Leila Slimani regrette la réponse d’Emmanuel Macron sur les “sans-papiers”

11 Nov 2018 à 14:30 Société
Leila Slimani regrette la réponse d’Emmanuel Macron sur les “sans-papiers”

Leila Slimani ne manque pas une occasion pour défendre les minorités. Dans une tribune écrite pour “Le Monde”, l’écrivaine franco-marocaine a dénoncé les propos d’un vétéran sur les “sans-papiers” et notamment la réponse “regrettable” d’Emmanuel Macron.

La lauréate du prix Goncourt 2016, juge que le président de la République aurait dû défendre avec “plus de rigueur et de froideur” les exilés lors d’un échange avec un vétéran, le 6 novembre à Verdun.

L’homme en question aurait interpellé le Chef de l’Etat français en lui demandant : “Quand mettrez-vous les sans papiers hors de chez nous?”. Macron aurait répondu que ceux qui ont droit à l’asile seraient accueillis mais que “ceux qui peuvent vivre librement dans leurs pays doivent être reconduits”, rappelle l’auteure d’origine marocaine dans sa tribune.

La représentante personnelle d’Emmanuel Macron pour la francophonie a exprimé sa déception expliquant que ce dernier “aurait pu lui répondre sèchement qu’on ne parle pas ainsi des gens en les résumant au vocable ‘sans-papiers””.

Chez nous, c’est ici

“Ils sont de plus en plus nombreux, ceux qui marmonnent sur notre passage. Ceux qui, dans le bus, trouvent qu’il y a trop de gens de couleur, qui se plaisent à répéter que leur France a changé. Ceux qui humilient, qui bousculent, qui insultent, qui refusent de vous servir, qui éructent contre l’islam. Qui se plaignent du ‘grand remplacement’, du ‘cheval de Troie’. Qui nous invitent à ‘rentrer chez nous  quand chez nous, c’est ici’”, a-t-elle ajouté.

Celle qui défend le droit de la Femme aussi bien au Maroc qu’en France, estime que le Président aurait pu rappeler que “lesdits ‘sans-papiers’ ne sont pas sans visage”.

Ils sont étudiants, nounous, chefs cuisiniers, chercheurs en sciences sociales, écrivains, gardes-malades, parents, enfants, soutiens de famille. Qui prend leur défense face au discours nauséabond ? Qui s’inquiète qu’ils soient poursuivis, méprisés dans un pays où pourtant ils s’intègrent, travaillent, aiment et tentent de survivre ? »

Pour rappel, Emmanuel Macron avait nommé Leïla Slimani en novembre 2017 comme sa « représentante personnelle » pour la francophonie. Elle avait pendant la campagne appelé publiquement à voter pour lui pendant l’entre-deux-tours.

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