Facebook: Chris Hughes appelle les USA à scinder le réseau social en plusieurs compagnies

10 Mai 2019 à 13:57 Economie
Facebook: Chris Hughes appelle les USA à scinder le réseau social en plusieurs compagnies

Chris Hughes, cofondateur de Facebook, a appelé le gouvernement des États-Unis à séparer le réseau social en plusieurs sociétés. Pour Hughes, Facebook, Whatsapp et Instagram devraient être des entités à part entière, afin de ne pas nuire à l’innovation technologique et à la vie privée des utilisateurs.

La position de Hughes n’est pas bizarre, puisqu’il avait vendu ses actions au sein de la compagnie en 2012, justifiant cela par le monopole de Facebook sur la scène actuelle. « Il est temps de casse Facebook », tel est le message du cofondateur et colocataire de Mark Zuckerberg à l’époque où la plateforme sociale n’était encore qu’une idée à Harvard.

Hughes aspire à ce que Facebook, Instagram et Whatsapp soient séparés en des sociétés différentes, afin de limiter le pouvoir que détient la plateforme sociale actuellement. Cette situation fait, selon lui, que Facebook bloque l’innovation technologique, l’entrepreneuriat, mais constitue aussi un problème non négligeable pour la protection de la vie privée de ses utilisateurs.

Dans ce sens, il a indiqué dans une tribune au New York Times « imaginez un marché concurrentiel dans lequel les utilisateurs pourraient choisir parmi un réseau offrant des normes de confidentialité plus strictes, un autre payant, mais contenant peu de publicité, et un autre permettant aux utilisateurs de personnaliser et d’ajuster leurs flux à leur guise. Personne ne sait exactement ce que les concurrents de Facebook proposeraient pour se différencier. Et c’est exactement ça le problème».

Il est vrai que la position de Hughes est quelque part véridique, dans la mesure où il n’existe pas de réelle alternative à Facebook et son univers. Ce que les utilisateurs devraient savoir, c’est que si quelque chose est proposé gratuitement à l’heure du digital, ils sont la contrepartie que perçoit le «prestataire», en l’occurrence, leurs données personnelles.

Cette réalité est la «faute» des autorités américaines, selon Chris Hughes, qui indique que celles-ci auraient dû prendre des mesures pénalisantes quand la plateforme sociale a commencé à prendre de l’ampleur. «La plus grande erreur de la Federal Trade Agency (FTD) a été de permettre à Facebook d’acquérir Instagram et WhatsApp. En 2012, les nouvelles plates-formes commençaient à grignoter les parts de marché de Facebook, car elles avaient été conçues pour le smartphone, où Facebook avait encore du mal à s’engager. Mark a répondu en les achetant, et la FTC a approuvé. Aujourd’hui, Facebook tire la majorité de sa croissance actuelle de ces deux sociétés», indique celui qui a co-créé le réseau social.

Facebook profiterait d’une zone grise selon les dispositions de la FTC, du fait qu’il ne réalise pas de bénéfices du service en lui-même, mais via les publicités qu’il propose.

Cela dit, la concrétisation d’une éventuelle séparation de Facebook de ses acquisitions est une chose qui s’avère plus compliquée à faire qu’elle n’en a l’air. Scinder les entités devraient, dans le cas où cela est imposé par la justice, se faire par plusieurs étapes, mais surtout, sur plusieurs années. D’autant plus que Mark Zuckerberg n’est pas prêt à lâcher sa poule aux œufs d’or.

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