Sur les traces de deux femmes qui ont marqué l’histoire de la science

15 Avr 2019 à 08:07 Science
Sur les traces de deux femmes qui ont marqué l’histoire de la science

Les femmes scientifiques n’ont pas toujours été les bienvenues. Chassées au fil des ans, il a fallu réaliser un événement historique pour que les femmes commencent à se faire leurs premières places aux côtés des hommes dans le domaine de l’espace.

En 1969, une scientifique du nom de Margaret Hamilton est entrée dans l’histoire lorsque son code a permis aux hommes d’aller sur la lune. Margaret Hamilton est née Margaret Heafield à Paoli, une ville de l’État américain de l’Indiana. Quand plus tard, sa famille a déménagé au Michigan, là elle fréquenta l’Université du Michigan en 1955, pour après retourner en Indiana à l’université d’Earlham, où sa propre mère a étudié.

Après avoir obtenu son diplôme d’Earlham en 1958, Hamilton a appris la programmation au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et est devenue membre de l’équipe qui a mis au point le logiciel utilisé dans le programme spatial Apollo, plus précisément la mission Apollo 11. Pendant son séjour au MIT, Hamilton a inventé l’expression «génie logiciel» pour la distinguer de la mer des domaines de l’ingénierie. Bien que cela n’ait pas été pris au sérieux au début, le génie logiciel a pris un air de légitimité lorsqu’il a été utilisé pendant les missions Apollo.

La scientifique était en charge du logiciel en vol du vaisseau spatial Apollo. Son code permettait à l’ordinateur de bord du vaisseau spatial de résoudre tous les problèmes qu’il pouvait rencontrer en vol et de créer des méthodes pour les éviter. Une mission couronnée de succès et son code apprécié, elle n’avait que 32 ans au moment de l’atterrissage sur la lune.

Quelques années plus tard, Hamilton quitta la NASA et fonda Hamilton Technologies en 1986.

Son exploit avec la NASA lui permettra en 2016 de recevoir la médaille présidentielle de la liberté du président Barack Obama, une médaille qui représente la plus haute distinction du gouvernement accordée aux civils américains.

Sur les traces de Hamilton

On avance jusqu’à maintenant, quand à ce jour et à cette heure, un autre moment historique a été immortalisé. L’humanité a réussi à photographier un trou noir à 57 millions d’années-lumière. Et grâce à un programme complexe, EVENT HORIZON TELESCOPE, a pu prendre une photo du Sagittaire A, un trou noir super massif existant dans notre galaxie, une première dans l’histoire de l’Homme.

En réalité, une équipe de 200 scientifiques a été déployée afin de prendre la photo, mais l’algorithme derrière la photo a été créé, encore une fois, par l’esprit d’une femme brillante.

Katie Bouman, informaticienne de 29 ans, a dirigé le développement de l’algorithme permettant de créer une image à couper le souffle du trou noir.

Bouman, originaire de West Lafayette, est diplômée de l’école secondaire de premier cycle West Lafayette en 2007. Elle a effectué des recherches en imagerie auprès de professeurs de l’université de Purdue au lycée et s’est familiarisée avec le télescope Event Horizon au cours de sa dernière année.

Elle a étudié l’ingénierie électrique à l’Université du Michigan où elle a obtenu son diplôme avec une très grande distinction en 2011 et a décidé de poursuivre ses études au …MIT elle aussi.

Au Massachusetts Institute of Technology, Bouman a obtenu une maîtrise en génie électrique et en informatique en 2013 et un doctorat dans le même domaine d’études en 2017. Elle était également membre de l’observatoire MIT Haystack.

Après avoir terminé son travail au MIT, Bouman a rejoint l’Université de Harvard en tant que boursière postdoctorale au sein de l’équipe Event Imaging Horizon Telescope.

Selon un compte rendu publié en 2016 par le MIT News, Bouman a dirigé le développement de l’algorithme au MIT. Elle a travaillé avec une équipe du laboratoire d’informatique et d’intelligence artificielle du MIT, du centre d’astrophysique Harvard-Smithsonian. Une direction qui va permettre à l’humanité de visionner son tout premier trou noir.

*Souha Jmahri (stagiaire)

Le premier trou noir photographié par l'humanité reçoit un nom officiel