Des kits de diagnostic de maladies low cost fabriqués au Maroc – Interview Abdelalim Moumen

30 Avr 2019 à 10:34 Santé
Des kits de diagnostic de maladies low cost fabriqués au Maroc – Interview Abdelalim Moumen

Il est le responsable de Moldiag, une Startup créée par la Fondation MAScIR pour valoriser les produits de R&D (Recherche et Développement) de leur centre de biotechnologie médicale. Abdelalim Moumen, chef de projet R&D en biotechnologie, livre à Hespress Fr les détails des derniers produits issus de la recherche du centre de la Fondation MAScIR.

L’équipe de R&D de la Fondation MAScIR a développé des kits de test pour pouvoir faire le diagnostic moléculaire de certaines maladies à l’exemple du cancer du sein, la leucémie, le cancer de la prostate, également des maladies infectieuses comme l’hépatite B et C ou encore la tuberculose. L’objectif, s’attaquer aux pathologies prédominantes au Maroc et en Afrique.

Quel est l’intérêt de créer la Startup Moldiag?

L’idée de la création de Moldiag nous est venue car la MAScIR est une Fondation à but non lucratif qui n’a pas le droit de faire ni de fabrication ni de commercialisation. C’est pour cela que nous avons créé Moldiag pour pouvoir avoir cette habilité. Nous sommes en train d’avoir les autorisations nécessaires pour pouvoir commencer à la fabrication et la commercialisation des kits qui sont déjà validés cliniquement.

Quels sont les kits que vous avez développés jusqu’ici? 

Nous avons un kit de diagnostic pour le cancer du sein qui pourra mesurer la quantité de la protéine HER2 pour pouvoir dire si la patiente va profiter d’un traitement spécifique au cancer du sein qui sur-exprime le HER2 ou non. Donc c’est un kit qui va permettre au médecin de dire si le traitement va être dans ce sens ou dans un autre.

L’autre kit, c’est celui de l’hépatite C qui permet la quantification de la charge virale. Une fois qu’une personne est infectée par l’hépatite C, il faut qu’on lui donne un médicament, il faut qu’on suive le traitement dans le temps. Ce traitement est suivi par un test que nous avons développé qui permet de mesurer la quantité du virus dans le sang. Et au fur et à mesure qu’il y a un traitement, on va savoir est-ce que cette quantité va diminuer dans le temps, c’est comme ça qu’on pourra arrêter le traitement au moment où le patient est guéri.

Ces deux kits là vont être fabriqués par la Startup Moldiag et nous sommes en train d’œuvrer pour avoir les autorisations nécessaires pour pouvoir les mettre sur le marché le plus vite possible.

Comment se passe le développement de ces kits?

Pour développer un kit il y a une étape de développement en laboratoire qui est suivie par une validation au niveau du laboratoire et après une validation clinique à l’extérieur avec des médecins, des oncologues, des laboratoires d’analyse comme l’Institut Pasteur.

Quelles validations avez-vous reçu jusqu’ici? 

Pour l’hépatite C, nous avons validé le kit avec l’Institut Pasteur du Maroc qui fait partie du ministère de la Santé, et qui fait partie du comité d’autorisation des tests qui sont importés de l’extérieur du Maroc. La plupart des tests utilisés au Maroc sont importés, il n’y a personne qui développe ces kits au niveau du Maroc et c’est pour ça qu’ils sont chers. Un test pour l’hépatite C coûte 1200 dirhams, donc nous cherchons à diminuer les prix pour qu’il y ait une meilleure accessibilité de ces tests.

Pour le cancer du sein, nous avons deux validations, l’une avec le CHU de Casablanca et l’INO, l’Institut national d’oncologie ici à Rabat, et nous avons aussi une validation à l’extérieur du Maroc avec un département d’anatomopathologie, les personnes qui vont utiliser ces kits à l’avenir. C’est un laboratoire de référence reconnu par la communauté européenne comme laboratoire validateur des tests nouveaux.

Nous sommes en train d’aménager un local pour la fabrication, qui doit être autorisé par le ministère de la Santé puisqu’il doit répondre aux exigences du ministère, notamment l’ISO13485 et il y a aussi l’autorisation du produit lui-même. Le produit devrait être autorisé vers la fin de l’année 2019 début 2020 et c’est comme cela que l’on pourra le mettre sur le marché par la suite.

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