Tariq Ramadan accusé de provocation après s’être incrusté à une conférence sur les violences faites aux femmes

21 Mar 2019 à 15:13 Monde
Tariq Ramadan accusé de provocation après s’être incrusté à une conférence sur les violences faites aux femmes

La présence de Tariq Ramadan lors d’une conférence sur les violences sexuelles faites aux femmes qui a eu lieu à Paris, lundi 18 mars, a crée un véritable tollé. Les organisateurs et participants se sont indignés face à la situation. Plusieurs d’entre eux, qui ont aperçu l’islamologue, ont quitté la salle.

Ramadan, poursuivi pour le viol sur plusieurs femmes , a été prié de partir. « Sa présence en tant que spectateur est une provocation inacceptable », a déclaré l’organisateur de la conférence Madjid Messaoudene.

« Ni la municipalité ni les participants n’avaient invité Tariq Ramadan à assister à l’événement ou ne souhaitaient qu’il soit présent », a t-il ajouté.

Plus encore, Messaoudene explique que s’il n’était pas possible de forcer physiquement l’essayiste suisse, il lui a été demandé à plusieurs reprises de partir. Dans un communiqué, la municipalité de la ville de Saint Denis a déclaré que les « provocations ignobles doivent cesser ».

La municipalité a souligné qu’il était injustifiable qu’un débat sur une question aussi importante soit «détourné» par la présence provocatrice de Ramadan. Fatiha Agag-Boudjahlat, journaliste au Figaro, a décrit Ramadan comme un hypocrite religieux, affirmant que sa présence était en soi une violence contre les femmes.

« Nous espérions qu’il partirait de lui-même à défaut de pouvoir le faire sortir », a raconté à l’AFP l’une des intervenantes, Anaïs Bourdet, qui a créé le site participatif « Paye ta shnek » pour dénoncer le harcèlement de rue. Des femmes n’ont pas apprécié sa présence et ont quitté la salle.

Sur les réseaux sociaux, les internautes crient au scandale et se sont insurgés de la présence de celui qui actuellement en liberté sous caution.

Ramadan, âgé de 56 ans, a remis son passeport aux autorités françaises. Un tribunal français a rejeté sa demande d’abandon des charges pour les deux accusations de viol au début du mois.

L’intellectuel musulman est mis en examen depuis le 2 février 2018 pour deux viols, le premier s’étant déroulé le 9 octobre 2009 et l’autre au printemps 2012 à Paris.

Ramadan a servi jusqu’à 10 mois de prison au cours de l’enquête sur la série d’allégations portées contre lui. La justice française a libéré le Ramadan sous caution de 340.000 dollars en novembre 2018.

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