PAM : un parti au bord de l’implosion ?

28 Nov 2018 à 09:00 Politique
PAM : un parti au bord de l’implosion ?

Pratiquement absent du paysage politique depuis la rentrée, le PAM voit ses conflits internes éclatés au grand jour. Et pour cause, une partie de ses dirigeants, dont la numéro 2 du parti, Fatima-Zahra Mansouri, contestent le leadership de Hakim Benchamach. Les détails

L’incident de Marrakech ne passe visiblement pas. Après avoir convoqué les élus communaux du PAM le 22 novembre dernier à une réunion en marge du salon Africités tenu dans la ville ocre, le secrétaire général Hakim Benchamach a subi le boycott d’une centaine d’édiles locaux. Ces absents volontaires sont notamment issus de la région de Marrakech-Safi, présidée par Ahmed Akhchichine, l’un des membres fondateurs du parti.

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Dans la foulée, un certain nombre de dirigeants PAM au niveau de la région de Marrakech-Safi ont envisagé, selon les informations de Hespress, la possibilité de rejoindre le RNI d’Aziz Akhannouch. Pour cette partie frondeuse, Hakim Benchamach gère mal la deuxième force politique du pays. Qu’à cela ne tienne, des dirigeants du RNI, joints par Hespress, n’ont pas accueilli à bras-le-corps cette idée, estimant que cela nuirait à l’image du parti, en particulier du fait que certains de ces visages souhaitant rejoindre le RNI « sont connus pour leur transhumance politique et leur erreurs accumulées au sein des instances auxquelles ils appartenaient dans le passé ».

Dans ce contexte, des membres RNI de la province de Rhamna sont montés au créneau pour exprimer leur rejet d’intégrer des membres renvoyés ou dont l’adhésion au PAM a été gelée par Hakim Benchamach. L’exemple le plus frappant est celui d’Abdeslam Bakouri, coordinateur régional du PAM, expulsé par décision du secrétaire général.

Mansouri-Benchamach: Je t’aime moi non plus

Le fossé entre le patron du PAM et les dirigeants qui s’opposent à lui s’est nettement creusé depuis ce dimanche 25 novembre. Dans une lettre interne fuitée, la présidente du Conseil national Fatima-Zahra Mansouri a jeté son dévolu sur Hakim Benchamach. Relayée par certains sites d’information, elle avance que le secrétaire général « a dévié des objectifs politiques tracés par des patriotes et attribués au PAM », en citant le fondateur du parti et actuel conseiller du roi Fouad Ali El Himma, Ahmed Akhchichine, l’ancienne figure de gauche Salah El Ouadie ou encore le leader syndicaliste Hassan Benaddi, sans évoquer le nom d’Ilyas El Omari, l’ex homme fort de la formation, toujours président de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

« L’un des principaux objectifs de la création du parti est de faire face à l’extension de l’extrémisme partisan », a notamment fait savoir l’ex mairesse et actuelle députée PAM de Marrakech dans sa missive, en faisant implicitement référence au PJD. Elle accuse par ce biais Hakim Benchamach d’avoir tissé des relations étroites avec le parti islamiste.

Trois jours après la fuite de cette lettre qui a fait les choux gras de la presse, Fatima-Zahra Mansouri a catégoriquement nié, dans les colonnes de Le360, avoir affirmé dans sa lettre interne que Hakim Benchamach projette de « mettre à mort » le parti.

« Il y a un débat interne autour de la ligne de conduite du PAM, il y des divergences de points de vue, cela dénote de la vivacité du parti et de l’attachement des militants au projet que porte le PAM », rectifie aujourd’hui la numéro 2 du parti, sans nier l’existence de la lettre interne où elle a exprimé tout le mal qu’elle pense de la gestion de Hakim Benchamach, depuis sa prise de commande le 27 mai dernier.

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