La CEDH approuve la vaccination obligatoire pour la première fois

08 Avr 2021 à 21:26 Monde
La CEDH approuve la vaccination obligatoire pour la première fois

En plein débat sur l’obligation de vaccination de toute la population contre le coronavirus et face à de fortes réticences dans nombre de pays, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a rendu un arrêt sur des cas similaires, jeudi, jugeant que la vaccination obligatoire était « nécessaire dans une société démocratique ».

La vaccination obligatoire générale traduit « le besoin social impérieux de protéger la santé individuelle et publique », indique la CEDH signifiant que l’intérêt général prime sur l' »ingérence dans l’exercice du droit au respect de la vie privée » qu’elle peut constituer.

La Cour européenne rendait sa décision, sans aucun recours possible, suite à une saisine de parents tchèques qui refusaient de faire vacciner leurs enfants et qui ont été interdit en conséquence d’entrer en maternelle.

La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) n’avait jamais émis de décision aussi catégorique sur la question de la vaccination obligatoire, au moment où cette affaire qui concerne la vaccination d’enfants contre neuf maladies dont la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la rougeole, ou encore l’hépatite B, peut servir de précédent pour le débat sur la vaccination obligatoire contre le coronavirus.

Et la décision de la CEDH a été prise par la Grande chambre, organe suprême de la Cour qui juge les dossiers les plus importants et dont les décisions ne sont pas sujettes à un quelconque recours.

La Cour a justifié sa décision en présentant les cas de personnes vulnérables, celles qui ne peuvent pas se faire vacciner pour des raisons médicales et qui ont besoin d’une immunité collective pour être épargnés.

« La politique de vaccination poursuit les objectifs légitimes de protection de la santé ainsi que des droits d’autrui, en ce qu’elle protège à la fois ceux qui reçoivent les vaccins en question et ceux qui ne peuvent pas se faire vacciner pour des raisons médicales », a ajouté la CEDH en référence à ces cas.

Et de préciser que ces personnes vulnérables sont « tributaires de l’immunité collective pour se protéger contre les maladies graves contagieuses en cause », d’où sa décision qui oblige les enfants à se faire vacciner contre ces maladies contagieuses.

Enfin, pour barrer la route à toute forme de contestation, la Cour a estimé que « l’intérêt supérieur des enfants doit primer dans toutes les décisions qui les concernent », pour protéger non seulement la santé individuelle mais également collective. Ainsi, cette décision d’obligation de vaccination ne viole pas les dispositions de la Convention européenne des droits de l’Homme sur le « respect de la vie privée », indique la CEDH.

Algérie: En colère, les médecins observent une grève générale