Niveau de scolarité des parlementaires: Le PJD refuse de commenter

10 Juin 2019 à 15:31 Politique
Niveau de scolarité des parlementaires: Le PJD refuse de commenter

La question du niveau d’instruction des élus a une nouvelle fois été soulevée quand un député PDJ de la province de Taounate, Noureddine Kchibel a été pris en possession de trois téléphones alors qu’il passait dans une classe de collège à Rabat l’épreuve du français comptant pour l’examen régional de la première année du baccalauréat. Sollicité par Hespress FR, le parti de la Lampe s’est refusé à tout commentaire.

Cet incident remet sur la table la question du niveau d’instruction des élus qui n’ont pas encore eu leur Baccalauréat. Au sein du parlement, ils passent de longues années de mandat sans la moindre contribution concrète ni aux débats, ni aux propositions de lois.

Le président de la Chambre des représentants, Habib El Malki avait divulgué, lors de la clôture de la session printanière 2017, que 20% des 395 représentants de la Nation sont allés au lycée, mais n’ont pas eu leur Baccalauréat, 5% ont juste un CEP, alors que 2% d’entre eux n’ont jamais fréquenté les bancs de l’école.

Ce sont les députés élus dans de petites communes, notamment rurales, qui forment le gros du bataillon des représentants sans niveau d’études supérieures, contrairement aux élus nationaux ou des grands centres urbains qui forment quasiment les 74% des députés ayant un diplôme supérieur.

Pour ce qui est des conseils communaux, un rapport du ministère de l’Intérieur intitulé «Décentralisation en chiffres 2014-2015», publié via le portail national des collectivités territoriales, affirme que sur les 30.663 conseillers communaux que compte le pays, quelque 4.739 n’ont jamais mis le pied dans une école, au moment où 8.792 d’entre eux n’ont jamais dépassé le stade de l’école primaire.

Le même document indique que le nombre des conseillers communaux n’exerçant aucune profession est de 1.548. Les fonctionnaires, les agriculteurs et les enseignants viennent en tête des professions présentes au niveau des 1.503 communes que compte le pays. Il souligne que seulement 6.513 femmes occupent la fonction de conseiller communal contre 24.150 hommes.

Chez les conseillers préfectoraux, au nombre de 1.363, 53 personnes n’ont aucun niveau scolaire, alors que 211 ont un niveau ne dépassant pas celui du primaire. Toutefois, plus de 637 d’entre eux ont suivi une formation supérieure.

S’agissant des conseillers régionaux, sur un total de 678, 460 ont un niveau d’instruction supérieur alors que 44 ont quitté l’école dès le primaire et 7 n’y ont jamais mis le pied.

Pour rappel, le prévenu a été convoqué, lundi, par le parquet général de Rabat où il devait s’expliquer sur sa violation des dispositions des examens au baccalauréat inscrits dans la loi n°02-13 présentée par le gouvernement Benkirane II et entrée en vigueur en septembre 2016. Selon cette loi, les téléphones sont interdits dans les salles d’examen car ils pourraient être utilisés pour tricher.

Le parlementaire a nié les faits, précisant qu’il a «oublié les trois appareils dans ses poches». Il se dit par ailleurs «prêt à soumettre les téléphones à une expertise de la police scientifique», jurant qu’il ne s’agit en aucun cas d’une volonté de sa part de tricher mais «juste d’un oubli et rien d’autres».

Contacté par Hespress FR, le président du groupe parlementaire du PJD à la Chambre des représentants, Driss El Azami El Idrissi, n’a pas souhaité donner de suite à notre appel.

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