Mort de Floyd : Chauvin de plus en plus accablé par ses ex collègues

07 Avr 2021 à 22:45 Monde
Mort de Floyd : Chauvin de plus en plus accablé par ses ex collègues

L’ex-policier de Minneapolis, Derek Chauvin, n’en a pas fini de compter de pénibles journées à son procès lui qui est jugé depuis plus d’une semaine pour le meurtre de George Floyd. Plusieurs de ses anciens collègues ont défilé à la barre des témoins pour remettre en cause l’usage excessif de la force qui a entraîné la mort de l’Afro-Américain George Floyd en mai dernier.  

Jody Stiger, un sergent du département de police de Los Angeles servant de témoin à charge, a déclaré que sur la base de son examen des preuves vidéo, Chauvin s’était agenouillé sur le cou ou le cou de Floyd depuis le moment où les agents ont mis Floyd au sol jusqu’à l’arrivée des ambulanciers paramédicaux en portant la plus grande partie de son poids, pendant les 9 minutes et demie où l’homme noir était couché face contre terre, les mains menottées derrière le dos.

« Cette force particulière n’a pas changé pendant toute la période de contention ? » a demandé le procureur Steve Schleicher alors qu’il montrait au jury une image composite de cinq photos prises à partir des différentes vidéos de l’arrestation. « C’est exact », a répondu Stiger, qui a déclaré mardi que la force utilisée contre Floyd était excessive. L’avocat de Chauvin, Eric Nelson, a cherché à souligner des moments dans la séquence vidéo où, a-t-il déclaré, le genou de Chauvin ne semblait pas être sur le cou de Floyd mais sur la zone de son omoplate ou la base de son cou. Stiger a affirmé que le genou de l’officier sur certaines des photos contestées semblait toujours être près du cou de Floyd. Nelson a saisi l’angle de la drogue en contre-interrogeant Stiger, jouant un extrait de la vidéo de la caméra corporelle de l’agent J. Kueng de l’époque et demandant si Stiger pouvait entendre Floyd dire: « J’ai mangé trop de drogue ». Stiger a déclaré qu’il ne pouvait pas distinguer ces mots.

Interrogé par les procureurs sur la question de savoir si Chauvin avait l’obligation de prendre en compte la détresse de Floyd alors qu’il envisageait la force à utiliser, Stiger a répondu, « Absolument. Au fur et à mesure que le temps passait, clairement dans la vidéo, vous pouviez voir que la … santé de M. Floyd se détériorait. Son souffle diminuait. Son ton de voix diminuait. Ses mouvements commençaient à cesser ». Et de poursuivre, « Donc à ce moment-là, en tant qu’officier sur place », a poursuivi Stiger, « vous avez la responsabilité de réaliser que, quelque chose ne va pas. Vous avez donc la responsabilité de prendre un certain type d’action ».

Le lieutenant du service de police de Minneapolis, Johnny Mercil, instructeur en technique d’arrestation, a indiqué que Chauvin avait eu recours à une « pratique et à un style non autorisés » en appliquant son genou sur le cou de George Floyd pendant plus de neuf minutes pour le maîtriser. Il a souligné que la pression devait plutôt être exercée « sur l’épaule ou le dos », selon les normes enseignées aux policiers de la ville. Les policiers sont « formés pour utiliser le plus bas niveau de force possible afin d’atteindre leur objectif, a-t-il dit. Nous leur demandons de se tenir loin du cou autant que possible ».

Plus tôt mardi, le sergent Ker Yang a confirmé au tribunal que Derek Chauvin avait bel et bien reçu en 2016 et 2018 plus de 40 heures de formation pour apprendre à désamorcer les situations tendues avec des personnes en crise et à maîtriser sa force. Dans les événements à « évolution rapide » -l’arrestation de Floyd peut ainsi être qualifiée-, « nous avons souvent le temps de calmer les choses » et de « réévaluer les décisions prises », a-t-il dit, joignant sa voix à une série de témoignages qui, depuis le début de la semaine, attaquent de front une des lignes de défense de l’ex-policier.

Le témoignage mardi après-midi de Nicole Mackenzie, qui coordonne le service médical de la police de Minneapolis et forme les policiers en techniques de premiers soins, a poursuivi la séquence accablante pour Derek Chauvin. La jeune femme a mentionné que les policiers étaient formés pour venir en aide à un suspect en situation de détresse avant l’arrivée des services ambulanciers. Une aide que George Floyd n’a pas reçue de la part des policiers, même si, à 27 reprises, il a indiqué ne plus pouvoir respirer.

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