MAScIR: Vers la commercialisation de kits de diagnostic du cancer 100% marocains

24 Avr 2019 à 19:14 Santé
MAScIR: Vers la commercialisation de kits de diagnostic du cancer 100% marocains

La Fondation MAScIR (Moroccan Foundation for Advanced Science Innovation and Research) a organisé, mercredi 24 avril, en collaboration avec l’Université Mohammed VI Polytechnique, une journée consacrée à la Recherche et développement (R&D)  en biotechnologies médicales au Maroc. Cette journée a été l’occasion de faire un état des lieux de la recherche et de présenter des projets innovants ayant pour objectif d’améliorer la phase d’analyse de certaines maladies prévalentes au Maroc.

Alors que le cancer est devenu l’une des pathologies les plus préoccupantes dans le Monde, au Maroc les publications scientifiques qui s’intéressent à l’oncologie ont connu un pic ces dernières années, estime Hassan Errihani, chef de département d’oncologie médicale à l’Institut national d’oncologie, qui explique que le cancer du sein (qui comptabilise 12.000 cas chaque année) et du poumon arrivent en tête des études menées dans le Royaume. Néanmoins le secteur, qui reste prometteur, demande encore du travail.

La R&D au Maroc

Crédits photo: Mouad Rhazi

Au Maroc les fonds publics accordés à la R&D représentent 0,4% du PIB marocain, ce qui équivaut à 1,4 milliard de dollars et qui place le pays en 3ème position en Afrique. A noter qu’une des spécificités du Maroc à l’inverse des autres pays c’est que les fonds consacrés à la recherche sont plus importants au niveau du public  qui représente 73%, tandis que seuls 27% proviennent du privé, selon Dr. Hassan Sefrioui, directeur médical au Centre de Biotechnologie de la MAScIR.

Avec ses 35.000 chercheurs, le Maroc peut se targuer d’importants moyens humains qui se consacrent à la recherche scientifique. Chaque année, plus de 2.000 brevets sont déposés à l’Office Marocain de la Propriété Intellectuelle et Commerciale (OMPIC) mais « malheureusement il y a des difficultés à exploiter ces brevets et aussi pour attirer des fonds », déplore Dr. Sefrioui qui estime « qu’il y a beaucoup de choses à faire au Maroc… La R&D est encore timide ».

Des kits de diagnostics 100% made in Morocco

Et c’est dans l’optique de répondre aux besoins marocains en termes de santé, que les projets de la MAScIR  se sont articulés autour des maladies les plus prévalentes au Maroc, notamment en termes d’oncologie. Ainsi, la Fondation a l’ambition de lancer sur le marché marocain des kits de diagnostics entièrement développés au Maroc.

Ces matériels, jusque-là importés de pays étrangers particulièrement de France, réduiront leur coût de 50% en les produisant sur place, ce qui les rendra plus abordables pour les patients. De plus, pour certaines pathologies, ces kits pourront également réduire le temps entre l’analyse et les résultats.

Ces kits de diagnostic 100% marocains auxquels ont pensé les chercheurs du MAScIR, ciblent des pathologies comme la leucémie de type LMC, le cancer du sein de type HER2 (le plus prévalant au Maroc), ainsi que des maladies infectieuses comme la tuberculose et l’hépatite C.

Alors que leurs kits de diagnostic et le centre de recherche ont été certifiés et récompensés aux niveaux national et international, il reste un important palier à passer, l’aval du ministère de la Santé pour pouvoir commercialiser ces produits au niveau national.

Pour ce faire, la Fondation MAScIR a créé une Startup nommée Moldiag, dont la mission sera de veiller à la commercialisation via des partenaires industriels, sur le marché marocain et africain.

Crédits photo: Mouad Rhazi

Le ministre de la Santé Anas Doukkali qui a pris part à cette journée scientifique, s’est dit particulièrement intéressé par ces kits de diagnostic « puisqu’il y a une convention qui lie ce centre au ministère de la Santé ».

« Nous sommes très intéressés par la re-dynamisation des dispositions de convention de telle manière à répondre aux besoins du ministère de la Santé et aux besoins des différents programmes » mis en place, notamment celui consacré à la prévention et à la lutte contre le Cancer, le programme national de lutte contre tuberculose et un prochain programme prévu pour 2019 consacré à la lutte contre l’hépatite C, a-t-il dit.

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