Affaire Tariq Ramadan: Mounia Rabbouj semble vouloir sauver l’islamologue

26 Avr 2019 à 12:20 Monde
Affaire Tariq Ramadan: Mounia Rabbouj semble vouloir sauver l’islamologue

C’est une sortie médiatique des plus surprenantes que vient de faire Mounia Rabbouj, troisième plaignante dans l’affaire de l’islamologue Tariq Ramadan, inculpé pour viol en France depuis presque deux ans. D’origine marocaine, Mounia surnommée « Marie » par la presse a déclaré que si Tariq Ramadan lui présentait des excuses, elle retirerait sa plainte.

La plaignante marocaine de 46 ans, dont le témoignage a été le plus décisif dans l’affaire Tariq Ramadan, a accordé une interview à GQ dans laquelle elle affirme: « S’il s’excusait, je pourrais retirer ma plainte ».
Une déclaration qui pourrait jouer en la faveur du théologien, malgré la plainte déposée par Henda Ayari (première plaignante) et Christelle, puisque Mounia avait apporté une preuve matérielle de sa relation sexuelle avec Ramadan, qui est une petite robe Zara entachée de sperme de ce dernier, le poussant à reconnaître avoir eu des relations extra-conjugales avec la Marocaine.

Toutefois, la plainte de Mounia n’a pas été suivie d’une mise en examen de Tariq ramadan, souligne le média français, contrairement aux plaintes de Henda Ayari et Christelle, puisque la défense du théologien a mis sur la table plusieurs SMS et vidéos échangés entre l’accusé et la Marocaine, qui date de quelques heures après « les viols présumés », où Mounia se disait « amoureuse ».

Selon le quotidien, Mounia Rabbouj ainsi que les deux autres plaignantes étaient sur écoute par la brigade criminelle. La Marocaine, dont la plainte n’a pas été prise au sérieux, avait écrit à son interlocuteur, le 8 septembre, qu’elle souhaitait « quitter cette affaire ».

Pour elle, c’est son ex-avocat, Maitre Francis Szpiner qui défend également Henda Ayari, qui a déformé ses déclarations en viols. « Je ne partais pas à la base pour plainte pour viol, et lui (Francis Szpiner) l’a transformé en viols » explique-t-elle à QG soulignant qu’elle a été « instrumentalisée » et qu’elle voulait «dénoncer des faits, lui, il voulait détruire un homme. Ce n’était pas ma démarche ».

Elle poursuit dans cette interview avec QG : « J’ai dit à Maitre Szpiner que je voulais dénoncer les violences que Tariq Ramadan m’a fait subir, mais petit à petit, après des heures dans son bureau, c’est devenu une plainte pour viol. Dès ma première audition chez la juge, je me suis sentie mal à l’aise, ce n’était pas mes mots ».

Pour l’ex-avocat de la Marocaine, « Mounia Rabbouj parlait de violences » et lui, ne faisait que lui expliquer que « c’était un viol ». Il poursuit : « c’est pour ça qu’elle a signé la plainte, on lui a offert le livre du psychiatre Roland Coutanceau sur l’emprise, pour qu’elle réalise ».

Mounia Rabbouj a donc été entendue par la juge Camille-Julia Guillermet en décembre dernier. Vu l’ampleur qu’a prise l’affaire Tariq Ramada, elle a expliqué à QG qu’elle a continué à « dénoncer les pressions qui viennent de tout le monde, c’est-à-dire autant de la défense que de la partie civile ».

Elle a donc changé d’avocat, pour trouver conseil chez Maitre Jérôme Goudard. Rabbouj souhaite aujourd’hui être « entendue à nouveau par la juge » confie-t-elle, puisqu’elle s’est fiancée et souhaite tourner la page.

« J’aimerais être confrontée à Tariq Ramadan. S’il s’excusait, je pourrais retirer ma plainte. Je veux qu’il admette qu’il m’a humiliée, que c’étaient ses jeux, pas les miens », a-t-elle insisté.

Rappelons que la Marocaine, Mounia Rabbouj est une habituée des affaires scandaleuses médiatisées, souligne QG. Dans l’affaire DSK, elle était déjà « Marie », l’une des deux prostituées venues soutenir l’accusation de proxénétisme contre DSK, relâché en 2015.

Celle qui avait tout déballé à l’époque, incriminant le patron de l’hôtel Carlton, son chargé de relations publiques, un avocat, un entrepreneur et DSK, a confié à QG qu’elle a été témoin dans cette affaire qui a fait couler l’ex-patron du FMI, puisque son nom apparaissait dans des écoutes entre deux protagonistes du dossier, soulignant que DSK savait bien pourquoi elle était présente à l’hôtel.

«Nous n’étions là que pour avoir des relations sexuelles avec lui et tout était fait pour que cela soit parfait pour lui », avait-elle balancé lors de ses auditions à l’époque.

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