L’invraissemblable histoire d’un député PJD soupçonné de fraude au bac

11 Juin 2019 à 08:25 Parlement
L’invraissemblable histoire d’un député PJD soupçonné de fraude au bac

Député PJD de Ghafsaï (province de Taounate), Noureddine Kchibel a défrayé la chronique en se faisant confisquer ses trois téléphones portables en plein examen de langue française pour le compte du baccalauréat régional, ce samedi 8 juin. Son parti a ouvert, ce lundi, une enquête indépendante sur l’incident en prévoyant, en cas de preuves, des sanctions pour le candidat pour l’obtention d’un bac libre au lycée Al Irfane de Rabat.

Représentant du PJD à la première Chambre, Noureddine Kchibel est aujourd’hui dans l’œil du cyclone. Alors que la loi sur l’examen du baccalauréat, récemment promulguée, stipule que « la possession ou l’utilisation par un candidat de machines ou de moyens électroniques, quel que soit leur type, sont considérés comme des fraudes », l’homme d’affaires propriétaire d’une entreprise de télécommunications, d’énergie et d’éclairage public ayant plusieurs projets au Maroc et en Afrique, risque gros.

Une affaire de portables

Une source parlementaire proche de l’élu de Ghafsaï a confié à Hespress FR qu’en pleine passation de l’examen de langue française, « le directeur du lycée, aux cotés de l’un des surveillants de la salle d’examen, s’est approché de Noureddine Kchibel en lui demandant de se lever pour être fouillé ».

Lui retirant trois téléphones portables de ses poches, le directeur de l’établissement aurait, selon nos sources, invité le député de à l’accompagner à son bureau pour s’assurer de son identité. « Deux de ses téléphones étaient éteints alors que le troisième était en mode silencieux », rapporte notre interlocuteur, expliquant que « par inadvertance et en raison de ses responsabilités professionnelles et représentatives, ils les avaient oubliés dans ses poches ».

Alors qu’aucun PV n’a été rédigé suite à cet événement selon notre source, le député serait toujours en attente d’un contact du directeur de l’Académie régionale de Rabat.

Un élu soupçonné 

Soupçonnant un complot dont il serait victime, le député présent ce lundi à l’hémicycle a tenu à rassurer ses collègues du groupe parlementaire PJD de son innocence. « Nous parlons d’un entrepreneur connu au Maroc et en Afrique. Il sait très bien qu’une accusation de ce genre entachera gravement sa réputation », estime notre source, évoquant un différend qui a eu lieu à la veille des élections législatives d’octobre 2016. Avant de se porter candidat du PJD à Ghafsaï, Noureddine Kchibel aurait été prédestiné à défendre les couleurs du rival RNI.

De son côté, le PJD a confirmé ce lundi, sur la base des éclaircissements préliminaires apportés au sujet et après consultation de son président de groupe à Chambre des représentants, que sa Commission de l’intégrité et de la transparence « a décidé d’ouvrir une enquête en prévoyant la sanction appropriée en cas de preuves ».

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