Voici comment les étudiants étrangers passent le Ramadan à la cité internationale de Rabat

11 Mai 2019 à 12:45 Société
Voici comment les étudiants étrangers passent le Ramadan à la cité internationale de Rabat

A la cité universitaire internationale de Rabat règne une ambiance de renforcement des liens de solidarité, d’amitié et d’entraide entre les étudiants et stagiaires africains et autres étrangers vivant au Maroc. Originaires de plus de 80 pays frères et amis, ces étudiants et étudiantes passent le Ramadan en appréciant la culture, les traditions et les mets marocains. Reportage.

C’est l’heure de la rupture du jeûne, un étudiant se porte volontaire pour prononcer l’appel à la prière du « maghrib », qui, durant le mois du Ramadan, résonne d’une façon particulière. Surtout après une journée de jeûne qui s’étale sur plus de 15 heures que ces jeûneurs ont passé entre leurs études ou stages et la préparation des examens de fin de semestre.

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Mohammed, l’étudiant sénégalais, qui vient de prononcer « Al Adhan », se précipite dans la foule pour s’aligner derrière l’Imam, lui aussi étudiant.

«Il n’y a pas de temps à perdre», dit Mohammed à Hespress FR. Et d’ajouter: « Notre prophète Sidna Mohammed nous a conseillé de rompre le jeûne le plus rapidement possible après l’appel à la prière ».

Cet étudiant de droit est très attaché à la religion musulmane. Il affirme être content d’avoir eu la chance de poursuivre ses études supérieures au Maroc. « Ce pays, africain, musulman et généreux », selon ses dires.

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A la fin de la prière, les étudiants issus de différentes nationalités se saluent en se dirigeant vers la salle des conférences de la cité universitaire internationale. Durant tout le mois de Ramadan, cette salle est transformée en un espace de restauration où l’administration propose un repas de rupture du jeûne pour les résidents de la cité.
La « harira » symbole de la gastronomie du Ramadan chez les familles marocaines, est accompagnée de « briouates », de « msemen », des oeufs, des dattes et du lait.

Un Ramadan plus facile

Azim, un ressortissant pakistanais qui vient de décrocher son doctorat après 10 années d’études dans les Facultés marocains, affirme que la différence des habitudes culinaires lui a posé des difficultés durant ses premiers mois au Maroc. Toutefois, l’accueil que lui a été réservé par ses amis marocains l’a aidé à dépasser ces difficultés et à s’adapter à ce nouveau mode de vie tout en gardant les traits de son identité pakistanaise. «Au début, c’était un peu difficile, mais avec le temps, je suis arrivé à m’habituer, surtout que la cuisine marocaine est délicieuse», explique-t-il  à Hespress FR.

Azim, tout comme plusieurs étudiants originaires de pays arabes ou africains, trouve le jeûne plus facile au Maroc. La raison est relative aux températures très élevées qui varie entre 40 et 50 degrés durant cette période de l’année dans les pays de la plupart des étudiants.

Mohammed, originaire du Tchad, affirme que depuis son arrivée au Maroc, le jeûne s’avère plus aisé pour lui. «C’est peut être l’atmosphère de la ville de Rabat, mais pas seulement, le Maroc est un pays généreux et les Marocains font preuve d’une hospitalité unique durant ce mois sacré», a déclaré l’étudiant tchadien à Hespress FR.

Une occasion de retrouvailles

Le Ramadan a un goût particulier qui varie d’un pays à l’autre, selon la différence des rituels et traditions sociétales. La gastronomie est l’un des aspects de cette disparité qui enrichit la culture musulmane.

«Malgré que nous aimons les plats marocains, nous n’arrivons pas à passer tout le Ramadan sans préparer l’un des délices avec lesquels nous avons grandi». Ce sont les mots de Tif, le jeune palestinien qui passe sa première année au Maroc.
Il ajoute: «Le Ramadan est aussi une occasion pour se réunir avec la famille et les proches, et tant qu’on est loin de nos familles nous nous réunissons, parfois, entre palestiniens afin de renforcer les liens entre notre communauté et notre pays d’origine».

Ces retrouvailles permettent aussi un échange d’expérience entre les nouveaux étudiants et les plus anciens, en ce qui concerne le choix du cursus universitaire à suivre, la préparation des examens et des astuces pour mieux apprendre la langue française que les nouveaux trouvent difficile et très compliquée.

Nous quittons Tif et la communauté palestinienne pour aller à la rencontre de Mohammed, venu de Gambie depuis 2 ans. Il dit que «c’est difficile de vivre loin de sa famille, mais c’est un mal nécessaire». Après la prière du Maghrib, Mohammed se dirige lui aussi à la salle de conférences. «C’est bien de se retrouver ici avec presque tous les résidents de la cité et de partager avec eux ces moments de joie». En effet, Mohammed semble savourer son «ftour» tout comme les autres étudiants, parce qu’ici, le repas du Ramadan n’est pas réservé aux seuls musulmans.

Le Ramadan pour tout le monde

À la cité internationale de Rabat, presque toutes les nationalités sont représentées, durant le mois sacré, les non-musulmans eux aussi ressentent l’impact du jeûne sur leurs camarades musulmans.  La richesse mystique de ce mois s’élargit pour affecter non seulement les musulmans, mais aussi d’autre qui ne le sont pas.

Jhislayne, une étudiante panaméenne confie à Hespress FR, avoir apprécié l’expérience de jeûner. «Cela a commencé sous une forme de solidarité avec mes amis musulmans, mais c’est, chaque année, une expérience formidable qui m’a vraiment touché».

L’étudiante en troisième année de médecine est chrétienne. Avant de venir il y a 3 année au Maroc, elle ne connaissait presque rien, ni sur l’islam ni sur le mois de Ramadan. Désormais, Jhislayne affirme adorer l’expérience du jeûne: «On me demande parfois pourquoi je jeûne alors que je ne suis pas forcée à le faire. Le jeûne est une expérience qui a changé la façon dont je vois les choses. C’est aussi une expérience que j’aime partager avec mes amis musulmans, et enfin, c’est bon pour ma santé, puisque ça me fait maigrir à chaque fois».

Entre les dimensions spirituelles et religieuses du Ramadan et son côté communautaire et sociale relatif aux aspects culturels qui traduisent d’une façon ou d’une autre une partie des enseignements de la religion Islamique, réside la dimension universelle que le mois sacré porte avec lui. Cette dimension traduit tous les messages de tolérance et d’empathie que l’islam enseigne à ses fidèles.

Khalid Boujamid- Hespress

Déclarations de Khadija Ryadi et Jean Paul Aujier