Lahcen Daoudi aux pétroliers: « Nous vous devons un an de plafonnement »

11 Juin 2019 à 13:45 Gouvernement
Lahcen Daoudi aux pétroliers: « Nous vous devons un an de plafonnement »

Au cours de la séance des questions orales à la première Chambre ce lundi 10 mai, le ministre chargé des Affaires générales et de la Gouvernance, Lahcen Daoudi, a répondu aux questions concernant le plafonnement des prix des hydrocarbures, prévu par le gouvernement depuis fin 2018. Il assure notamment que la mise en place des mécanismes permettant d’appliquer cette décision suit toujours son cours. 

« Les prix sont déterminés sur le marché mondial, ce que nous pouvons contrôler dans un cadre étroit est la marge de bénéfice des sociétés pétrolières sur un an, fait savoir Lahcen Daoudi, notant que si le baril atteint les 100 dollars, le gouvernement devra prendre des mesures et c’est bien ce qui est en train de se passer ».

S’agissant des solutions envisageables, le ministre précise que « quelles que soient les mesures prises, ce sera sur les comptes de l’Etat car il faut bien que quelqu’un paye le prix. Soit c’est le consommateur final soit c’est la caisse publique à travers les impôts collectés en passant par ce même consommateur final ».

Le responsable gouvernemental reconnaît que le Maroc rencontre des problèmes liés à la volatilité des prix qui a atteint des pics jusque là inégalés. « Aujourd’hui, le prix du baril est au dessous de 63 dollars et nous espérons des baisses en fin de mois, mais c’est au-delà de nos capacités » souligne-t-il.

S’agissant de la solution envisagée de plafonner les prix, Lahcen Daoudi rétorque: « Chacun est libre de politiser le dossier qu’il veut. Le gouvernement a des promesses vis-à-vis des citoyens qui est le dernier juge. Il y a une planification et une prise en considération des grandes orientations mondiales avant de devoir plafonner. Les assurances auxquelles nous souscrivons sont en fonction du prix à l’échelle mondiale, ce qui demande du temps ». Le ministre a insisté sur le caractère inévitable du plafonnement des prix. Puis en s’adressant aux pétroliers, le ministre conclue en déclarant: nous vous devons un an !

Veille sur les prix 

L’intervention de Lahcen Daoudi donnait suite à une question posée par la député PJD, Loubna El Kahli sur la hausse des prix des hydrocarbures à l’échelle internationale et son impact sur le marché intérieur. « Cela qui créé un état d’incertitude chez le consommateur marocain », indique l’élu en déclarant « estimer les efforts du gouvernement » pour le renforcement de la compétitivité du secteur ».

« Mais à coté de l’Etat et des citoyens, il y a les entreprises auxquelles nous avons apporté un ensemble de recommandations dans le cadre de la mission d’information sur les hydrocarbures », souligne la députée qui en évoque deux en particulier.

Il s’agit, selon Loubna El Kahli de »mettre un terme aux situations de concentration et de monopole auxquelles certaines d’entre elles se livrent en passant du domaine de la production à celle de la distribution de détail », et d »ouvrir la portes à d’autres entreprises en les encourageant à investir dans le domaine du stockage ».

Toujours dans le cadre de la lutte contre les situations de concentration et de monopole, la députée propose « que l’Etat se dote d’un Observatoire national pour le suivi des prix des hydrocarbures aussi bien dans le marché interne que mondial. Le troisième point évoquée étant celui du plafonnement des prix à la pompe, prévu par le gouvernement depuis décembre 2018, mais toujours en attente d’exécution.

« C’est un sujet qui a été politisé d’une façon houleuse mais nous savons que le gouvernement consenti des efforts énormes avec ces entreprises pour arriver à un engagement. Il faut que cela soit visible pour l’opinion publique », commente-t-elle.

De son coté, le président du groupe socialiste (USFP), Amam Chokran, a déclaré que la hausse des prix menace la stabilité sociale. « Que l’on dépasse la barrière des 100 dollars ou pas, a estimé le député, l’Etat doit jouer son rôle de protecteur, et s’il faut traiter cette question comme si c’était une catastrophe naturelle il doit le faire, ne serait-ce que par le biais de subventions pour que le citoyen ne se trouve pas esseulé devant une hausse qui finit par toucher tous les domaines d’activité, notamment les denrées alimentaires ».

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