Rétro/ Après l’Angleterre, le racisme fait son retour en Italie

29 Déc 2018 à 09:30 International
Rétro/ Après l’Angleterre, le racisme fait son retour en Italie

Le choc des titans de la Serie A, qui a opposé le 26 décembre l’Inter Milan au Napoli sur la pelouse du stade mythique San Siro, s’est soldé par une victoire tardive des Nerrazzuri par le plus petit des scores (1-0). Cependant, le Clasico a été marqué par des cris de racisme lancés à l’encontre du défenseur de Napoli, Koulibaly, qui a perdu ses nerfs en écopant d’un carton rouge.

En Italie, même après plusieurs scandales de racisme qui ont secoué le football durant les dix dernières années, les supporters semblent ne pas en tirer des leçons.

Dans la soirée de ce mercredi 26 décembre, l’Inter Milan recevait le Napoli dans une belle affiche comptant pour la 18e journée de la Serie A. Un spectacle malheureusement gâché par les supporters Interistes, qui ont mimé des cris de singe à l’encontre du défenseur sénégalais, Kalidou Koulibaly, natif de Saint-Dié-des-Vosges en France.

Après avoir longuement tenu le coup, le Tank de Napoli a fini par craquer. Les graves injures de racisme à son endroit, l’ont poussé à perdre ses nerfs lors des derniers souffles de la rencontre, en écopant d’un carton rouge à la 81 minute, sur un deuxième avertissement de la part de l’arbitre qui a également renvoyé Insigne au vestiaire, juste avant le coup de sifflet finale (90e+5).

Son entraîneur, Carlo Ancelotti, qui a perdu la rencontre ainsi que ses deux piliers pour les prochains défis, n’a pas manqué l’occasion pour prendre la défense de son défenseur et dénoncer les actes inappropriés des fans de l’Inter présent dans le stade.

« Nous avons demandé à trois reprises au procureur fédéral de suspendre le match. Koulibaly est devenu nerveux. C’est normal, il est généralement poli et professionnel. Ils ont fait trois annonces à San Siro, mais rien de plus n’a été fait. Nous voulons juste savoir quand ce sera réglé. La prochaine fois, nous quitterons le terrain et à la limite nous perdrons la partie. Ce n’est pas une excuse, ce n’est pas que le Napoli, mais tout le football italien », a déclaré le capitaine du navire Napolitain, Ancelotti, à l’issue de la défaite de son effectif.

Expulsé et traité de singe, Koulibaly n’a pas mâché ses mots en réagissant au scandale, sur son compte Twitter officiel.

« Je suis désolé pour la défaite et pour le carton rouge. Je suis fier de la couleur de ma peau. Être Français, Sénégalais et Napolitain : Être un homme », peut-on lire dans le Tweet de la victime.

Évidemment, son message clair résume tout. Le racisme n’est pas le bienvenu ni dans le monde de football, ni ailleurs.
C’est d’ailleurs la même cause défendue par le quintuple Ballon d’Or Cristiano Ronaldo. La star de la Juventus a pris le parti de Koulibaly et a fait preuve d’un pur Fair-Play.

En guise de soutien, le Portugais est monté au créneau pour défendre son adversaire en Serie A. Sur son compte Instagram officiel, Cristiano a publié une photo de lui avec le sénégalais, assortie d’un message dénonçant le racisme.
« Dans le monde et dans le football, il faut de l’éducation et du respect. Non au racisme et à toute discrimination », a-t-il proclamé.

Néanmoins, Koulibaly n’est pas le seul joueur qui a été victime de ces agissements racistes impardonnables.

En Italie toujours, Blaise Matuidi était le premier joueur à subir des insultes racistes en 2018. C’était en début de l’année, plus précisément le 6 Janvier dernier, dans un match opposant la Juventus à l’équipe de Cagliari, sur la propre pelouse de cette dernière.

Tout comme Koulibaly, Matuidi avait perdu ses nerfs et menacé de quitter la pelouse. À l’issue de la rencontre, le milieu de terrain français a également réagi aux cris et insultes racistes, via son compte Facebook officiel.

Merci pour tous vos messages, grazie per i vostri messaggi, thanks all for your messagesAujourd’hui j’ai été victime…

Publiée par Blaise Matuidi -Page Officielle- sur Samedi 6 janvier 2018

Le racisme n’est pas présent qu’en Serie A. Il fait des victimes même en Premier League, l’un des meilleurs cinq grands championnats européens, si ce n’est le meilleur.

Récemment, Raheem Sterling a été victime d’insultes racistes lors du choc opposant le Manchester Ciy à Chelsea, au Stamford Bridge. L’international anglais, d’origine jamaïcaine, a subi une vague de cris de singe à son encontre de la part des fans de Chelsea, qui s’offraient un plaisir, autre que de supporter leur club qui s’est imposé durant la rencontre.

Le joueur de 24 ans a été soutenu par l’Association anglaise des footballeurs professionnels (PFA), son entraîneur Pep Guardiola, la Fédération Anglaise de Football, et même par la plupart des supporters de Chelsea.

Au final, les agressions verbales raciste sont les plus douloureuses et difficiles à digérer. Certes les messages de soutien peuvent  soigner la plaie, mais ils ne suffisent jamais pour effacer la cicatrice.

Malgré les campagnes de sensibilisation et la collaboration entre les différentes entités footballistiques, on se rend toujours compte que la lutte contre le racisme est éternelle.

Évidemment, les supporters doivent assumer aussi leur grande part de responsabilité. Changeons de mentalité !

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