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description: Abdellatif Zaghnoun, Directeur général de l’Agence Nationale de Gestion Stratégique des Participations de l’État et de suivi des performances des
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[Hespress FR](https://fr.hespress.com/author/hespressfr "Articles par Hespress FR")samedi 20 décembre 2025 - 20:50

**Abdellatif Zaghnoun, Directeur général de l’Agence Nationale de Gestion Stratégique des Participations de l’État et de suivi des performances des établissements et entreprises publics (ANGSPE), a mis en avant le rôle de l’Agence dans le renforcement de la qualité des services publics, la consolidation de la justice territoriale et l’optimisation des performances des établissements et entreprises publics.**

Il a de même rappelé que son action ne relève pas d’une gestion quotidienne du service rendu au citoyen, mais d’un encadrement stratégique et d’un accompagnement des acteurs publics, fondés sur une gouvernance renforcée, une ingénierie financière adaptée et une décision publique guidée par des données solides. L’objectif est simple : faire en sorte que l’investissement public se traduise par des services de qualité, avec un impact concret dans l’eau, l’électricité, le transport, les services numériques et d’autres secteurs essentiels.

Dans l’entretien ci-dessous accordé à *Hespress*, Zaghnoun souligne également que la Politique Actionnariale de l’État vise à orienter davantage d’investissements publics vers les zones intermédiaires et éloignées, afin d’y poser les bases d’économies capables de créer des emplois durables et de réduire les disparités territoriales. Cette ambition se traduit dans des projets structurants tels que le port de Nador West Med, les programmes ferroviaires, les autoroutes et les aéroports, mais aussi dans le soutien à l’inclusion financière et dans l’amélioration de la qualité des services médiatiques.

Le Directeur général rappelle enfin que la Politique Actionnariale de l’Etat ne se limite pas à une logique de détention financière de participations publiques. Elle porte une vision plus large : renforcer la transparence, consolider la gouvernance, améliorer la performance des établissements et entreprises publics et garantir une durabilité économique, sociale et environnementale, à travers des cadres juridiques et réglementaires clarifiés et des dispositifs complets de suivi des performances, financières comme extra-financières. Cela permet aux citoyens de percevoir, de manière tangible, l’effet des investissements de l’État sur leur quotidien et renforce la confiance dans la gestion des deniers publics.

À propos de la transformation de certains établissements publics en sociétés anonymes, M. Zaghnoun insiste sur un point essentiel : il ne s’agit ni d’un changement purement formel ni d’une privatisation automatique. C’est un levier au service du chantier de réforme du secteur des établissements et entreprises publics, déployé dans un cadre qui garantit la continuité du service public et la protection des droits acquis des différentes parties prenantes.

Il attire, par ailleurs, l’attention sur le rôle croissant des marchés de capitaux, en tant qu’outil de financement innovant permettant de mobiliser des ressources supplémentaires pour des projets structurants, sans alourdir le budget général. Cette orientation permet d’articuler plus étroitement entre la stratégie actionnariale, la gouvernance et le financement, d’accélérer la réalisation de projets majeurs à l’échelle nationale, tout en servant la justice territoriale ainsi que la qualité des services publics.

Voici le texte intégral de l’entretien :

***Comment les interventions de l’Agence, dans le déploiement de la Politique Actionnariale de l’État, se répercutent-elles sur la qualité des services publics ?***

Depuis son adoption, la Politique Actionnariale de l’État s’est imposée comme le cadre de référence qui organise le rôle de l’État actionnaire, en plaçant le service de l’intérêt général et la qualité du service public au cœur de chaque décision d’investissement.

Dans ce contexte, l’Agence Nationale de Gestion Stratégique des Participations de l’État et de suivi des performances des établissements et entreprises publics n’intervient pas dans la gestion quotidienne du service rendu au citoyen. Son rôle consiste plutôt à encadrer et à accompagner les établissements et entreprises publics, notamment sur les plans de la gouvernance, des choix d’investissement et de l’ingénierie financière, afin que les décisions de l’État actionnaire se traduisent concrètement par une amélioration de l’accès aux services et de leur qualité.

Cette dynamique se matérialise d’abord par le renforcement de la gouvernance des acteurs publics. Cela passe par une distinction nette entre le rôle stratégique de l’État et sa fonction actionnariale, le renforcement de la place des organes délibérants dans le pilotage stratégique, l’ancrage de mécanismes de prise de décision fondés sur la donnée, et le lien entre l’investissement public et les objectifs opérationnels, via des contrats-programmes et des protocoles d’accord pluriannuels intégrant des indicateurs de performance précis relatifs à l’accès aux services publics, à leur qualité, à leur continuité et à leur coût, ainsi que des indicateurs d’impact, notamment sur la vie des citoyens.

La présence de l’Agence au sein des instances de gouvernance revêt à cet égard une importance particulière. Les questions liées à la qualité du service public sont discutées , des indicateurs clés y sont définis et leur suivi est assuré de manière régulière, permettant d’identifier les dysfonctionnements à temps et de proposer des mesures correctives appropriées.

Dans cette logique, les interventions de l’Agence pour mettre en œuvre la Politique Actionnariale de l’État constituent un levier décisif pour transformer l’investissement public en meilleurs services, dans l’eau, l’électricité, le transport, les services numériques et d’autres services essentiels. Elles contribuent également à élever la performance des établissements et entreprises publics, en réponse aux attentes des citoyens, des acteurs économiques et des territoires.

***Dans quelle mesure les projets accompagnés par l’Agence influencent-ils la création d’emplois dans les régions intermédiaires et éloignées ?***

Je souhaite tout d’abord préciser un point important : le rôle de l’Agence n’est pas d’assurer le pilotage direct de l’exécution des projets. Il consiste à accompagner les établissements et entreprises publics chargés dans la mise en en œuvre des projets d’infrastructures et de fournir des services essentiels, en cohérence avec les Orientations Stratégiques de la Politique Actionnariale de l’État, approuvées par le Conseil des Ministres le 1er juin 2024.

Je tiens également à souligner que l’Agence joue un rôle central dans l’optimisation des choix d’investissement des établissements et entreprises publics, afin de mieux répondre aux priorités nationales, d’assurer une meilleure allocation des ressources et de renforcer leur impact économique, social et territorial.

Notre action repose sur un principe fondateur : l’investissement public ne prend tout son sens que lorsqu’il se traduit par un développement durable, une création de valeur ajoutée locale et une stabilité économique et territoriale.

***Avez-vous des exemples concrets de projets structurants mis en œuvre grâce aux Orientations de la Politique Actionnariale de l’État et ayant eu un impact positif sur les services dans les régions?***

S’agissant d’exemples concrets, rien n’illustre mieux l’efficacité de l’orientation portée par la Politique Actionnariale de l’État que le projet du port de Nador West Med, dont la mise en exploitation est attendue à l’horizon fin 2026. Il devrait entraîner un saut socio-économique majeur dans la région de l’Oriental et contribuer à la création d’emplois nombreux et durables. La mise en place des connexions routières et ferroviaires du port a, par ailleurs, permis d’attirer d’importants investissements étrangers.

Ce projet s’inscrit pleinement dans la logique de réduction des écarts territoriaux. Il contribue à attirer l’investissement privé, à développer des zones d’activités, à structurer des chaînes de valeur et, in fine, à soutenir l’emploi et les revenus au niveau régional.

Je souhaite également évoquer un facteur déterminant qui a contribué à ce niveau d’efficacité actionnariale : dans son périmètre d’intervention, l’Agence a développé de nouvelles approches de financement pour les projets structurants. Elles reposent sur des schémas innovants de restructuration et de financement, sans recourir à la garantie de l’État et en réduisant l’appel au budget général. Elles s’attachent, en outre, à mobiliser des ressources significatives, notamment via le marché des capitaux, tout en s’inscrivant dans une logique contractuelle, à travers des contrats-programmes et des protocoles d’accord pluriannuels.

Cette orientation a permis de mobiliser des financements significatifs au profit d’établissements et entreprises publics stratégiques, tout en préservant leurs équilibres financiers et en renforçant leur autonomie. L’année 2025 s’est d’ailleurs conclue par la signature de protocoles d’accord entre l’État et plusieurs de ces organismes, qui constituent un cadre contractuel pour déployer ces nouvelles approches.

Parmi les exemples marquants figure l’accompagnement des programmes ferroviaires structurants mis en œuvre par l’Office national des chemins de fer. Il s’agit notamment de l’extension de la ligne à grande vitesse entre Kénitra et Marrakech, mais aussi du déploiement de réseaux de transport rapide dans les villes de Casablanca, Rabat et Marrakech. Ces initiatives améliorent concrètement la mobilité, réduisent les coûts de déplacement et renforcent l’attractivité des territoires.

Grâce à l’ingénierie financière mise en place pour ces projets, l’Office national des chemins de fer a pu renforcer sa capacité de financement et démontrer, de façon tangible, sa capacité à exécuter durablement des investissements de grande ampleur.

La même logique s’applique aux programmes routiers et aéroportuaires. Un exemple structurant concerne des projets tels que l’autoroute entre Rabat et Casablanca et l’achèvement de l’autoroute Tit Mellil Berrechid portée par la Société nationale des autoroutes du Maroc, ainsi que les programmes de développement des capacités aéroportuaires de l’Office national des aéroports.

Concrètement, ces chantiers se traduisent par une amélioration des services en matière de capacité d’accueil, de sécurité, de confort et d’accès aux réseaux économiques et touristiques.  
 L’intervention de l’Agence s’est également étendue à des opérations innovantes de valorisation d’actifs et de renforcement des fonds propres du Groupe Barid Al Maghrib et de sa filiale Al Barid Bank, soutenant ainsi leur rôle dans l’inclusion financière et les services de proximité, dans l’ensemble des régions.

Enfin, un plan de restructuration et de financement a été engagé au profit de la Société d’études et de réalisations audiovisuelles, afin de renforcer sa situation financière et de soutenir la qualité de son offre médiatique, au bénéfice des citoyens, à l’échelle nationale dans toutes les régions du Royaume, ainsi qu’à l’international.

***Quels sont les principaux objectifs stratégiques de la Politique Actionnariale de l’État?***

La Politique Actionnariale de l’État repose sur de grands axes structurants visant à renforcer la performance, à garantir la durabilité et à consacrer la crédibilité de la gouvernance des établissements et entreprises publics, dans le cadre de la mise en place d’un dialogue permanent, structuré et transparent avec l’ensemble des parties prenantes relevant du périmètre d’intervention de l’Agence.

À travers ce dialogue continu, l’État, en tant qu’actionnaire, œuvre à clarifier ses attentes stratégiques, à partager ses orientations à moyen et long termes et à garantir une meilleure lisibilité des priorités assignées aux entités publiques, dans le respect de la spécificité de leurs missions et de leur autonomie de gestion. Cette approche permet de dépasser une logique de contrôle conjoncturel pour instaurer une relation de partenariat fondée sur la confiance, l’articulation entre responsabilité et reddition des comptes, ainsi que la cohérence stratégique.

Dans ce cadre, le rôle de l’État actionnaire en matière de gouvernance consiste à instaurer des standards élevés d’orientation et de suivi, à ancrer une culture de la redevabilité, tout en veillant à une séparation claire entre les fonctions stratégiques de l’État et ses fonctions d’actionnaire, au renforcement du rôle et de l’indépendance des conseils d’administration, ainsi qu’à l’élévation du niveau de professionnalisation des instances de gouvernance et de gestion.

Le dialogue avec les parties prenantes constitue, à cet égard, un levier essentiel pour accompagner les réformes, anticiper les risques, arbitrer les trajectoires économiques et intégrer progressivement les exigences de performance globale, notamment sur les plans financier, social, environnemental et de gouvernance (ESG). Dans cette acception, la Politique Actionnariale de l’État ne se limite pas à la détention du capital, mais s’affirme comme un instrument de gouvernance efficace, orienté vers la création de valeur durable, la qualité du service public et le renforcement de la confiance des citoyens.

***Quels changements majeurs peuvent toucher les établissements et entreprises publics, notamment à travers la transformation de leur statut juridique en sociétés anonymes?***

La transformation en sociétés anonymes ne se réduit pas à une modification formelle du statut juridique, mais constitue un levier central du chantier de réforme du secteur des établissements et entreprises publics, tel que prévu par la loi-cadre n° 50-21 relative à cette réforme, ainsi que par la loi n° 82-20 portant création de l’Agence.

L’objectif est, en substance, d’instaurer une relation entre l’État et ces entités fondée sur une logique d’État actionnaire et d’entreprise gérée selon des principes économiques clairs, avec une définition plus précise des missions de l’entité et de son modèle économique, ainsi qu’une séparation explicite entre les activités marchandes et les missions de service public, sur la base de contractualisations claires avec l’État.

Concrètement, ces entités sont soumises aux règles des sociétés commerciales en matière de transparence, de gestion financière et de tenue de comptes autonomes. Plusieurs d’entre elles ont adopté les normes comptables internationales (IFRS), ce qui renforce la rigueur et la maîtrise des pratiques financières et ouvre la voie à la mobilisation de sources de financement diversifiées et structurées, dans les respect des Orientations de la Politique actionnariale de l’État.

Parallèlement, cette transformation ne signifie pas une privatisation automatique. Elle s’inscrit dans un cadre qui garantit que le pouvoir de décision demeure entre les mains de l’État pour les entités à dimension stratégique ou liées au service public, tout en assurant la continuité du service public et la protection des droits acquis des différentes parties prenantes.

***Comment les cadres juridiques et réglementaires contribuent-ils à renforcer la gouvernance et la transparence au sein des établissements et entreprises publics?***

Le cadre juridique et réglementaire constitue une base essentielle sur laquelle s’appuie l’Agence pour renforcer la gouvernance et la transparence au sein des établissements et entreprises publics. Ce cadre législatif, composé de la loi-cadre n° 50-21 et de la loi n° 82-20, prévoit que l’Agence élabore et à déploie la Politique Actionnariale de l’État (PAE) en tant que référentiel unifié de gestion du portefeuille public, d’orientation de l’investissement public et de renforcement de la transparence à l’égard des différentes institutions constitutionnelles et de l’opinion publique.

La loi n° 82-20 portant création de l’Agence prévoit également expressément sa représentation de l’État actionnaire au sein des conseils d’administration et des comités spécialisés de 57 établissements et entreprises publics, ce qui lui confère la capacité et la légitimité d’intervenir aux niveaux des décisions stratégiques, de contribuer au suivi de la mise en œuvre des programmes, à l’identification des risques et à la garantie du respect des règles de bonne gouvernance.

Dans ce cadre, plusieurs mécanismes modernes de gouvernance ont été généralisés au sein des établissements et entreprises publics, à travers la création et le renforcement de comités spécialisés (dans les domaines de la stratégie et de l’investissement ; de l’audit et des risques ; et des nominations, des rémunérations et de la gouvernance, …), ainsi que par la désignation d’administrateurs indépendants, parallèlement à un vaste chantier de digitalisation du fonctionnement des organes de gouvernance.

Ce processus a rendu la prise de décision plus documentée et traçable, a amélioré la qualité de l’information mise à la disposition des membres des conseils et a rapproché les pratiques des meilleurs standards internationaux en matière de gouvernance des entreprises publiques.

En complément de cet édifice institutionnel et réglementaire, et dans la perspective de la poursuite du renforcement et de la diffusion des meilleures pratiques de gouvernance, l’Agence a lancé le label d’excellence « GUIDE », une initiative dédiée à l’amélioration de la gouvernance des établissements et entreprises publics.

L’axe du développement des compétences, à travers la formation et l’accompagnement du changement, constitue un pilier déterminant de cette démarche ; des programmes de formation de haut niveau sont ainsi déployés en partenariat avec des universités nationales et internationales au bénéfice des cadres de l’Agence ainsi que de ceux des établissements et entreprises publics.

Sous l’angle de la transparence, ce cadre juridique ne se limite pas à imposer à l’Agence l’élaboration d’un Rapport Annuel sur l’État actionnaire offrant une vision unifiée et intégrée de la performance du portefeuille public sur les plans financier, économique, social et territorial, mais prévoit également l’établissement de comptes consolidés de l’Etat actionnaire conformément aux normes comptables internationales.

***Quels sont aujourd’hui les principaux indicateurs pour mesurer l’efficacité de la performance financière et non financière du portefeuille de l’État actionnaire?***

Le suivi des performances du portefeuille de l’État actionnaire ne se limite plus aux seuls indicateurs comptables traditionnels. Il repose désormais sur une approche globale, fondée sur un système intégré d’indicateurs financiers et non financiers, permettant de rechercher un équilibre entre trois enjeux interdépendants : la rentabilité, la soutenabilité financière et l’engagement dans les missions d’intérêt général. Cette orientation reflète l’essence de la Politique Actionnariale de l’État : créer une valeur économique durable, sans compromettre la continuité et la qualité des services publics, ni les objectifs sociaux et territoriaux.

Concrètement, la performance des établissements et entreprises publics est appréciée à trois niveaux complémentaires. Le premier concerne la performance financière, à travers des indicateurs de rentabilité, de liquidité, de niveau d’endettement et de solidité des modèles économiques. Le deuxième porte sur la performance opérationnelle, via la mesure de l’efficacité, de la qualité des services et de la productivité.

Ce cadre est complété par un troisième niveau, en pleine montée en puissance : la performance non financière, à travers des indicateurs d’impact économique, social et environnemental, ainsi que l’évaluation des pratiques de gouvernance et de gestion des risques, en cohérence avec les standards adoptés aux niveaux national et international.

Dans ce contexte, l’Agence a lancé, en octobre 2024, un dispositif intégré de pilotage de la performance, mis en place à l’issue d’un diagnostic approfondi du niveau de maturité des pratiques des établissements et entreprises publics, selon une méthodologie participative.  
 Ce dispositif combine l’évaluation financière et opérationnelle, l’analyse des risques et la mesure de l’impact économique, social et environnemental. Sa mise en œuvre concrète a démarré en 2025. Elle doit être consolidée à l’horizon 2026 par un système d’information intégré, visant à accroître la fiabilité des données, à améliorer le dialogue de gestion et à ancrer une culture de performance fondée sur l’information précise.

Ainsi, ce dispositif constitue un outil stratégique permettant à l’État actionnaire de gérer la performance de son portefeuille de manière cohérente et efficace, en offrant une vision globale et dynamique des établissements et entreprises publics. Il contribue aussi à identifier les points forts et les axes d’amélioration, à mieux orienter les investissements et les prévisions financières à partir des plans d’affaires, tout en garantissant le respect des missions d’intérêt général et des priorités économiques et sociales du Royaume.

***Comment le citoyen peut-il comprendre le rôle de l’État actionnaire et être rassuré sur la transparence de son exercice au service de l’intérêt général?***

Le rôle de l’État actionnaire peut sembler technique, mais il se manifeste en réalité dans les détails de la vie quotidienne du citoyen. Lorsqu’un habitant d’un village éloigné dispose d’une eau potable acheminée jusqu’à son domicile, lorsque l’électricité est fournie à la quasi-totalité des ménages du monde rural, lorsqu’un citoyen emprunte un tramway ou un bus offrant un niveau de service élevé dans une grande ville, ou encore lorsqu’il bénéficie d’une offre médiatique publique diversifiée et fiable, tout cela est le fruit d’investissements publics réalisés par des établissements et entreprises publics relevant du portefeuille de l’État, et accompagnés par l’Agence dans le cadre d’une Politique Actionnariale claire.

Au final, chaque dirham investi par l’État, à travers ce portefeuille, vise à renforcer l’accès au service public, à faciliter la vie quotidienne et à ouvrir de nouvelles perspectives en matière de mobilité, d’emploi et de qualité de vie.

Pour simplifier, on peut dire que l’État se comporte comme un actionnaire responsable qui gère un ensemble d’établissements et d’entreprises publics à portée nationale. À travers la Politique Actionnariale de l’Etat, il sélectionne et accompagne des projets structurants servant l’intérêt général à moyen et long termes, dans des secteurs tels que l’eau, l’énergie, le transport, les infrastructures et les services numériques.

L’objectif n’est pas d’accroître la rentabilité financière à court terme, mais de garantir des modèles économiques durables pour ces entités afin qu’elles puissent continuer à investir dans les réseaux et les services essentiels, tout en maintenant des tarifs équitables et en réduisant les disparités territoriales, en particulier dans les secteurs stratégiques où l’État maintient, voire renforce, sa présence en tant que garant de la souveraineté et de la continuité du service public.

Lorsque le citoyen et l’observateur prennent connaissance du Rapport Annuel sur l’État actionnaire, des données publiées sur le site internet de l’Agence et sur ses réseaux sociaux, et qu’ils perçoivent parallèlement l’existence de partenariats et de coordinations avec les instances de contrôle et de régulation indépendantes, se construit progressivement un sentiment de confiance quant au fait que les investissements publics sont encadrés par des règles claires de gouvernance et de reddition des comptes.

Ce lien entre l’impact tangible dans la vie quotidienne et ce niveau de transparence et d’institutionnalisation est ce qui consolide la confiance dans le rôle de l’État en tant qu’actionnaire et dans l’idée que les fonds publics sont investis selon une vision de long terme au service du développement et de la qualité de vie.

***Au regard de votre expérience dans la gestion des outils de financement du portefeuille de l’État actionnaire, le marché des capitaux représente-t-il une opportunité de financement favorable pour les établissements et entreprises publics?***

Le marché des capitaux constitue aujourd’hui, du point de vue de l’État actionnaire, une véritable opportunité de financement pour un certain nombre d’établissements et entreprises publics disposant de potentiels encore insuffisamment exploités. C’est ce que prévoit explicitement la Politique Actionnariale de l’État, qui appelle à la mobilisation et à la diversification de l’ensemble des sources de financement disponibles afin d’alléger la pression sur le budget général et de mieux répartir les risques.

Dans ce cadre, l’accord signé avec l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux le 30 avril dernier ne constitue pas un simple signal symbolique d’une plus grande ouverture au marché, mais l’un des instruments concrets de mise en œuvre de cette politique.  
 Cet accord établit un cadre clair de coopération entre l’Agence et l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux, visant à faciliter l’accès des établissements et entreprises publics au marché des capitaux à travers des mécanismes innovants, et à développer des solutions de financement adaptées aux spécificités de chaque catégorie d’entités.

Il prévoit également le renforcement de la transparence et de la gouvernance financière des opérations réalisées sur le marché, ainsi que l’organisation de programmes de formation et de sensibilisation au profit des cadres de l’Agence et des établissements et entreprises publics, portant sur les instruments de financement modernes et les bonnes pratiques de gouvernance sur le marché des capitaux.

Concrètement, cela se traduit par une montée en puissance des financements innovants qui jouent un rôle décisif dans le lancement ou l’accélération de chantiers structurants :  
**• Recours à la titrisation,**  
**• Mobilisation des OPCI** pour valoriser et financer le patrimoine immobilier public,  
**• Développement d’instruments de dette thématiques** (obligations vertes ou sociales) pour les projets liés à la transition énergétique, au développement territorial ou à l’inclusion.

S’agissant des “premiers candidats”, nous raisonnons moins en liste nominative qu’en profils d’EEP et de projets :  
**• Des entreprises disposant de flux récurrents et prévisibles** (infrastructures de transport, énergie, immobilier) adaptées à la titrisation ou aux OPCI,  
**• Des opérateurs engagés dans des programmes de transition** énergétique, d’efficacité énergétique ou d’adaptation climatique, naturels candidats aux obligations vertes,  
**• Des acteurs porteurs de projets à forte utilité sociale ou territoriale** (eau, assainissement, aménagement, inclusion financière) pertinents pour des obligations ou véhicules “sociaux”.

En réalité, ce protocole formalise un changement d’échelle : les financements innovants ne sont plus des opérations ponctuelles, mais deviennent un levier structurant de la réforme. Ils permettent à l’ANGSPE de connecter la stratégie actionnariale, la gouvernance et le financement de marché : en diversifiant les ressources, en imposant des standards élevés de transparence et de gouvernance, et en accélérant le déploiement de projets structurants sans peser excessivement sur le budget de l’État.

[Abdellatif Zaghnoun](https://fr.hespress.com/tag/abdellatif-zaghnoun) [Gouvernance publique](https://fr.hespress.com/tag/gouvernance-publique) [Investissement](https://fr.hespress.com/tag/investissement)

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Monde [![Attentat en France : le ministre de l’Intérieur maintient qu'il s'agit d'une attaque "terroriste, raciste"](https://f2.hespress.com/wp-content/uploads/2026/10/laurent_nunez-900x600.jpg)](https://fr.hespress.com/493932-attentat-en-france-le-ministre-de-linterieur-maintient-quil-sagit-dune-attaque-terroriste-raciste.html "Attentat en France : le ministre de l’Intérieur maintient qu'il s'agit d'une attaque \"terroriste, raciste\"")

lundi 26 octobre 2026 - 11:02

### Attentat en France : le ministre de l’Intérieur maintient qu'il s'agit d'une attaque "terroriste, raciste"

Monde [![Zelensky confirme qu'une réunion entre Russes, Ukrainiens et Américains aura lieu en novembre](https://f2.hespress.com/wp-content/uploads/2024/06/G7-Zelensky.jpg)](https://fr.hespress.com/493922-zelensky-confirme-quune-reunion-entre-russes-ukrainiens-et-americains-aura-lieu-en-novembre.html "Zelensky confirme qu'une réunion entre Russes, Ukrainiens et Américains aura lieu en novembre")

lundi 26 octobre 2026 - 02:54

### Zelensky confirme qu'une réunion entre Russes, Ukrainiens et Américains aura lieu en novembre

Monde [![Lula réélu président du Brésil pour un quatrième mandat](https://f2.hespress.com/wp-content/uploads/2026/10/AFP_D4233W4_1.jpg)](https://fr.hespress.com/493918-lula-reelu-president-du-bresil-pour-un-quatrieme-mandat.html "Lula réélu président du Brésil pour un quatrième mandat")

lundi 26 octobre 2026 - 00:21

### Lula réélu président du Brésil pour un quatrième mandat

Monde [![Fusillade de Trappes : un homme de 64 ans placé en garde à vue pour apologie du terrorisme](https://f2.hespress.com/wp-content/uploads/2026/10/ppolice-900x600.webp)](https://fr.hespress.com/493869-fusillade-de-trappes-un-homme-de-64-ans-place-en-garde-a-vue-pour-apologie-du-terrorisme.html "Fusillade de Trappes : un homme de 64 ans placé en garde à vue pour apologie du terrorisme")

dimanche 25 octobre 2026 - 15:23

### Fusillade de Trappes : un homme de 64 ans placé en garde à vue pour apologie du terrorisme

Monde [![États-Unis : Barack Obama intensifie la campagne démocrate contre Donald Trump](https://f2.hespress.com/wp-content/uploads/2019/05/trump-melania-michelle-barack-obama-assermentation-e1556712714210-900x600.jpg)](https://fr.hespress.com/493867-etats-unis-barack-obama-intensifie-la-campagne-democrate-contre-donald-trump.html "États-Unis : Barack Obama intensifie la campagne démocrate contre Donald Trump")

dimanche 25 octobre 2026 - 12:24

### États-Unis : Barack Obama intensifie la campagne démocrate contre Donald Trump

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