Culture de la pastèque au Drâa: le cri d’alerte d’une association locale

26 Fév 2019 à 08:00 Société
Culture de la pastèque au Drâa: le cri d’alerte d’une association locale

L’Association des amis de l’environnement (province de Zagora) demande l’intervention de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement. La sauvegarde des ressources en eau de l’épuisement et de la surexploitation provoquée par la culture massive des pastèques rouges sont derrière cet appel. 

C’est avec une grande inquiétude que la population des oasis de Draâ suit un projet encourageant la culture de la pastèque dans ses domaines. Une culture jugée intruse, non durable, épuisant la nappe phréatique dont les habitants des villes et vallées dépendent comme source d’eau potable. Active dans la province de Zagora, l’Association des amis de l’environnement dénonce la promotion de cette agriculture le ministère de l’Agriculture.

« La superficie consacrée à cette culture dans la province de Zagora a doublé en 2018 pour atteindre plus de 20 000 hectares. Plus de 8 millions de plants de pastèque ont été plantés au cours de cette année, ce qui entraînerait un épuisement des eaux souterraines initialement attribuées à l’eau potable et devrait consommer », rapporte le président de l’association Jamal Aqechbab.

Selon les chiffres détenus par l’association, la culture de la pastèque dans la province puisera au cours de cette année plus de 12 millions de mètres cubes, au moment où les signes de changement climatique sont déjà visibles. Sécheresse en période hivernal et déclin des ressources en eau de surface présagent en effet une nouvelle crise de soif l’été prochain.

La pastèque, une ligne rouge 

« Cela se produit à un moment où le ministère de tutelle a fait de l’agriculture durable et de la rationalisation de l’usage de l’eau d’irrigation ses mots d’ordre. Le secrétariat d’Etat chargé du Développement durable et le gouvernorat de la province observent un silence suspicieux devant ce plan qui menace l’avenir des êtres humains sur ce vaste territoire », avertit l’acteur associatif.

Pour remédier au problème, la société civile locale a déployé de nombreux efforts pour limiter, autant que réglementer la culture de la pastèque rouge par le biais d’une série de séminaires, de journées d’études et de conférences, en plus des plaidoyers à plusieurs niveaux. « Que des recommandations et des idées alternatives restées lettre morte », explique, dépité, Jamal Aqechbab.

Face à cette situation particulièrement alarmante, l’Association des amis de l’environnement appelle la Fondation Mohammed VI à intervenir pour protéger les ressources en eau des oasis de l’épuisement et de la surexploitation. La croissance exponentielle de la culture de la pastèque rouge dans la province de Zagora est ainsi déterminée comme la cause la baisse drastique des ressources en eau souterraine. Et de ce fait, c’est la présence humaine dans sa globalité qui se voit menacée dans ces oasis, jadis autarciques.

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