Racines : Triste clap de fin avant la dissolution

25 Avr 2019 à 14:00 Justice
Racines : Triste clap de fin avant la dissolution

Dissoute par décision de la Cour d’appel de Casablanca, L’association Racines a organisé ce mercredi 24 avril sa dernière conférence de presse avant la cessation de toute activité. En présence de son avocat, le collectif associatif a passé en revue les différents aspects juridiques ayant conduit à la dissolution.

Dans un premier commentaire sur le verdict entérinant la décision de dissoudre Racines, son président Raymond Benhaim a déclaré que le pouvoir judiciaire n’a pas annulé cette décision, qu’il a qualifiée d’« inéquitable », malgré la présentation par l’association de divers éléments de preuve. Pour lui, cette affaire « prouve que la question de la liberté d’expression et d’association est toujours sujette à l’intimidation au Maroc ».

L’avocat Abdeslam Bahi se demande pour sa part « comment un assassinat judiciaire peut-il cibler les activités non criminelles d’une association dont les activités sont liées à la liberté d’expression ? ». Il a de ce fait rappelé comment l’affaire a débuté, à partir d’une plainte du gouverneur de la préfecture d’Anfa, par le biais d’un jugement initial dissolvant Racines et confisquant ses locaux, ainsi que le verdict de la Cour d’appel de Casablanca, entérinant cette décision.

S’appuyant sur l’Article 7 de la Loi sur les associations, qui a été adopté dans le jugement, l’avocat fait spécifiquement référence au déroulement des deux épisodes de l’émission 1 Dîner 2 cons, tournés dans les locaux de Racines. « Dans sa requête, le ministère public a demandé au tribunal de réexaminer l’épisode sur Youtube. Mais cet aperçu contient beaucoup de sous-estimations et d’erreurs que nous avons relevées dans le dossier », considère-t-il.

Abdeslam Bahi explique par conséquent que la décision de dissolution repose  sur le fait que « la loi constitutive de l’association indiquait que ses activités étaient axées sur la diversité et la richesse culturelle du Maroc, ce qui contredit le contenu de l’épisode intitulée « +Epopée des nihilistes+ ».

Il n’hésite pas à qualifier cette base juridique d’« absurde », l’incitant à exiger en phase d’appel une enquête à même de définir les liens entre Racines et l’émission sur Youtube. « C’est ce que le tribunal n’a pas approuvé », se désole-t-il.

Autre détail de ce procès, on apprend que « la Cour d’appel n’a pas tenu en compte le témoignage d’Amine Benghazi, un des deux animateurs de l’émission ». Demandé par la défense de Racines et présent au procès, il a soumis au tribunal un témoignage écrit affirmant qu’il a été derrière la production, le tournage et la publication de l’épisode « Epopée des nihilistes ».

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