Covid-19 : Craintes accrues d’une « percée épidémique » durant le Ramadan

07 Avr 2021 à 14:36 Société
Covid-19 : Craintes accrues d’une « percée épidémique » durant le Ramadan

Le gouvernement a annoncé, ce mercredi, la décision d’instaurer un couvre-feu nocturne de 20H00 à 06H00 durant le mois de Ramadan, et ce sur la base des recommandations du Comité national scientifique, qui a tenu une longue réunion sur la question.

Selon un membre du comité ayant pris part à la réunion, la situation « est de plus inquiétante après les flambées enregistrées ces derniers jours, notamment les 24H écoulées, avec un total de 696 cas enregistrés mardi, dont 528 dans la seule région de Casablanca-Settat, outre la propagation des nouveaux variants ».

« Il est clair, au vu de ce qui se passe dans la rue, que les citoyens ont lâché prise et laissé tomber les mesures préventives relatives notamment aux rassemblements, au port des masques de protection, ce qui pourrait donner lei à une nouvelle flambée », a-t-il mis en garde.

Et de souligner que ce relâchement, ajouté à la propagation des nouveaux variants, pourrait engendrer une situation hors de contrôle dans les jours à venir, et partant à un durcissement des restrictions pour longtemps encore ».

Le membre du comité scientifique a, en outre, tenu à préciser que la veille et les mesures qui en découlent « ne concernent pas uniquement le mois sacré, mais de manière globale, la situation épidémiologique dans le pays, sur la base de données scientifiques concrètes ».

A noter que le comité scientifique communique ses analyses, conclusions et recommandations au ministère de la Santé, qui à son tour, décide des mesures à prendre pour contenir la situation, y compris durant le mois de Ramadan.

Pour rappel, il y a quelques jours, Pr. Azzedine Ibrahimi, directeur du laboratoire de biotechnologie de la Faculté de médecine et de pharmacie de Rabat, et membre du Comité Scientifique Covid-19, avait mis en garde contre que la « situation est semi-stable, épidémiologiquement et inquiétante génétiquement », notant que le Maroc reste en retard de près d’un mois par rapport à l’Europe en termes d’épidémiologie et de génomique.

Dans une longue publication sur sa page Facebook, Pr. Ibrahimi, a appelé à beaucoup de prudence pour faire face au Covid-19, « d’autant plus que notre processus de vaccination n’est pas encore terminé, et est toujours à la merci du marché international des vaccins ».

« Ce qui m’inquiète, c’est de sortir de la crise du Covid-19 avec l’été, et plus particulièrement avec l’Aïd al-Adha, si Dieu le veut, avec le moins de pertes humaines, sociales et économiques », a-t-il, avant d’ajouter « si nous devons prendre les risques, il vaut mieux le faire avec l’avènement de l’été. Parce que le bénéfice économique, social et sanitaire est plus important pour prendre des risques maintenant ».

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