Bensaïd Aït Idder dans ses mémoires : j’ai refusé de baiser la main de Hassan II

16 Déc 2018 à 16:32 Politique
Bensaïd Aït Idder dans ses mémoires : j’ai refusé de baiser la main de Hassan II

Le leader de gauche Mohamed Bensaid Aït Idder a révélé dans ses mémoires comment il avait refusé, à deux reprises, de baiser la main de feu le roi Hassan II au cours des années 1980, ce qui avait provoqué l’incompréhension du défunt monarque.

Dans ses mémoires publiées en langue arabe sous le titre  « Ainsi parlait Mohamed Bensaïd« , l’ancien résistant au rang de l’Armée de libération nationale (ALM) et figure de proue de la gauche marocaine, raconte notamment sa première rencontre avec le défunt roi.

Elle avait eu lieu au début des années 80, à l’occasion de l’envoi d’une délégation politique marocaine à Addis-Abeba pour participer à une réunion de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), à partir de Fès où Hassan II les attendait dans son palais avant de prendre leur envol en direction de la capitale éthiopienne.

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Décrivant la scène, Bensaïd relate: « C’était mon tour de me présenter devant le roi. Je me suis alors contenté de poser ma main sur son épaule. Voulant prendre congé, il m’a arrêté et m’a demandé, sur un ton significatif: «Chkoun nta ?» (Qui es tu ?). Ce à quoi j’ai répondu sur le même ton: «Bensaid», puis je suis parti« .

Au retour de la délégation d’Addis-Abeba, se remémore l’auteur de sa propre biographie en langue arabe, « le  ministre de l’Intérieur Idriss Basri m’a envoyé une invitation, me demandant de baiser la main du roi lorsque je le rencontrerai à nouveau, mais je me suis encore une fois contenté de poser ma main sur son épaule« , se souvient-il.

Le puissant ministre de l’Intérieur et numéro deux du régime de l’époque s’est alors, comme le raconte Aït Idder, adressé au leader de la défunte l’OADP en lui rappelant que « le Makhzen a ses propres traditions qu’il convient de respecter« . Riposte du mouton noir ? aucune. « Je ne lui ai pas répondu, en reprenant mon chemin« , écrit Aït Idder.

Rachid Talbi Alami absent, sans justification, du Forum de la jeunesse