Entre sable et mer l'Algérie se cherche une voie de passage forcée vers la Mauritanie

Entre sable et mer l'Algérie se cherche une voie de passage forcée vers la Mauritanie
vendredi 16 avril 2021 - 12:26

La Mauritanie et l’Algérie ont procédé lundi 12 avril au port d’Alger, à l’ouverture officielle d’une nouvelle ligne maritime entre la capitale algérienne et celle mauritanienne, Nouakchott. Un axe maritime destiné essentiellement à faciliter  l’export des produits algériens vers la Mauritanie, mais également en Afrique fanfaronne l’APS.

L’Algérie, c’est tout à son honneur profite du contexte d’opérationnalisation de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) où les infrastructures (terrestres, maritimes, aériennes)  doivent  être valorisées pour faciliter davantage la circulation des biens et services en Afrique. Mais à bien y regarder, ce sont-là les réelles intentions d’un régime qui nous voue que de l’hostilité ?

Ainsi donc, l’Algérie qui se targue d’être devenue le premier partenaire commercial de la Mauritanie en Afrique en 2019 en attendant la construction de la route Tindouf – Zouerate a développé une option maritime. Désormais, une rotation sera proposée tous les 20 jours entre les deux pays. Pour le voyage inaugural, l’armateur algérien Global Maritime Algérie (GMA) a mis à disposition un navire d’une capacité d’expédition de 1 000 conteneurs. Les exportateurs algériens espèrent que cette ligne constituera une étape via les voies terrestres vers l’Afrique de l’Ouest afin de pénétrer les marchés malien et sénégalais. Le régime algérien vise, à travers cette démarche, à concurrencer les exportations marocaines effectives au quotidien vers les pays africains. En 2018, l’Algérie avait inauguré une traversée terrestre avec la Mauritanie, la première du genre entre les deux pays depuis leur indépendance, et vise à «relancer un nouveau mouvement économique et commercial».

Mais cela n’a pas fonctionné, étant donné la distance de plus de 1000 kms et le refus exportateurs algériens au regard des coûts de transport exorbitants et du risque de détérioration des produits sur la route n’avait pas garanti la faisabilité de la chose. On s’en souvient lors de l’épisode de la ‘’prétendue fermeture’’ par le polisario du passage de Guergarate, qui avait conduit à une crise alimentaire en Mauritanie, le régime algérien avait en vain tenté d’envoyer des camions de légumes et de fruits à Nouakchott via ledit passage terrestre. Alger n’a qu’une idée, pallier le passage de Guergarate, qui donne accès aux produits marocains. Aussi a-t-elle créé un poste frontalier terrestre, à 75 Km au sud de Tindouf, « Chahid Mustapha Benboulaid »officiellement inauguré le 19 août 2018.

C’était tentant car, au besoin l’Algérie pouvait bien aiguillonner le polisario sur cette voie (Guergarate) pour en perturber l’opérationnalité. Pour Alger il constitue un moyen de facilitation des déplacements et passage des personnes et d’intensification des échanges commerciaux entre les deux pays d’une part, et avec les autres pays de l’Afrique de l’Ouest, d’autre part. Le décor était bien implanté. Mais ce poste n’a jamais  fonctionné comme Alger le souhaitait. Il est de plus en plus abandonné à quelques rares trocs commerciaux si ce n’est à rendre plus fluide le trafic illégal ou terroriste dans cette zone.

Avec cette incapacité à trouver un débouché terrestre, le côté maritime des exportations algériennes vers la Mauritanie a donc été privilégié. Seulement voilà, que peut bien exporter un pays qui importe toutes ses matières premières si ce n’est vouer à l’échec son entreprise même avec la meilleure des volontés. S’il est un fait la ligne maritime ne pourra nullement concurrencer le Maroc, notamment en termes d’exportations de légumes, fruits, médicaments et un certain nombre d’autres produits vers l’Afrique qui se font par le passage frontalier de Guergarate. C’est d’ailleurs à cet effet, que nombre de pays d’Afrique de l’Ouest ont ouvert récemment des consulats à Laâyoune et Dakhla. Une fois de plus, l’Algérie médiatise un « non-fait » pour faire passer outre à son peuple, les problèmes socio-économiques internes dans lesquels, elle l’a empêtré.

En attendant lors de ce premier voyage inaugural, seuls des matériaux de construction de fabrication locale ont été transportés à bord du navire aux capacité, certes d’expédition de 1.000 conteneurs, mais qui n’en remplissait pas autant. La livraison à Nouakchott de cette expédition « sans pareille » et si exceptionnelle devrait se faire en ce jour au meilleur des cas et sauf incidents. En effet, il serait difficile de croire au timing donné de cinq jours d’autant plus que pour une distance moins importante et en temps de bonne météo, des navires de même calibres mettent plus de temps. De plus ce navire, construit en 2012, était bloqué fin mars 2021 au niveau du port de Halifax, au Canada, pour des raisons…techniques.

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