, quelques élèves ont déclaré à Hespress Fr, avoir bien passé cette première épreuve de physique soulignant que les surveillants étaient « gentils » et «compréhensifs». Pour d’autres, l’examen était « difficile » et « il n’y avait pas moyen de tricher ».

Pour les candidats en économie qui ont passé ce mardi 11 juin la matière de comptabilité générale, quelques-uns ont trouvé que l’épreuve était « facile » et « il n’ y avait aucun accrochage avec les surveillants», tandis que d’autres se plaignaient de l’ambiance stricte et sévère des surveillants, ce qui les a «empêchés de se concentrer».

Il est à noter que le ministère de l’Éducation nationale ainsi que les services de police ont mis en place plusieurs mécanismes pour stopper toutes tentative de triche ou la fuite des examens ainsi que l’identification des coupables et leur interpellation. Des campagnes de sensibilisation provinciales, régionales et nationales ont également été initiées avec la participation de l’ensemble des intervenants pédagogiques et des médias en vue d’informer les candidats des conséquences de ces actes et les encourager à adhérer aux valeurs de la transparence et de l’égalité des chances.

En effet, pour cette session de juin 2019, chaque candidat au baccalauréat, scolarisé ou libre, a été appelé à présenter un engagement dûment signé et légalisé, attestant qu’il a eu connaissance des lois et décisions en relation avec la fraude lors des examens et des sanctions pédagogiques et répressives en vigueur.

Des comités de veille et de suivi ont également vu le jour aux niveaux provincial, régional et national, à l’instar des années précédentes, dans le but d’assurer le suivi des procédures d’examen, de publier les données y afférentes et de favoriser, le cas échéant, une intervention immédiate.

Les chiffres officiels  de la session de juin 2019

Le ministère de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a annoncé que le nombre de candidats scolarisés au titre de l’année 2019 a atteint un total de 332.298, alors que celui des candidats libres s’élève à 108.767, soit 25% de l’effectif global des candidats précisant que les candidates représentent 48%.

Par pôles de branches, le ministère souligne que les candidats des filières scientifiques et techniques sont au nombre de 244.776, soit 64%, et ceux des filières littéraires et originelles totalisent 187.383. Le nombre des candidats dans les filières internationales (option français et anglais) est passé à 24.979, contre 18.326 l’année écoulée, soit une hausse de 36%.

En ce qui concerne le nombre des candidats au baccalauréat professionnel, il a presque quadruplé par rapport à la session de 2018 pour se situer à 8.178, contre 2.115 ajoutes le département de Said Amzazi. Ils sont répartis sur 19 filières, dont le pôle professionnel commercial où le nombre de candidats à enregistré une évolution importante (3.542 contre 574 l’année dernière). Il s’agit également du pôle professionnel industriel avec 3.927 candidats (1.394 l’année dernière), enregistrant une progression d’environ 282%. Le pôle professionnel des services est passé, lui, de 147 candidats en 2018 à 709 cette année.

Parmi les nouveautés de cette année figure la première promotion de candidats libres à passer l’examen national normalisé du baccalauréat professionnel, dont le nombre s’élève à 729 candidats.

Le nombre de candidats en situation de handicap qui bénéficieront des procédures d’adaptation des examens a dépassé les 400, contre 242 l’année précédente, soit une hausse de 65%. Cette session de juin 2019 a été marquée par la généralisation des procédures d’adaptation des examens dans 13 branches, contre neuf l’an dernier.

En outre, il sera procédé à l’adaptation des procédures d’examen pour les candidats issus d’autres systèmes éducatifs, tels que les enfants d’immigrés marocains de retour au pays ou les enfants d’immigrés installés au Maroc. Au niveau des académies régionales d’éducation et de formation (AREF), 1.500 centres d’examen et 350 centres de correction sont affectés dans les différentes directions provinciales.

Les résultats de la session ordinaire du baccalauréat seront annoncés le 26 juin, alors que la session de rattrapage se tiendra les 4, 5, 6 et 8 juillet 2019, avec affichage des résultats le 13 du même mois. Rappelons que l’examen régional normalisé de la première année du baccalauréat et l’examen régional pour les candidats libres se sont déroulés les 8 et 10 juin.

Épreuves du BAC: Une première journée calme, les parents plus stressés que leurs enfants