Libra: La monnaie virtuelle de Facebook va-t-elle révolutionner le monde?

11 Juin 2019 à 10:31 Economie
Libra: La monnaie virtuelle de Facebook va-t-elle révolutionner le monde?

Facebook pourrait bien devenir le premier pays virtuel du monde dans les années à venir. La vision de Mark Zuckerberg, dans ce sens, est en train de se concrétiser petit à petit, surtout que l’on commence à parler d’un déploiement imminent de la cryptomonnaie du réseau social.

Zuckerberg n’a jamais caché son envie de voir le monde entier réuni au sein de Facebook. Pour ce faire, «The Zuck» a multiplié les acquisitions et le développement de services, touchant à différents besoins des utilisateurs de sa plateforme, ces dernières années.

Commerce, publicité, alimentation, voyages, etc., sont parmi les services que Facebook propose actuellement, avec l’objectif d’étendre la liste selon la demande. Facebook aspire à remplacer Google sur le long terme, de façon à ne plus quitter le réseau social et d’y satisfaire la totalité de ses besoins.

Dans ce sens, il n’est que chose logique de développer une monnaie propre par la plateforme, qui puisse être utilisée dans l’univers de Zuckerberg. Longtemps évoquée sous le nom de code «Libra», la monnaie virtuelle de Zuckerberg était en développement depuis 2018 par une équipe recrutée à l’époque à cet effet.

Le réseau social s’était, en effet, intéressé au potentiel des cryptomonnaies et de la blockchain en 2017, avant que les choses ne deviennent sérieuses une année après.

Alors que l’on parlait initialement d’un lancement en 2020, il semblerait que le lancement de Libra devrait se faire courant juin, selon les informations de The Information.

Selon Laura McCracken, une dirigeante à la tête du département des finances et des partenariats pour les paiements au sein du réseau social pour l’Europe du Nord, la monnaie virtuelle sera lancée le 18 juin prochain, et qu’elle sera indexée sur plusieurs monnaies afin d’éviter les fluctuations du marché.

Un lancement imminent 

Facebook s’apprêterait donc à dévoiler un livre blanc détaillant l’ensemble des informations relatives à la monnaie virtuelle.
De plus, il semble que Facebook serait en train de travailler sur le déploiement guichets pour sa monnaie, à l’image de ce qui se fait pour les banques traditionnelles. Cela voudrait dire que Facebook aura, en plus d’une monnaie virtuelle, de l’argent à son image, dont la valeur ne dépend pas seulement du dollar, puisqu’il sera aligné sur d’autres devises.

Cela dit, Facebook ne devrait pas proposer des billets ou des pièces de monnaie, mais des jetons, qui peuvent être échangés auprès des banques et utilisés comme moyen de paiement au sein de certains établissements partenaires.

L’objectif derrière le déploiement d’une telle solution est de taille, puisque cela permettra la réalisation d’opérations commerciales un peu partout à travers le monde.

En effet, la monnaie garde la même valeur, peu importe où l’on se trouve. De plus, il est facile d’avoir accès à ses ressources sans avoir à subir de frais supplémentaires. Du côté des commerçants, cette initiative offrirait une traçabilité complète, ainsi qu’une sécurité poussée des transactions effectuées.

Facebook a tout à gagner en déployant sa monnaie, puisque l’on parle d’un marché de 2,3 milliards d’utilisateurs potentiels dans le monde. Que ce soit sur Facebook, Messenger, Whatsapp, etc., Libra devrait donc réunir tout ce monde, en facilitant les échanges d’utilisateur à utilisateur, les achats en ligne, convertir ses jetons en argent réel, etc., et ce, sans tiers bancaire au milieu.

Une monnaie pour tous

La vision de Zuckerberg d’un «monde uni» pourrait bien voir le jour, dans la mesure où le déploiement de cette monnaie virtuelle ne se limiterait pas seulement aux grandes puissances économiques.

En effet, The Zuck taclerait à inclure les économies en développement, surtout certains pays du continent africain, sujets à des conflits et une instabilité politique. Cette situation fait que lesdits pays connaissent une instabilité de leurs monnaies, qui peuvent devenir sans valeur du jour au lendemain.

Ainsi, en adoptant une cryptomonnaie, ce risque devient moindre, puisqu’elle n’est pas contrôlée par un quelconque État, et donc, ne subit pas de fluctuation.

De plus, le marché africain affiche un fort potentiel pour ce type de monnaie, car le mobile y avance avec une forte dynamique. Cela est dû à la facilité d’accès aux équipements mobiles, mais aussi, car l’anglais est fortement parlé dans ces régions, ce qui lève la barrière de la complexité d’utilisation.

Libra se voudrait donc comme une monnaie offrant plusieurs avantages économiques, notamment la stabilité, la compétitivité et l’accessibilité sur les marchés où elle est adoptée.

Le revers de la médaille

Jusqu’à présent, il semble que Libra n’offre que des avantages, cela pourrait bien être le cas, mais il y a toujours un risque.
En effet, ce type de monnaie dérange surtout les États, car ils n’ont aucun contrôle dessus. De plus, Facebook dérange pour ce qui est de la protection des données personnelles de ses utilisateurs.

En effet, le réseau social a été au cœur de plusieurs polémiques concernant la vente desdites données à des entreprises spécialisées dans la publicité ciblée, en plus de simples scandales de fuites d’informations sensibles, notamment les adresses, numéros de téléphones, mails, etc.

Ainsi, la question de l’étendue du «pouvoir» de Facebook dans le quotidien reviendrait une fois de plus au-devant de la scène. En investissant le domaine de la monétique, le réseau social s’imposerait en tant que «concurrent» potentiel du système bancaire traditionnel, sujet à plusieurs restrictions, mais surtout à des frais qui pèsent surtout sur le client et qui constituent sa source de bénéfices.

Cela dit, s’aventurer dans le domaine de la monétique est une aventure à plusieurs inconnus pour le réseau social, qui offre bien des avantages à certains, mais qui devrait déplaire au système traditionnel.

Facebook devrait donc s’approfondir encore sur la question du lancement d’une monnaie qui lui est propre, car cela risquerait de plomber son activité, dans la mesure où le réseau social perdrait plus s’il cherchait à «s’imposer» aux utilisateurs, en centralisant son univers à travers Libra, à travers une restriction de l’accès à ses services.

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