En grève de la faim et de l'eau Radi et Raissouni accusent, l'administration répond

En grève de la faim et de l'eau Radi et Raissouni accusent, l'administration répond
samedi 10 avril 2021 - 22:32

L’ex-rédacteur en chef d’Akhbar Al Yaoum, Soulaiman Raissouni, a décidé cette semaine d’entamer une grève de la faim depuis la prison d’Oukacha à Casablanca où il est incarcéré depuis mai 2020, avant d’annoncer une grève de l’eau également. Son confrère Omar Radi, détenu à la même prison depuis juillet 2020, l’a suivi dans sa démarche comme annoncépar sa famille. 

La cause de cette protestation est le refus de donner suite à l’une des revendications phares de ces deux journalistes, poursuivis chacun dans deux dossiers différents, à savoir leur poursuite en état de liberté vu qu’ils répondent à l’ensemble des critères pour bénéficier de cette mesure.

Dans une déclaration conjointe, les familles des deux journalistes ont déclaré que « le détenu Soulaiman Raissouni a entamé une grève de l’eau en plus de sa grève de la faim qu’il avait précédemment annoncée. Le détenu Omar Radi, lui, a également décidé d’entamer une grève de la faim à la lumière des développements récents dont il a été témoin« .

«Nous, en tant que familles des détenus, considérons l’entrée des journalistes Soulaiman et Omar dans une grève ouverte de nourriture et d’eau (…) le résultat de l’injustice qui leur a été infligée dont l’harcèlement sécuritaire, médiatique et judiciaire, et leur sentiment de désespoir quand justice n’est pas rendu et prend si longtemps à le faire, et mettre fin à leur détention provisoire, qui est de près d’un an pour Soulaiman et plus de huit mois pour Omar », confient les familles des détenus.

Elles indiquent également avoir essayé de les dissuader d’entamer cette grève « au vu des conséquences sur leur état de santé, qui s’est détériorée de manière alarmante à cause de cette arrestation incompréhensible, en plus du fait que chacun d’eux souffre d’une maladie ».

La même déclaration a révélé que Soulaiman Raissouni a décidé d’ «entamer une grève de la faim ouverte pour dénoncer sa détention prolongée pendant si longtemps», mais aussi le fait que « sa cellule ait été soumise à une fouille humiliante …», d’où sa décision d’entamer la grève de faim et boycotter les communications téléphoniques avec sa famille et son avocat.

La famille d’Omar indique l’avoir mis en garde contre le fait de se lancer dans cette grève en raison de son état de santé, et étant donné qu’il prend des médicaments et antibiotiques puissants. Sa famille a finalement réussi à le persuader de revenir sur sa décision ou du moins de la retarder.

« Cependant, et alors qu’il était au bout du fil avec sa famille, la communication n’a duré qu’une minute car il nous a dit qu’ils l’avaient empêché de poursuivre l’appel. Cette mesure de provocation a incité Omar à saisir par écrit l’administration pénitentiaire pour l’informer de son entrée dans une grève de la faim ouverte pour protester contre ce comportement qui lui confisque ses droits », poursuit le communiqué.

La même déclaration indique que les familles des deux détenus, qui «se sont toujours conformées à  la modération et à ne pas aller dans le sens de l’escalade», imputent « la responsabilité des dangers que cette grève peut entraîner pour la santé de Soulaiman et Omar à l’Etat marocain et à toutes les parties responsables de cette tragédie« .

L’administration répond

En réaction à ces accusations, l’administration de la prison locale Ain Sebaa1 a affirmé que la chambre où réside Soulaiman Raissouni a fait l’objet d’une opération de fouille dans le total respect des dispositions légales en vigueur et en sa présence sans qu’il ait fait l’objet de traitement dégradant ou que ses objets ait été altérés.

Dans une mise au point en réponse au post publié sur la page Facebook de l’épouse du journaliste, faisant état « d’une fouille humiliante de sa cellule, la saisie de certains de ses biens et l’interdiction de toute communication avec sa famille »,  l’administration pénitentiaire a souligné que contrairement à ce qui a été dit, il ne s’agit pas de +fouille humiliante+ mais d’une mesure appliquée dans le cadre la procédure appliquée dans le cas de détenus qui entament une grève de la faim et qui s’applique à tous les détenus sans exception aucune ».

S’agissant de « l’interdiction de toute communication avec sa famille », ajoute la mise au point, « il s’agit d’une allégation infondée, car l’intéressé bénéficie de son droit de communiquer avec sa famille via le téléphone fixe de l’institution conformément au programme établi à cet effet, et il n’a jamais été privé de bénéficier de ce droit ».

Le détenu susmentionné a refusé de bénéficier de son droit de communiquer via le téléphone fixe de l’établissement, précise-t-elle encore.

Pour soutenir que Raissouni « bénéficie de tous ses droits qui lui sont légalement conférés au sein de l’établissement pénitentiaire, et que la notification de son entrée en grève de la faim, qu’il a soumise, n’a rien à voir avec les circonstances de sa détention, sachant que la direction de l’établissement a tenté d’intervenir pour le dissuader de poursuivre sa grève au regard des graves répercussions de cette décision sur son état de santé, une initiative qu’il a rejeté, plaçant ainsi l’administration dans l’obligation de son placement sous surveillance médicale sous la supervision du personnel médical de l’établissement ».

Il convient de rappeler que le journaliste Omar Radi est accusé de « financements étrangers, d’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat » de « viol« . Il s’agit de deux affaires jugées conjointement par la chambre criminelle de la cour d’appel de Casablanca. Omar a toujours nié les faits qui lui sont reprochés.

Sa défense a récemment demandé à ce qu’il soit remis en liberté provisoire et puisse accéder ainsi à son dossier. Mais cette requête a été malheureusement refusé pour la énième fois. Pour l’ex-rédacteur d’Akhbar Al Yaoum, Soulaiman Raissouni, il est poursuivi sous le chef d’inculpation de « viol avec violence et séquestration ».

Atteinte à la sécurité intérieure de l’État Justice Omar Radi Oukacha Poursuite en état de liberté Prison Soulaimane Raissouni Viol
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