Maroc : une Journée mondiale de la liberté d'expression dans l'indifférence générale

Maroc : une Journée mondiale de la liberté d'expression dans l'indifférence générale
mardi 4 mai 2021 - 00:00

La Journée mondiale de la liberté d’expression est l’occasion de dévoiler la situation des journalistes, surtout en cette période où elle est en partie liée au contexte sanitaire. Force est de constater que dans le monde, ce dernier exercice a été caractérisé par la hausse des meurtres, d’incarcérations, de harcèlement en ligne et autres agressions. D’ONG comme reporters sans frontières jusqu’aux Organisations comme les Nations Unis avec l’Unesco en passant par celles européennes (Parlement et Conseil de l’Europe), toutes ont tiré, en cette journée mondiale, le signal d’alarme.

Déjà, malmené par la crise sanitaire et Dame Covid le monde du journalisme au Maroc vit sa pire crise (clés sous le paillasson, pertes d’emplois, salaires à la baisse et des vertes et des pas mûres…). Cette année un peu comme les autres cette journée est passée pratiquement inaperçue. Qu’à cela ne tienne ! d’aucuns qui ont à cœur la profession ont eu une pensée à cet effet.

Au Maroc, estime l’Organisation pour les libertés d’information et d’expression (HATEM), dans un communiqué qu’en cette liberté de la presse, censée être l’un des piliers d’un nouveau Maroc, les indicateurs sont inquiétants et en recul. « Hatem et le mouvement marocain des droits de l’homme ont toujours mis en garde, contre la nécessité de s’attaquer aux causes d’une régression, qui affecterait les intérêts supérieurs du pays autant qu’elle affecterait la construction démocratique ainsi que les droits et libertés des citoyens » dit le communiqué parvenu à Hespress. Hatem par la voix de son président Mohamed El Aouni, cette fois-ci, déplore l’attitude d’indifférence de la part de la tutelle à l’égard du journalisme au Maroc, lors de sa Journée mondiale où à travers la planète elle est dédiée, directement ou indirectement au bilan.

Il reproche en outre aux autorités d’avoir sciemment ignoré cette journée du 3 mai. « Ni le ministre de la jeunesse et des sports et de la culture, ni le ministre des droits de l’homme ni même le conseil national des droits de l’homme (CNDH) n’ont pipé mot alors que c’est une journée qui est célébrée de par le monde ». Et de poursuivre : « Comme à l’accoutumée, les autorités sont restées silencieuses et encore moins n’ont esquissé le moindre geste pour la célébrer comme il se doit, alors que c’est l’occasion de faire le point et d’en discuter avec toutes les parties concernées par la liberté d’expression. Aucune autorité visée n’a expliqué pourquoi les attaques contre la liberté des médias se sont multipliées ? Comment allons traiter ce déséquilibre ? Et pourquoi passe-t-on en deçà des obligations constitutionnelles, en matière de droits de l‘homme et en matière de libertés ? ». Et Mohamed El Aouni de se lamenter ou de rager, « il est malheureux de constater la progression de pays africains en la matière dont certains comme la Namibie ou le Kenya ont supplanté au classement la France (34 ème) et viennent à nous surpasser en termes de liberté d’expression et même en d’autres libertés, alors que le Maroc rétrograde à la 136ème place ».

L‘Unesco a choisi de marquer cette journée sous le slogan « L’information et les actualités en tant que bien public » pour mettre en relief l’importance des médias  en cette crise sanitaire mondiale qui sensibilisent quant à la santé et aux droits de l’homme. Pour Hatem, « les autorités de notre pays en tant que telles n’ont eu aucun engagement quant à cet esprit. Ils l’ont négligé et ignoré à travers une autre approche plutôt répressive envers les médias en tant qu’institutions indépendantes, de développement, de communication et en tant qu’un bien public au service de la société, à des fins de construction démocratique et de progrès à différents niveaux ».

Mohamed El Aouni a encore ce mot « Aujourd’hui le journaliste marocain rase les murs et se fait tout petit. Viser des journalistes, des reporters et des photographes, confisquer leurs matériels et les empêcher de rapporter les événements tels qu’ils se sont déroulés est une atteinte grave à la liberté de la presse, ces pratiques constituent une violation de la liberté de la presse, de l’esprit de la Constitution, des engagements internationaux du Maroc et de l’image du pays». Et de Conclure « Aujourd’hui, plus que jamais, toutes les entités se doivent à la seule cause nationale qui est notre intégrité territoriale. Pourquoi alors créer des problèmes qui imploseraient un système qui trouve sa raison d’être, dans l’union sacrée ».

Liberté d'expression Maroc
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